Pages

PAGES

lundi 20 juin 2022

Oscar Wilde : le crime de Lord Athur Savile

  

Au cours d'une réception mondaine la belle et fantasque lady Windermere présente son chiromancien à la société. Ce dernier prédit l’avenir à tous ces grands personnages mais lorsqu’il tient la main de lord Arthur Savile, il blêmit et reste muet. Ce n’est que plus tard qu’il accepte de dire la vérité à Arthur. L' avenir du jeune lord est tracé, sa ligne de vie révèle qu'il va bientôt commettre un assassinat. Devenir un assassin ! Sir Arthur est d’abord bouleversé puis il prend le temps de réfléchir.
Le jeune homme qui est sur le point d’épouser sa bien-aimée Sybil Merton décide de commettre le meurtre le plus vite possible, quitte à retarder la cérémonie, pour en être débarrassé et pouvoir se marier l’esprit tranquille ! Ainsi il épargnera des soucis à la jeune femme. Belle preuve d'amour !

« Bien des gens dans sa situation auraient préféré le sentier fleuri du plaisir aux montées escarpées du devoir ; mais lord Arthur était trop consciencieux pour placer le plaisir au-dessus des principes. »

La situation est totalement absurde et Oscar Wilde manie le non-sens avec un côté pince-sans-rire réussi. Le lecteur est bien obligé d’adhérer au raisonnement de Lord Arthur établi sur un sens du devoir indiscutable et des principes moraux honorables et délicats.

Heureusement pour lui aussi, il n’était pas un simple rêveur, un dilettante oisif. S’il eût été tel, il eût hésité comme Hamlet et permis que l’irrésolution ruinât son dessein. Mais il était essentiellement pratique. Pour lui, la vie c’était l’action, plutôt que la pensée.
Il possédait ce don rare entre nous, le sens commun.

 Oui, mais, qui tuer ? Et comment ? On ne s’improvise pas assassin ! Le pauvre jeune homme va avoir beaucoup de déboires, ce qui retarde d’autant son mariage, et il connaîtra des échecs qui le plongent dans le désespoir, les gens ne sont pas toujours sympathiques et ne se laissent pas tuer si facilement. C’est très contrariant. Je vous laisse découvrir la chute savoureuse.

Au cours de ce récit hilarant dans lequel Oscar Wilde déverse son humour noir et caustique, il  présente une vision acérée de la société et des portraits passés au vitriol de son humour.

 LadyWindermere :

Elle avait plusieurs fois changé de mari. En effet, … elle portait trois mariages à son crédit, mais comme elle n’avait jamais changé d’amant, le monde avait depuis longtemps cessé de jaser scandaleusement sur son compte.

la duchesse de Pesley

– Où est mon chiromancien ?
– Votre quoi, Gladys ? s’exclama la duchesse avec un tressaillement involontaire.
– Mon chiromancien, duchesse. Je ne puis vivre sans lui maintenant.
– Chère Gladys, vous êtes toujours si originale, murmura la duchesse (...)

– Il vient voir ma main régulièrement deux fois chaque semaine, poursuivit lady Windermere, et il y prend beaucoup d’intérêt.

– Dieu du ciel ! se dit la duchesse. Ce doit être là quelque espèce de manucure. Voilà qui est vraiment terrible !

La religion : le doyen et sa fille bien-pensante

Le père de Jane, la fille du doyen, a reçu  une horloge ornée de la Liberté piétinant le Despotisme. Lorsque la statuette se casse et tombe, Jane écrit :

« Papa dit que ces horloges sont propres à faire du bien, car elles montrent que la liberté n’est pas durable.
Papa dit que la liberté a été inventée au temps de la Révolution française. Cela semble épouvantable.»

Et Ainsi de suite…   J’adore ce genre d’humour et cette nouvelle est à cet égard un vrai régal !

3 commentaires:

  1. Ah oui cette petite chose est finement ciselée !

    RépondreSupprimer
  2. Chiromancien/manucure j adore! Un Oscar Wilde que je connais pas. Merci pour le titre

    RépondreSupprimer

Merci pour votre visite. Votre message apparaîtra après validation.