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vendredi 20 mars 2026

Sara Stromberg : Mauvaise graine

 

Sarah Stromberg, écrivaine suédoise, nous amène avec Mauvaise graine dans une station de skis d’Are, au centre de la Suède, réputée pour ses sports d’hiver et son immense parc skiable et pour ses randonnées l’été, vélo, nature, cours d’eau, lacs… Idyllique, non ? Mais pas pour tout le monde !  

Le point de vue que l’écrivaine choisit de nous donner c’est celui de Vera Bergströ supprimée ! L’automne quand la lumière commence à baisser et que toutes les maisons secondaires achetées par les riches norvégiens (j’ignorais cet antagonisme entre Norvégiens et Suédois) sont désertées, les restaurants sont fermés, la plupart des commerces aussi. Une ville morte dans l’obscurité de l’hiver. 

Sara Stromberg nous fait découvrir une Suède que l’on connaît mal et qui n’a rien de reluisant, loin de la capitale privilégiée, une région où l’on peut difficilement accéder aux soins de santé, où la police ne vient pas toujours quand on l’appelle, trop éloignée de l’endroit, où les professeurs sont remplacés -quand ils le sont- par n’importe qui, où quand on est au chômage, on est obligé de reprendre très vite n’importe quel travail. C’est ce qui arrive à Vera Bergström bombardée assistante pédagogique dans un lycée lugubre et dans lesquels les professeurs prennent des journées de congé injustifiées, non remplacées, et lui confient les devoirs à corriger ! 

Chez nous, on appelle cela les déserts ruraux ! Chez eux, c’est encore amplifié par la nature, le froid et l’obscurité totale. L’abus de permis de construire pour répondre au tourisme a fragilisé les terrains qui n’absorbent plus la pluie, les cours d’eau débordent, les routes sont mal entretenues ! On piétine dans la fange !

Quand au divertissement ou la culture, rien du tout ! Il y a bien une salle de fête mais le toit est en mauvais état et il y pleut à l’intérieur. Il y a pourtant des courageux, les amis de Véra, qui se démènent pour organiser des évènements et faire vivre la ville. Pas Véra, tout au moins au début.  Elle a un salaire de misère et est obligée de louer à prix modique l’appartement d’une ancienne gare désaffectée (plus de train, bien sûr !) et pas chauffée. Elle dégèle l’eau du robinet au chalumeau. Le bonheur ! 
Elle a la cinquantaine, les plaisirs de la ménopause, le mari toujours aimé qui part avec une jeunette, la vie dans sa banalité et son tragique quotidiens ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas le moral ! Aussi quand son ancien patron lui demande d’écrire sur la mort d’une femme retrouvée assassinée dans les bois de la montagne Areskutan, elle ne peut résister à la tentation et elle commence une enquête qui va l’amener loin dans le passé et réserver bien des dangers. La victime est un deuxième personnage qui va introduire un autre destin tragique, un récit dans le récit.


Un bon polar tel que je les aime avec un personnage principal à laquelle on s’attache, une critique de la société au vitriol et une originalité certaine. 

 scandinave, thriller, flic dépressif

 

 


 

 

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