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vendredi 22 juillet 2011

Festival OFF d'Avignon : Plaisanteries de Tchékov par la compagnie La Crème

La compagnie La crème donne dans la chapelle de Notre-Dame à Avignon un spectacle de Tchekov :  Plaisanteries composé de trois petites pièces du dramaturge russe :  les méfaits du tabac, Tragédien malgré lui et l'Ours. Ces oeuvres n'appartiennent pas au grand répertoire de Tchekhov. Ce sont des comédies  courtes et légères du moins en apparence.

Dans Les méfaits du tabac, un professeur vient, sur l'ordre de sa femme, faire une conférence sur les méfaits du tabac pour une association charitable. De digression digression,  l'homme se laisse aller à des confidences et l'on s'aperçoit bientôt qu'il est bafoué par son épouse, traité comme un domestique, soumis et sans défense. Face à sa vie gâchée, il a des rêves d'évasion qui ne se réaliseront jamais! Pas si légère, finalement cette courte pièce!
Hélas! je n'ai pas été convaincue par l'interprétation qui ne fait pas passer le tragique de l'échec du personnage.

Avec Tragédien malgré lui nous retrouvons sensiblement le même thème. Un homme expose à son ami la manière dont sa femme  et toute sa famille l'exploitent, le ridiculisent. Le monologue -car l'ami reste quasi muet-  ne s'achève qu'à la chute finale qui provoque le rire malgré sa cruauté. Là encore pas assez de nuances dans cette  mise en scène et cette interprétation qui manquent de subtilité. Elle ne rend pas vraiment compte du comique et ne souligne par le tragique sous-jacent.

Enfin l'Ours qui est la plus développée de ces petites scènes raconte l'histoire d'un propriétaire terrien, sorte d'ours mal léché, misogyne et  coléreux, qui vient rendre visite à une veuve éplorée pour lui réclamer l'argent dû par son mari défunt. Et ce qui doit arriver arrive, ces deux êtres de caractère  après s'être copieusement insultés,  tombent dans les bras l'un de l'autre!

J'ai aimé  cet Ours servi par deux bons comédiens qui savent rendre le caractère inflammable des protagonistes et maintenir un crescendo trépidant dans les scènes  de dispute.  Le comique vient des contradictions des personnages, de leurs  revirements, des brusques emportements qui vont jusqu'à la démesure voire l'absurde, ce  que les deux comédiens ont su rendre avec une belle énergie et vitalité. Il est dommage, cependant, que l'exiguïté de la scène ne leur permette pas de s'exprimer sans contrainte.  C'est le meilleur moment du spectacle!

 Avis de Wens

Trois textes courts de Tchekhov sont regroupés pour constituer une bonne heure de spectacle. Dans un espace digne d'un aquarium de salon, où la mise en scène est réduite à sa plus simple expression et l'éclairage inexistant, tout repose sur la qualité de l'interprétation. Dans "les méfaits du tabac" un vieux conférencier s'adresse à nous pour faire le bilan tragique de sa pitoyable existence. L'acteur s'efforce de dire le mieux possible un texte, avec des attitudes étudiées, des respirations… travail sur le corps et sur la voix, certes, mais sans aucune émotion, on ne partage jamais la souffrance du conférencier palpable dans le texte. On souhaite ardemment que la conférence cesse, on voudrait  allumer une clope même si on n'est  pas fumeur. Aucune empathie. Ennui. Le "Tragédien malgré lui" hurle son désespoir  d'être une marionnette manipulée par son épouse dans des aigus toniques. Vos oreilles réclament une boule quies. Vous comprenez l'épouse. Aucune émotion. Ennui. Heureusement "l'Ours" apparaît en face d'une veuve tout de noir vêtue, recluse dans son domaine, vous en arrivez à oublier l'inconfort de la salle, vos jambes repliées sur votre menton, les reins brisés et vous commencez à sourire, à rire même. Magie des acteurs. Un très inégal spectacle.




Plaisanteries De Tchekhov 
Théâtre Notre-Dame
du 8 au 31 Juillet à 19H15
Durée 1h15

5 commentaires:

  1. Heureusement que l'Ours était là pour sauver la soirée. Un ours pas si mal léché en somme.
    Merci pour ce billet qui m'a donné en vie de lire les Plaisanteries de Tchékov et bon week-end.

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  2. @ Tilia : oui, tu as raison, vive l'ours! bon week end à toi aussi!

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  3. Monsieur ou madame Wens

    Bonjour et merci d'être venu voir le spectacle "Plaisanteries".

    Internet rendant possible à tout un chacun d'émettre son avis, je me permets de compléter votre article quelque peu orienté.

    Pour commencer, vous faites allusion à l'exiguïté de la salle.
    Je tiens à vous dire que le collectif de La Crème est une association nouvellement créée et que ce spectacle est le premier à son actif. Nous n'avons donc pas les ressources suffisantes pour louer une salle de plus grande envergure et nous remercions le théâtre Notre-Dame de permettre aux jeunes compagnies de pouvoir participer au Festival d'Avignon et montrer ainsi leurs travaux.
    Pour information la salle est équipée d'un climatiseur, vous n'avez donc pas souffert de la chaleur.

    La mise en scène "réduite à sa plus simple expression" et les lumières "inexistantes".
    Pour ce qui est de éclairage, il est vrai que je n'ai pas cherché à jouer avec - les théâtres en sont différemment pourvus - les lumières n'étant là que pour éclairer le jeu.
    Pour la mise en scène, je revendique "sa plus simple expression" mais n'est en aucun cas "réduite". Pour preuve les costumes, décors et accessoires.
    Si vous aviez jugé le spectacle dans son ensemble, vous vous seriez aperçu qu'une ouverture de l'espace scénique se faisait progressivement, créant ainsi un espace différent pour chacune des pièces.

    Dans la majeure partie de votre article, vous fustigez le jeu des 2 comédiens interprétant Nioukhine et Tolkatchev. J'assume entièrement ma direction d'acteur pour "Les méfaits du tabac" et "Tragédien malgré lui", et je reconnais que nous pouvons gagner en efficacité et ce, grâce à l’avis de Claudialucia.
    Sa critique m’est apparue davantage constructive tout en restant respectueuse et, surtout, sans les petites phrases lapidaires qui se veulent être des effets de style. Juste un jugement objectif et l’expression d’une déception, compréhensive mais sans concession…
    Néanmoins, je suis heureux que la « magie des acteurs » est opéré en vous pour toute l’autre moitié de la représentation et cela nous encourage, les comédiens et moi-même, à persévérer dans le perfectionnement de notre spectacle.

    J’estime que la critique est un art et je reste persuadé que l’expérience saura vous apporter la modération inhérente à toute analyse permettant ainsi de faire avancer les différentes créations que vous serez amenées à voir et ce, de manière positive.

    Sincères salutations

    Vincent PATOUILLET, metteur en scène du spectacle Plaisanteries

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  4. Bonjour Claudialucia
    Je n'avais pas vu que tu étais allée aussi au festival d'Avignon. Nous n'avons pas vu les mêmes pièces, ce qui n'a rien que de très normal vu le nombre. J'en ai fait quelques billets aussi, rubrique théâtre.

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  5. A Kathel : alors je vais aller voir ce que tu as vu! Difficile, en effet étant donné le nombre piècesqui sont jouées d'assister aux mêmes spectacles!

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