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dimanche 19 mai 2013

L'Assommoir d'Emile Zola



Résultat de l'énigme n°66


Les vainqueurs du jour sont : Aifelle, Dasola, Eeguab, Keisha, Lilou, Marie-Josée, Pierrot Bâton.. Merci à tous!
Le roman : L'assommoir d'Emile Zola 
Le film : Gervaise de René Clément


L'assommoir, au XIX siècle, c'est le nom du café où les gens du peuple,  misérables et exploités, vont boire pour oublier la dureté de la vie. L'assommoir, c'est la déchéance de l'ouvrier.

Dans son roman L'Assommoir qui est le septième du cycle les Rougon-Macquart, Zola s'intéresse à Gervaise qui s'est mis en ménage avec Lantier et a eu trois enfants de lui, Jacques, Etienne et Claude Lantier. Elle le suit à Paris où, buveur et coureur de filles, il finit par l'abandonner.  Elle épouse Coupeau qui est couvreur et a une fille de lui, Nana. Gervaise est blanchisseuse et rêve d'ouvrir un magasin bien à elle. Elle est laborieusen, courageuse, et met de l'argent de côté pour ouvrir son entreprise mais son mari tombe d'un toit. Gervaise dépense toutes ses économies  pour le soigner. Celui-ci s'en sort mais il ne peut pas reprendre son travail et sombre dans l'alcoolisme.  Gervais peut ouvrir sa blanchisserie grâce au prêt du forgeron Goujet qui est amoureux d'elle. Mais Coupeau se prend d'amitié pour Lantier, de retour dans le quartier, et le loge chez lui. Les deux hommes boivent et vivent au dépens de Gervaise qui travaille pour eux et par faiblesse, a des relations avec les deux hommes. Goujet, déçu par Gervaise, s'en va en amenant Etienne, le troisième fils de Gervaise,  qu'il a pris pour apprenti. C'est le commencement de la déchéance pour la jeune femme qui finira elle aussi à l'assommoir.

Avec ce septième roman de L'histoire naturelle d'une famille sous le second empire, Emile Zola se place en chef de file du Naturalisme, mouvement littéraire qui succède au réalisme et s'appuie sur les découvertes scientifiques de l'époque, s'inspirant de la méthode expérimentale de Claude Bernard. Emile Zola veut étudier à travers une famille du second empire, les lois de l'hérédité.
« Mon oeuvre à moi sera tout autre chose. Le cadre en sera plus restreint. Je ne veux pas peindre la société contemporaine mais une seule famille en montrant le jeu de la race modifiée par le milieu. [...] Ma grande affaire est d'être purement physiologiste. »
Dans la préface de L'Assommoir, il explique son but : Les Rougon-Macquart doivent se composer d'une vingtaine de romans. Depuis 1869, le plan général est arrêté, et je le suis avec une rigueur extrême. L'Assommoir est venu à son heure, je l'ai écrit, comme j'écrirai les autres, sans me déranger une seconde de ma ligne droite. C'est ce qui fait ma force. J'ai un but auquel je vais.
Lorsque L'Assommoir a paru dans un journal, il a été attaqué avec une brutalité sans exemple, dénoncé, chargé de tous les crimes. Est-il bien nécessaire d'expliquer ici, en quelques lignes, mes intentions d'écrivain ? J'ai voulu peindre la déchéance fatale d'une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs. Au bout de l'ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l'oubli progressif des sentiments honnêtes, puis comme dénoûment, la honte et la mort. C'est de la morale en action, simplement.

Tous les personnages dont l'histoire commence avec La fortune des  Rougon, le premier livre du cycle, vont être marqués héréditairement par l'ancêtre Adélaïde Fouque dont le père est dément et qui après avoir épousé Pierre Rougon, prend pour amant Antoine Macquart, un alcoolique. La folie et l'alcoolisme sont les deux terribles hérédités dont ont a souffrir tous les descendants d'Adélaïde Fouque, de Rougon et de Macquart.
C'est ainsi que Gervaise, "élevée" à l'anisette dès l'enfance, finira par sombrer dans l'alcoolisme. Ses fils et sa fille illustrant eux aussi la thèse de l'hérédité.

Claude Lantier, le fils aîné de Gervaise et de Lantier a la chance d'échapper au déterminisme social en étant élevé loin de ses parents, à Plassans par un vieux monsieur qui lui fait faire des études. Il devient peintre. Mais il est déséquilibré, souffre de trouble mentaux héréditaires et se pend. (L'Oeuvre)

Jacques Lantier, le second fils de Gervaise et de Lantier, est marqué dès l'enfance par des douleurs de tête terribles, des accès de fièvre. Il est poursuivi par l'affreux désir de tuer une femme. Au cours d'une crise de folie il tue Séverine et mourra de mort violente.(La Bête humaine)

Etienne Lantier, le troisième fils de Gervais et Lantier vit à Paris avec Gervaise et Coupeau et subit les brutalités de Coupeau. Heureusement, Goujet, le forgeron, le prend comme apprenti  et fait de lui un ouvrier honnête et engagé politiquement plutôt exalté..  Pourtant s'il boit un verre de vin, il sent la violence se réveiller en lui. C'est pourquoi il méprise la boisson. Il échappe au déterminisme social et au déterminisme de l'hérédité par la force de la volonté..
Quant à Nana, laissée sans éducation,sa mère étant hors d'état de s'occuper d'elle, marquée par l'alcoolisme héréditaire, elle  traîne dans les rues, tombe dans le vice et se prostituera.

Pour tout connaître sur la généalogie des Rougon-Macquart, allez voir ici  (source)

12 commentaires:

  1. Merci de me considérer comme gagnante (j'ai oublié de t'envoyer un mail), mais tu savais que je savais, quoi. ^_^

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  2. Aucun doute c'est du Zola ! je ne pense pas que j'aurai le courage de le relire un jour, c'est tellement sombre.

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    1. Il y en a quelques-uns moins sombres comme Au bonheur des dames!

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  3. J'avais trouvé de suite mais j'avais du monde hier soir et je n'ai pas eu une minute pour repasser ! :( J'espère que ce sera aussi facile la semaine prochaine !! Bises ! :)

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  4. Hélas, j'arrive trop tard pour jouer ! Il faut que je reprenne les bonnes habitudes ! C'est le seul Zola que je n'aime pas : pas pour des raisons de style mais pour le pessimisme...

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    1. Il ne s'agit pas de pessimisme mais de réalité historique. Les études prouvent que Zola n'exagère en rien dans sa peinture de la condition ouvrière, de la misère du peuple, de l'exploitation des enfants et de l'alcoolisme qui sévit dans ces milieux défavorisés.

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  5. Réponses
    1. Oui, après des progrès certains (bien que mesurés) en France au cours du XX ème siècle, preuve que les luttes ouvrières et syndicales ont du bon, le XXI siècle est une siècle de régression.

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  6. pas joué pour cause de week end à la campagne. Dommage; j'aurais trouvé.

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