Sarah Stromberg, écrivaine suédoise, nous amène avec Mauvaise graine dans une station de skis d’Are, au centre de la Suède, réputée pour ses sports d’hiver et son immense parc skiable et pour ses randonnées l’été, vélo, nature, cours d’eau, lacs… Idyllique, non ? Mais pas pour tout le monde !
Le point de vue que l’écrivaine choisit de nous donner c’est celui de Vera Bergströ supprimée ! L’automne quand la lumière commence à baisser et que toutes les maisons secondaires achetées par les riches norvégiens (j’ignorais cet antagonisme entre Norvégiens et Suédois) sont désertées, les restaurants sont fermés, la plupart des commerces aussi. Une ville morte dans l’obscurité de l’hiver.
Sara Stromberg nous fait découvrir une Suède que l’on connaît mal et qui n’a rien de reluisant, loin de la capitale privilégiée, une région où l’on peut difficilement accéder aux soins de santé, où la police ne vient pas toujours quand on l’appelle, trop éloignée de l’endroit, où les professeurs sont remplacés -quand ils le sont- par n’importe qui, où quand on est au chômage, on est obligé de reprendre très vite n’importe quel travail. C’est ce qui arrive à Vera Bergström bombardée assistante pédagogique dans un lycée lugubre et dans lesquels les professeurs prennent des journées de congé injustifiées, non remplacées, et lui confient les devoirs à corriger !
Chez nous, on appelle cela les déserts ruraux ! Chez eux, c’est encore amplifié par la nature, le froid et l’obscurité totale. L’abus de permis de construire pour répondre au tourisme a fragilisé les terrains qui n’absorbent plus la pluie, les cours d’eau débordent, les routes sont mal entretenues ! On piétine dans la fange !
Quand
au divertissement ou la culture, rien du tout ! Il y a bien une salle
de fête mais le toit est en mauvais état et il y pleut à l’intérieur. Il
y a pourtant des courageux, les amis de Véra, qui se démènent pour
organiser des évènements et faire vivre la ville. Pas Véra, tout au
moins au début. Elle a un salaire de misère et est obligée de louer à
prix modique l’appartement d’une ancienne gare désaffectée (plus de
train, bien sûr !) et pas chauffée. Elle dégèle l’eau du robinet au
chalumeau. Le bonheur !
Elle a la cinquantaine, les plaisirs de la
ménopause, le mari toujours aimé qui part avec une jeunette, la vie dans
sa banalité et son tragique quotidiens ! Le moins que l’on puisse dire,
c’est qu’elle n’a pas le moral ! Aussi quand son ancien patron lui
demande d’écrire sur la mort d’une femme retrouvée assassinée dans les
bois de la montagne Areskutan, elle ne peut résister à la tentation et
elle commence une enquête qui va l’amener loin dans le passé et réserver
bien des dangers. La victime est un deuxième personnage qui va
introduire un autre destin tragique, un récit dans le récit.
Un
bon polar tel que je les aime avec un personnage principal à laquelle
on s’attache, une critique de la société au vitriol et une originalité
certaine.
scandinave, thriller, flic dépressif



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