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dimanche 2 décembre 2012

Un livre, un film : José Giovanni, Classes tous risques






Résultat de l'énigme n°50

Bravo à : Aifelle, Asphodèle, Dasola, Eeguab, Keisha,  Nanou, Pierrot Bâton


Le roman : Classe tout risques de José Giovanni

le film : Classe tout risques  de Claude Sautet





Quand on lit un roman de José Giovanni, il n'est pas inutile de savoir qui il est! Cela de permet de comprendre combien il connaît, et pour cause, le milieu dont il parle, celui de la pègre (à l'ancienne puisqu'il paraît qu'il n'en est plus de même de nos jours!) avec ses codes d'honneur, sommaires peut-être, mais qui existaient bel et bien.
Joseph Giovanni, pseudonyme de Joseph Damiani, est né en Corse en 1923 et est mort en Suisse en  2004.  Il a fréquenté le "Milieu" de Pigalle et a été condamné à mort pour sa collaboration avec la Gestapo française pendant la dernière guerre. Gracié par Vincent Auriol, il  fait onze ans de prison et devient écrivain en utilisant ses expériences et sa connaissance du grand bandistime.
Son oeuvre est adaptée au cinéma (Jean Becker, Claude Sautet, Jean-Pierre Melville, Alain Corneau ) et il commence alors une carrière de dialoguiste, de scénariste et de réalisateur. Il a réalisé lui-même un remake, La Scoumoune, de son roman L'excommunié adapté une première fois par Becker.
Les personnages de Classe tout risques comme Raymond Nadli et Abel Davos sont inspirés du réel. Abel Davos est le nom à peine transformé d'un de ses amis : Abel Danos, gangster connu pour sa participation à la Gestapo française de la rue Lauriston.

José Giovanni a écrit vingt romans, deux livres de souvenirs dont Mes Grandes Gueules, trente-trois scénarios et a réalisé quinze films et cinq téléfilms.
Quelques titres : Le trou, Classe tout risques, L'excommunié, Le deuxième souffle...

Classes tous risques : Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo

Abel Davos et Raymond Nadli, après avoir laissé derrière eux de nombreux cadavres en Italie, passe la frontière franco-italienne en bateau. Quand ils débarquent à Menton, ils sont accueillis par la police. Raymond Nadli et Thérèse, la femme d'Abel Davos, sont tués. Le bandit se réfugie à Nice avec ses deux fils. Il appelle ses amis de la pègre à Paris pour qu'ils viennent le chercher. Mais si Jeannot, petit malfrat sans appui, est resté fidèle, Raoul et Riton ont "réussi" et veulent se ranger. Ils ne veulent donc pas prendre de risques pour aller le chercher,  ni lui refuser leur aide de peur de sa vengeance. Ils envoient donc un inconnu, Erik Stark, qu'ils financent, avec une ambulance pour rapatrier Abel Davos. Lorsque celui-ci arrive à Paris, il doit vivre caché, sans ressources, essayant de mettre à l'abri ses enfants, et son désir de vengeance grandit.

Le roman est le récit d'une cavale condamnée d'avance. C'est le chant du cygne de cet homme qui après voir participé au grand banditisme est fini, abandonné même de ceux qui lui doivent la vie et la fortune. Jose Giovanni décrit la pègre avec ses amitiés indéfectibles qui résistent au temps mais aussi ses trahisons, ses règlements de compte, ses actes de "justice" expéditifs, ses désirs de vengeance, son code de l'honneur primitif.. Il nous peint des hommes qui tuent de sang froid et sans état d'âme.

Ce qui explique que j'ai eu un peu de mal au début pour me glisser dans cette ambiance, pour m'intéresser à ces personnages de tueurs dangereux mais aussi de miteux, primaires et de surcroît machos! Enfin, le récit des amitiés viriles, très peu pour moi, c'est le genre de cliché qui m'irrite au plus au point!
Seulement, voilà! Abel Davos ressemble tellement à Ventura et Stark à Belmondo que ces charismatiques acteurs m'ont imposé leur image dès le début de ma lecture. Peu à peu les personnages deviennent plus complexes. On s'intéresse à Stark et à son amour pour Liliane car on sait qu'il peut encore s'en sortir. L'amour de Davos pour ses enfants, son renoncement, à la fin, quand il tue involontairement la femme de Raoul qu'il sait innocente le rendent plus humain. Et puis, car évidemment ce n'est pas suffisant, il y a l'écriture de José Giovanni qui s'impose et qui vous prend, directe, sobre, brute, avec un art des dialogues, un effet de vécu. Et finalement j'ai apprécié la lecture de roman parce son écriture est forte.

3 commentaires:

  1. bon dimanche claudialucia , j'ai essayé mais je n'ai jamais rien lu de lui et n'ai pas vu le film non plus... grosses lacunes dans cette période!

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  2. C'est quand même terrible toutes ces pratiques "mafiaseuses"... et surtout ces actes expéditifs qui sont un lien commun entre ancien et actuel banditime.
    J'admire ce panaché de lectures chez toi.

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  3. Enlève moi de la liste, cette fois j'ai séché (trop à faire par ailleurs pour des recherches approfondies!)
    Bonne semaine (tu vois, j'émerge carrément du dimanche...)

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