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samedi 22 mars 2014

Fuyumi Soryo : Cesare




En choisissant Cesare dans la liste de BD proposés par Price Minister, je ne m'attendais pas à recevoir un manga, genre que je n'ai jamais vraiment lu. Je ne connaissais pas , en effet Fuyumi Soryo dont j'apprends qu'elle est une mangaka connue. Telle est mon ignorance, oui!

Cesare est le premier des huit volumes publiés par  Fuyumi Soryo : un peu frustrant au niveau de l'histoire car l'on est à peine entré dans le récit que la lecture est terminée et il faut attendre le tome suivant. Ma déception prouve, cependant, que la lecture est intéressante car l'on sent derrière ce travail des recherches approfondies et une grande connaissance de l'Histoire de César Borgia et de la Renaissance italienne.

Le scénario

Cesare, César Borgia (1475_1507), est le fils du cardinal Rodrigo Borgia, issu d'une famille espagnole, devenu pape sous le nom de Alexandre VI. Sa mère est  Vannoza Cattanei, d'une famille du duché de Mantoue, et maîtresse de Rodrigo Borgia.  On sait que César Borgia deviendra un prince et guerrier puissant. Mais pour le moment, nous sommes en 1490 et Césare est un étudiant dilettante à l'université de Pise avec son ami, Don Micholotto.

L'histoire n'est pas racontée de son point de vue mais sous l'angle d'un jeune homme de famille modeste, Angelo da Canossa , (référence à Michel Ange, bien sûr), florentin, petit-fils d'un maître carrier que Lorenzo de Médicis a pris sous sa coupe et envoie à l'université.  Le jeune homme plein de bonne volonté, intelligent, mais ne connaissant pas les usages, va multiplier les maladresses, offensant Giovanni de Médicis, le fils de Lorenzo, se mettant à dos les français et recevant l'aide des espagnols et de Cesare, en particulier.

Des personnages
Angelo da Canossa
Le récit s'intéresse aux personnages dont il révèle la psychologie, timidité, naïveté d'Angelo, le personnage fictif, séduction et ouverture d'esprit de Cesare Borgia, suffisance de Giovanni de Médicis, courtisanerie de son entourage. Dans ce premier tome, le personnage de César Borgia est plutôt positif, il présente un côté mystérieux de beau ténébreux, renforcé par le sévère habit espagnol et par l'aura de sa puissante famille pourtant si décriée.  Mais il tend la main à un fils du peuple, ne s'embarrassant pas des préjugés sociaux.

 Le contexte historique

Cesare et Henri, le français

Fuyumi Soryo nous introduit dans les dessous de la politique de l'époque, le jeu des pouvoirs, nous présente les factions rivales. Déjà plane dans la ville l'ombre sinistre de Savonarole dont l'influence est en train de grandir.
Les étudiants  français sont présentés et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas gâtés. La Renaissance français est tardive, en effet, par rapport à l'Italie et l'auteur montre une civilisation encore attardée dans le Moyen-âge. Mais on peut penser qu'en 1490, des jeunes gens ayant choisi d'étudier dans l'université fondée par Lorenzo Le Magnifique devraient manifester une plus grande ouverture d'esprit! Mais bref, c'est un détail! Passons sur mon chauvinisme!

 L'influence de la Renaissance italienne

Sandro Boticelli

Au niveau du graphisme, j'ai aimé la reconstitution de la ville de Pise, entourée de champs mais qui possède déjà sa parure de dentelles avec sa tour, son baptistère et sa cathédrale. Le soin apporté aux détails, vêtements,  repas, intérieur de l'université, palais où vit Cesare,  nous permet d'entrer dans la vie de la Renaissance.
L'influence des peintres italiens y  est très nette. On pense à aux oeuvres de Benozzo Gozzoli, Sandro Boticelli pour l'idéalisation,  la finesse et la beauté des personnages, et, bien sûr, aussi à Vinci, Lippi, Mantegna et tant d'autres...


Jeune homme Filippino Lippi

J'ai donc été ravie de me glisser dans cette lecture inhabituelle pour moi et de me retrouver, à partir d'un manga japonais,  en pleine Renaissance italienne!


Ecole de Domenico Ghirlandaio

Un musicien Léonard de Vinci
Enfin, je laisse à d'autres plus expérimentés que moi sur les mangas le soin de vous donner plus de détails :

Les diagonales du temps

blog de l'Express

Il faut noter : 18/20





Merci à Price Minister pour cette agréable découverte

14 commentaires:

  1. héhéhé !!! avant de le cocher j'ai vu que c'était un manga. Il me plaisait bien pourtant et j'ai un peu hésité. Mais je suis dans l'incapacité d'en lire ! Ce qui est intéressant ce sont les recherches que l'on effectue en complément de la lecture...
    Bon week-end !

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    1. Mais ce n'est pas plus difficile à lire qu'un BD et c'est tout aussi intéressant!

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  2. J'ai acheté le volume 8 ce matin - je suis fan ! Bonne lecture avec la suite !

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  3. Je suis aussi ignorante que toi en matière de mangaka ! que vas-tu faire maintenant ? acheter les 7 suivants ?

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    1. Si on iame les BD, je ne vois pas pourquoi celui-ci ne plairait pas! Je ne veux pas les acheter ( 7 volumes, c'est trop) j'irai voir à la médiathèque.

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  4. Je n'ai jamais lu de mangas, je viens tout nuste de découvrir les romans graphiques! il me reste plus qu'à me mettre à jour! Joli travail de ta part autour du thème!

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    1. J'ai commencé les romans graphiques avec Tout seul de Chabouté et ça été un coup de foudre. C'est bien de ne pas rester dans les sentiers battus; Je pense que ce manga te plairait par le thème et les dessins sont très fins.

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  5. Le terme manga m'a fait reculer aussi, et je me dis que c'est peut(être dommage, j'essaierai d'en trouver un de la série à feuilleter!

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    1. Oui, celui-ci est très intéressant et solide au niveau historique. Mais dans le premier c'est juste la mise en place des personnages et du contexte historique donc on reste un peu sur sa faim et on a envie d'en savoir plus!

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  6. Superbe! Je suppose que l'on devient vite accro de ce genre de publication surtout si on s'interesse soit a l'histoire, soit au dessin, soit dans ce cas precis aux costumes de l'epoque, aux peintures de l'epoque. Et puis ce qui m'est arrive en lisant les mangas ou les bandes dessinees ce qui m'arrive encore que rarement, l'imagination ne se met pas en branle et pour cause, on reste skotche a l'image et au texte.

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    1. Effectivement, tu as raison, ce qui est intéressant dans la BD ou le manga, c'est de rester très attentif à l'image qui révèle tant de choses, tous les détails comptent. (Comme dans Seul de Chabouté). C'est pourquoi ce n'est pas une lecture facile pour moi qui n'y suis pas très habituée. Si on s'attache trop au texte, on passe à côté de bien d'éléments dignes d'intérêt. LA BD est hybride, à la fois littéraire et artistique. Mais je suis persuadée que la BD est une oeuvre à part entière.

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  7. Je viens de le terminer et comme toi je suis sous le charme ! Le dessin est magnifique et il faut prendre le temps de tout regarder attentivement, c'est d'une grande richesse. J'attends aussi qu'on me prête la suite.
    Par contre j’étais passée à côté du fait que l'auteur est une auteure !

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