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samedi 3 novembre 2018

Olivier Adam : Personne ne bouge



Personne ne bouge d’Olivier Adam est un adorable petit livre pour la jeunesse. Ce roman destiné aux jeunes enfants (ma petite-fille de 8 ans est en train de le lire), est bien ancré dans la société et le réel : le narrateur est Antoine, douze ans. Il vit avec sa mère, professeur, son père, chauffeur de taxi, et il  ne nous laisse rien ignorer des difficultés, des disputes du couple, surtout à son sujet ! Le jeune garçon n’aime pas le travail scolaire mais dès qu’il s’agit de surf, de la mer, il s’enthousiasme et sait tout sur son environnement, familier de l’estran, des végétaux et des bêtes qui y vivent.
C’est un enfant qui n’a pas d’ami si ce n’est son voisin qui fait semblant de ne pas le connaître au collège mais joue avec lui à la maison. On sent que le petit garçon est solitaire, un peu à part.  Trop rêveur ? Mais Antoine a un secret, il est amoureux de Léa, la grande soeur de son copain, trois ans de plus que lui, jeune musicienne studieuse et mature qui ne les appelle pas autrement, son frère et lui, que « les nains ». Le dédain le plus complet!
Et dans ce monde bien réel, intervient le fantastique. Un jour, le temps s’arrête pour tous sauf pour Antoine qui contemple avec stupéfaction les gens figés dans leur dernier geste, les machines, appareils ménagers, ordinateurs, automobiles arrêtés, les oiseaux stoppés en plein vol et les vagues de l’océan suspendues en l’air… Antoine oscille entre crainte et émerveillement. Et cet arrêt du temps n’est pas unique. Voilà qu’il se reproduit deux fois, trois fois…  Et un jour arrivera où ce sera la plus belle fois.  Mais chut, je m’arrête là ! 

Certes, l'enfant se pose beaucoup de questions sur le temps. Si nous n’avons aucune réponse pour expliquer ce phénomène surnaturel (et pour cause !), un autre questionnement apparaît : celui du bien et du mal. Antoine prend conscience que tout lui est permis pendant ce laps de temps où il est entièrement seul et il commet quelques actes .. hum ! Mais comme c’est un enfant gentil, cela n’ira pas au-delà de sottises de son âge.
Un petit roman bien écrit, dans un langue simple, poétique avec un personnage qui n’a rien d’un héros, qui n’est pas parfait mais est au demeurant, sympathique…  et donc bien proche des jeunes lecteurs qui le découvrent dans ce récit.

lundi 22 octobre 2018

Moka : Jusqu'au bout de la peur


Moka  a déjà été, avec sa soeur Marie-Aude Murail, une des auteures préférées de ma fille et avec ce roman Jusqu’au bout de la peur paru en 2004 mais republié à L’école des loisirs pour la rentée littéraire 2018, la rencontre avec une autre génération va être assurée.
Je l’ai choisi non seulement pour l'auteure mais aussi pour son titre car j’espère inciter à la lecture de livres pour « grands »,  Léonie, ma petite fille de 8 ans, qui adore se faire peur. 
Après lecture, le roman, me semble-t-il, est encore un peu trop difficile, un peu long pour elle (217 pages),  c’est pourquoi je le présente dès maintenant quitte à y revenir si elle parvient à le lire. En fait, il est destiné aux adolescents de 12-14 ans mais je pense que de bons lecteurs plus jeunes peuvent le lire à condition d’avoir le coeur bien accroché ! Courage Moussaillons !

Quentin, le grand frère, réfléchi et raisonnable, et Garance, la petite soeur intrépide, sont en vacances chez leur père divorcé. Ce dernier est parti faire les courses mais il tarde tellement que les enfants partent à leur recherche sous la pluie, dans l’obscurité. En vain. Cependant quand ils reviennent à leur maison, ils aperçoivent un mystérieux individu qui s’est introduit chez eux et fouille le bureau de leur père. Les enfants s’enfuient en bicyclette poursuivis par l’inconnu. Quand ils aperçoivent le vélo de leur père sur le bas côté, celui-ci ayant manifestement disparu, ils ne doutent pas que leur poursuivant l’ait tué.  La course les mènera jusqu’à une barque qu’ils empruntent, voguant dans le marais poitevin inondé par les pluies torrentielles, l’assassin toujours à leur trousse sous les orages et les éclairs.

La première partie est très bien  menée, c’est une course-poursuite haletante où comme les enfants, le lecteur n’a pas trop le temps de réfléchir et pense seulement à sauver sa peau. Tout en s’attachant aux personnages et en admirant leur courage et leur  débrouillardise, l’on partage leur crainte, leur doute et leur peur.

Le marais Poitevin
La seconde partie en barque prend un autre rythme, forcément plus lent, celui de la barque qui avance, dévoilant, dans la nuit, à la lueur des éclairs, un paysage fantasmagorique envahi par l’eau de toutes parts, dont le silence est seulement interrompu par les bruits des oiseaux dans les arbres et le clapotis voire le grondement de l’eau près de l’écluse. J’ai pensé en lisant cette histoire, la fuite des ces enfants dans une barque, poursuivis par un tueur,  leur rencontre avec une vieille dame protectrice, que Moka s’était inspirée du très beau film de Laugthon, La nuit du chasseur.
Dans cette partie, Moka nous introduit dans ce paysage des marais poitevins si particuliers, nous initie au vocabulaire spécialisé des maraîchers qui y vivent.  Toutes ces descriptions qui créent une ambiance étrange ne gênent par le suspense mais au contraire le rendent de plus en plus inquiétant. On imagine cette barque (la plate) perdue dans cette vaste étendue liquide, l'inondation gagnant aussi bien le marais mouillé que le marais sec, et les dangers que courent les enfants aux prises avec la nature hostile et avec un homme qui ne l’est pas moins. Heureusement la présence d’un petit chat sauvé des eaux vient un peu adoucir l’atmosphère ! Et puis, comme il se doit, le dénouement est heureux. Ouf!
Un bon thriller pour enfants donc, avec, de plus, la description d’une région très particulière qu’il est intéressant de découvrir.



Merci à Dialogues croisés et  L'école des Loisirs

dimanche 7 janvier 2018

Jean Leroy et Matthieu Maudet : Les trois petits casse-pieds




Les trois petits casse-pieds de Jean Leroy et Matthieu Maudet, ce sont trois petit chats qui veulent absolument regarder de dessins animés à la télévision. Pour les en détourner leur grand-père leur propose de leur raconter une histoire. Mais pour les intéresser, il faudra qu'il se mette au goût du jour. Non, pas de petit chaperon rouge, pas de  petits cochons ! Mais une histoire dans l'espace dont ils seront les héros, quitte à corriger le papy quand il ne va pas dans leur sens.
Oui, mais quand l'histoire sera finie, vont-ils retourner à la télévision ? Vous le verrez mais sachez que le grand père a plus d'un tour dans son sac !
L'histoire s'adresse à des enfants de cinq ans. Ce livre n'est pas un coup de coeur pour moi mais  les illustrations sont plaisantes et l'histoire sympathique. Son mérite est de montrer combien l'imagination a changé, le loup devient un monstre,  les armes sont des sabres laser…
L'imagination a changé ? oui, et pourtant pas tant que ça car la structure du récit est toujours celle traditionnelle du conte. 

Merci aux Editions L'école des Loisirs et à Dialogues croisés






Ici
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vendredi 3 novembre 2017

Anaïs Vaugelade : Le déjeuner de la petite ogresse



Logo d'Appoline
Avec les vacances, voici le retour d'Apolline et de ses fiches de lecture. Apolline a 7 ans et demi et est en CE1. Elle sait maintenant bien lire. Mais renoncer aux moments de complicité de la lecture du soir, dans le lit douillet, avec sa maman ? Jamais ! Alors les livres qu'elle vous présente, parfois c'est maman qui les lit, parfois ils sont découverts à deux voix et puis elle les relit tout seule.



Titre du livre :

Le déjeuner de la petite ogresse
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Auteur du livre :

Anaïs Vaugelade

Illustrateur :

 Anaïs Vaugelade
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Edition : L’école des loisirs

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Résumé par Apolline

C’est une petite ogresse qui veut chasser des enfants pour les manger. Elle attire un petit garçon avec un gâteau dans la cage. Mais le petit garçon n’a pas peur et après ils deviennent amis étant petits et plus grands ils deviennent amoureux et ont 12 enfants.



La phrase que j’ai préférée : « Dépêchons-nous, les petits, il est bientôt temps d’aller goûter » parce que la maman ogresse  dit à ses douze enfants mi-ogres-mi humains d’aller manger et on ne sait pas ce qu’ils vont manger, ils vont peut-être manger des enfants ?




J’ai trouvé l’histoire :  Intéressante, inventive, imaginaire

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Mon passage préféré est  : 

Quand les deux enfants, la petite ogresse et le petit garçon font de la vinaigrette et fabriquent des échelles, parce que c’est drôle et qu’ils en mettent partout et ça me rappelle maman quand elle remue la pâte du gâteau.

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J’ai aimé l’histoire : Passionnément

J’ai aimé l’illustration : beaucoup




Ce que j’ai aimé dans l’histoire

 Le déjeuner de la petite ogresse m’a beaucoup plu parce c’est très drôle, parce que le petit garçon est très courageux et que la petite ogresse ne fait pas de chichis, parce qu’au début elle paraît un peu méchante quand elle attrape des enfants mais en réalité elle n’est pas méchante. C’est une histoire d’amitié et d’amour et ça finit comme un conte de fée.
La petite ogresse ressemble à un vampire parce qu’elle a des dents très pointues. Les enfants de l’ogresse et du garçon ressemblent soit à leur papa soit à leur maman.

Les enfants,  je vous le conseille !!!!!!!


Avis de la grand-mère :

Le déjeuner de la petite ogresse conte une belle histoire d'amour, joliment illustrée par l'auteure, Anaïs Vaugelade. Le ton est plein de fantaisie et d'humour et Apolline a beaucoup aimé ce petit garçon enfermé dans sa cage (Hansel et Gretel) qui en sort pour faire le ménage et construire des échelles (un don particulier ! ). Ce détournement du conte est très amusant. Il amène aussi à une belle réflexion, c'est que l'amour est assez fort pour changer le mal en bien. La petite ogresse devenue une jeune femme aimée promet de ne plus manger d'enfants.

OUI ! Mais qu'en est-il de sa progéniture ? Soyez attentifs à l'image et vous aurez une réponse sur les lois de l'hérédité !

Le conte s'adresse aux enfants dès l'âge de 4/5 ans. C'est une belle lecture pour les lecteurs débutants de 6/7 ans. Apolline a trouvé la lecture facile et elle s'est bien amusée.


samedi 11 juin 2011

George Sand : L'Orgue des Titans


L'orgue du Titan, récit fantastique, donne son titre au recueil de contes de George Sand paru à l'école des Loisirs/ classiques. Tous sont issus de deux ensembles : Les contes d'un grand-mère et Les légendes rustiques.

Certains de ces récits témoignent du désir de l'écrivain de conserver les croyances populaires des paysans du Berry. Elle fait véritablement oeuvre d'ethnologue en explorant l'imaginaire collectif, en collectant, avec l'aide de son fils Maurice, les anecdotes qui sont colportées par voie orale, en comparant les manifestations du surnaturel avec celles d'autres provinces françaises en particulier de la Normandie. Ce faisant elle s'efforce de préserver le patrimoine culturel du Berry en fixant la mémoire des coutumes, des mentalités et des mots spécifiques du terroir. Sa démarche me rappelle un peu celle de Frédéric Mistral pour la Provence, très conscient lui aussi des richesses de son pays et désireux de conserver cette mémoire collective, précieuse, uniformisée sinon sacrifiée par le centralisme français. Ce recueil  témoigne de l'intérêt du romantisme pour le folklore et les traditions et aussi pour le fantastique.
C'est ainsi que nous nous aventurons dans le pays berrichon, affrontant les Flambettes ou Flamboires ou feux fous, ces météores bleuâtres que tout le monde a rencontrés la nuit.(Tiens! tiens! souvenir de mon enfance, je découvre les feux follets avec La petite Fadette!). Parfois, ce sont les Demoiselles du Berry qui nous tourmentent, cousines des Milloraines de Normandie, êtres d'un taille gigantesque. Nous rencontrons encore au détour d'un sentier, au fond d'un bois ou près d'un marais, les meneux de loups, vestige de la légende des lycanthropes ou loups garous ou encore le  Moine fou, Moine libertin ou Moine bourru qui donne de si mauvais conseils aux jeunes fiancés.
Ces contes-là ne font pas peur et ils sont même pour certains assez amusants car les esprits ne sont pas toujours les plus fins et les hommes leur jouent parfois de bons tours!
D'autres histoires présentent une tonalité différente et exploitent un fantastique étroitement lié à la nature toujours présente. Dans L'orgue du Titan, par exemple, la montagne douée de vie est la cause d'hallucinations visuelles et auditives. Le Géant Yeous, dernier récit du recueil en fait partie et tranche sur les autres contes par sa longeur. Il  pourrait même passer pour un court roman. C'est celui qui m'a le plus intéressée.
Yéous est une grande roche dressée qui vue de loin avait un peu l'air d'une statue énorme. Impressionnant par sa taille, il domine la maison de Miquelon, paysan qui vit et travaille à ses pieds et le considère comme un Dieu païen qu'il méprise. Le géant se venge en s'abattant sur la maison et en estropiant Miquelon. Celui est obligé de mendier sur les routes avec sa famille. A sa mort, Miquel, son fils, décide de reconquérir la terre de son père et n'aura de cesse de débarrasser la propriété des rocs qui la parsèment.
Le roman présente un curieux mélange entre réalisme et fantastique. Miquel qui ne veut pas s'avouer vaincu doit charrier des tonnes de pierres qui sont les restes du Géant effrondré, un travail physique démesuré. Mais la nuit, il voit les pierres s'animer et le corps du géant renaître. Le combat qu'il mène prend alors une autre dimension. C'est à la Nature elle-même qu'il se mesure, celle-ci apparaissant comme un Dieu tout puissant. Et le fait que, dans cette lutte, ce soit Miquel qui l'emporte par son intelligence, sa force et sa patience, en dit beaucoup, à mon avis, sur les idées de George Sand et sa foi en la grandeur de l'Homme.



Challenge George Sand sur une idée de George


lundi 21 mars 2011

Pascal Teulade et Jean-Charles Sarrazin : Le plus beau de tous les cadeaux du monde


Quand on est tout petit et que l'on veut faire un cadeau d'anniversaire à sa maman, c'est bien difficile!  Pierrot va s'en rendre compte par lui-même. S'il veut emballer le chat, par exemple, pour faire un joli paquet, celui-ci ne coopère pas! Mais pas du tout! Et comment donner un de ses jouets alors que c'est maman elle-même qui les a offerts?Alors Pierrot a une idée, une très bonne idée qui fera plaisir à sa maman.  A votre tour de réfléchir et de trouver : quel est le plus beau cadeau qu'un petit garçon (ou une petite fille) puisse faire à sa maman?
Cet album est charmant. Il dit aux tout-petits que l'amour qu'il porte à leur mère est ce qu'il y a de plus important au monde. Les illustrations sont très douces et montrent l'univers d'une chambre d'enfant avec sa joyeuse pagaille, les jouets et le petit chat, compagnon de jeu, tendrement aimé. Je connais une certaine petite fille qui a bien ri en voyant le chat hérissé et toutes griffes dehors quand Pierrot veut l'enfermer ou en reconnaissant une chambre semblable à la sienne. Bonne occasion de reconnaître et de nommer tous les jouets qui traînent dans cette pièce! Bonne occasion aussi de finir la lecture dans les bras de maman avec de gros bisous.
La lecture en direction des enfants à partir de deux ans permettra donc un échange entre les parents et leurs bouts de chou et le livre, avec son texte court et clair, pourra être lu, seul, par un petit lecteur dès six ans.

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Merci à Dialogues croisés et aux Editions L'école des Loisirs

samedi 15 janvier 2011

Irène Schwartz et Frédéric Stehr : Soupir apprend à siffler


Soupir apprend à siffler de Irène Schwartz et  Frédéric Stehr aux éditions L'école des Loisirs fait partie d'une série d'albums qui raconte les apprentissages de Soupir, petite marmotte qui a tout à apprendre de la vie et de sa soeur Mariette : La fessée de Mariette et de Soupir, Mariette et Soupir ont perdu maman, Mariette et Soupir cherchent une maison...

Dans cet album Soupir va être initié aux différentes manières de siffler  par sa grande soeur Mariette. Mais n'allez pas croire que c'est une occupation futile. Bien au contraire! Car de ces sifflements dépend la survie de famille marmotte. Ainsi Mariette apprend à Soupir comment siffler en cas d'avalanche,  comment signaler le vol de l'aigle, l'approche de l'hermine ou du renard, tous les dangers qui guettent la gent animale dans la haute montagne où ils vivent. Mais Soupir n'est pas très doué et la journée se passe en sifflements signalant les pires catastrophes. Pas étonnant si les amis conviés au goûter ne sont pas au rendez-vous! Heureusement  la leçon aura porté ses fruits et Soupir pourra sauver sa famille en sifflant le vol de l'aigle.

L'histoire est charmante, les dessins aussi, très doux, avec des couleurs pastel et des détails précis sur les paysages et les différents animaux. L'enfant pourra s'identifier aux deux petites marmottes qui sont bien mignonnes. Pourtant, le récit manque un peu d'originalité et de surprise.
dailogues-croises-capture-d_ecran-2010-05-27-a-10-14-261.1295108886.png  Merci à Dialogues croisés et aux éditions : L'école des Loisirs.