Mon petit-fils a cinq ans. La première fois que sa maman lui a lu le livre, Charles à l’école des dragons, elle a dû le faire quatre fois d’affilé sans s'arrêter, le tout ponctué d'éclats de rire. Quand je le lui ai lu, l’album avait toujours autant de succès.
Charles le petit dragon n’est pas comme les autres. Il a des ailes bien trop grandes et les pieds de même. De plus, au lieu d’apprendre à l’école à cracher du feu et à voler, il écrit des poème et quand il déclame devant ses parents, l'alliance de l'image et des vers provoquent le rire.
Le monde est si moche, cher papa, chère maman
Regardez l’horizon et dites-moi si je mens.
Ignobles cieux, horribles monts, vilaines vallées
tant de misère et de laideur, c’est dur à avaler (rire)
A l'école, tous ses petits copains se moquent de lui et le repoussent, surtout quand, avec ses grands pieds qui le précèdent, il les piétinent sans le vouloir. (rire) Seule une mouche attirée par les dits pieds lui sert de compagne. ( l'odeur de ses pieds ? rire)
Aussi pendant que les camarades d’école « noircissent » leurs cahiers consciencieusement en crachant du feu dessus, Charles « noircit « le sien en écrivant des vers (rire) et quand c’est le printemps, voilà ce qu’écrit notre poète en éternuant très fort (rire) :
Les fleurs sentent mauvais, le soleil tape à l’oeil
ce bonheur ridicule a une odeur de deuil
Les gazouillis d’oiseaux me donnent la nausée
et les couleurs vulgaires… comment peut-on oser ? ( rire)
Et l'hiver ? Tous les autres savent voler maintenant. Lui, non !
Rire car ce petit dragon et ses vers de mirliton, qui ne voit que la laideur et la tristesse, ses grands pieds odorants et dévastateurs, son oeil broussailleux, il fallait l’oser. Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin l'ont fait !
Vous allez me dire que l’histoire pourrait être triste : un petit dragon rejeté de tous ses copains et qui échoue dans son apprentissage, qui voit la vie en noir et qui, lorsqu'il la voit en couleurs, est encore plus triste ! Il faut croire que mon petit-fils est sensible à l'absurde : des fleurs qui sentent mauvais, des couleurs vulgaires, des gazouillis qui donnent la nausée ... ! Pas une once de tristesse ! Il rit !
Il faut dire que ce qui console c'est que les parents du petit dragon ne cessent de lui répéter qu'il " est le plus beau dragonneau du monde" ! Ensuite sa maîtresse n’a pas l’air de lui en vouloir et puis l’on sait bien qu’il va finir par voler et s’intégrer ! Il lui faut juste un peu d'aide ! Car on a souvent besoin d’un plus petit que soi ! Une histoire tirée de l'univers quotidien des tout-petits, l'école, mais avec une bonne dose de dérision et d'humour. De belles illustrations!





Je sens que, petit ou grand, on passe un bon moment de lecture avec cet album !
RépondreSupprimerOui, c'est vrai surtout quand l'enfant est à fond dans l'histoire !
SupprimerCe livre m'a tenté car j'ai un petit-fils de cinq ans très amateur de rires. Ce dragon en réalité est l'incarnation d'un petit garçon de cet âge.
RépondreSupprimer(Je l'ai commandé hier chez mon libraire)
Bien sûr ! Je lui ai demandé s'il ne trouvait pas triste qu'il soit rejeté par les copains de l'école, il m'a répondu que non parce que ses parents disent que c'est lui le plus beau !
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