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Dans La tendresse des loups de Stef Penney, écrivaine écossaise, nous sommes en 1867, au Canada, dans l’Ontario*, sur la rive nord de la baie Géorgienne, à Dove River, dans la ferme de Madame Ross. Personnage principal du roman, d’origine écossaise, elle est venue s’installer là avec son mari il y a quelques années. C’est un endroit désert, loin de tout, qui a été peu à peu peuplé par des colons écossais. Des Yankees et des indiens complètent la population de la petite ville nommée Caulfield.
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| La baie géorgienne, lac Hudson, Ontario |
Le récit
Près de Dove River, vit un trappeur Laurent Jammet que madame Ross découvre égorgé dans son lit. Le magistrat de la ville Andrew Knox, alerté, fait venir des enquêteurs de la Compagnie de la baie d’Hudson : l’antipathique MacKinley et le jeune et crédule Donald Moody qui n’est arrivé au Canada que depuis un an, toujours en butte au bizutage de ses compagnons. Mackinley, préoccupé de résultat rapide, accuse Parker, un trappeur indien venu rendre visite à Jammet. Cible facile, parce que indien et donc considéré comme inférieur, Parket, considéré comme coupable sans aucune preuve, est enfermé, battu et maltraité par Mackinley. Mr Knox, indigné et persuadé de l’innocence du trappeur, le libère.
Madame Ross qui a découvert que son fils Francis a disparu depuis la mort de Jammet se lance à sa poursuite, bien décidée à prouver que sa disparition n’a rien à voir avec le crime. Elle demande à Parker qui fuit la police de lui servir de guide. Parker est un pisteur hors pair et suit les traces du jeune homme. C’est une longue et rude aventure qui commence, dans les forêts enneigées, sous la morsure d’un froid intense, marches harassantes jusqu’au dernier degré de la fatigue, promiscuité dans la tente avec cet homme au physique effrayant, nuits marquées par le souffle des loups … Mais quand ils arriveront à retrouver Francis, ce ne sera pas encore la fin de leur quête. Pendant ce temps, le pauvre Donald Moody est envoyé à la poursuite de Parker, peu armé pour affronter les pièges de l’hiver dans ces contrées sauvages. Heureusement, son ami indien Jakob l’accompagne et suit la piste dans une équipée qui met sa vie en danger…
De nombreux personnages viennent se greffer dans ce récit qui se démultiplie : Il y a le mystère des deux jeunes filles Amy et Eve Steson qui ont disparu dans la forêt et que l’on n’a jamais plus retrouvées même après de longues recherches, puis Sturrock, un aventurier qui recherche un objet en os que détenait Jammett, et tant d’autres encore. Le récit est mené à la première personne par Madame Ross dont on ne connaîtra jamais le prénom et qui fait de fréquents retours en arrière sur son passé en Ecosse. Parfois il continue à la troisième personne pour les autres personnages.
Une comparaison avec Jack London ?
Bien sûr, l’on a comparé La tendresse des loups au récit d’aventures de Jack London. Effectivement, la description des grands espaces glacés, des dangers encourus, des personnages rudes, ne manquent pas de rappeler le grand écrivain sans toutefois avoir la même puissance et la même portée poétique. Les descriptions des paysages de Stef Penney sont moins grandioses, moins impressionnantes que celles de Jack London. Elles ne procurent pas les mêmes émotions car avec l'auteur américain, la nature est un personnage à part entière. Mais Stef Penney nous intéresse pourtant aux aventures vécues par ses personnages.
"Nous passons devant des buissons dont les branches portent des toiles tissées par la neige et des nodules de glace qui, recevant la lumière du soleil, la réfractent en arc-en-ciel. Le ciel est d'un bleu métallique luisant; il n'y a pas un souffle de vent, et aucun bruit d'aucune sorte. Le silence est écrasant. Contrairement à certaines personnes, les contrées sauvages ne m'ont jamais donné une sensation de liberté. Le vide me suffoque."
Et chez elle, les thèmes sont plus contemporains, l’homosexualité, le féminisme, encore que certains romans de Jack London soient aussi féministes ! Je pense à L’aventureuse ou Une femme de cran.
Madame Ross est une femme de cran, elle aussi, prête à tout pour sauver son fils et découvrir le coupable du meurtre, Maria Knox, la fille aînée du magistrat, possède intelligence et audace, et Line, même si elle n’est pas sympathique, secoue le joug de la religion, du conformisme et de l'hypocrisie, prend son destin en main en s’enfuyant avec son amant et ses deux enfants.
Roman d'aventure et policier
Dans l'ensemble, le roman est agréable à lire. J'ai aimé découvrir la vie des colons, celle des trappeurs et des indiens traités comme des esclaves. Les personnages ont une certaine force. Il n'y a que Angus Ross, le mari, qui m'a paru difficile à comprendre. Antipathique et rigide au début, l'écrivaine assouplit un peu son caractère par la suite mais superficiellement, cela m'a laissée sur ma faim.
Et puis, n'oublions pas qu'il s'agit d'un roman policier en même temps qu'un roman d'aventure et que, jusqu'aux derniers moments, le lecteur a envie de savoir quel est le criminel.
*Une erreur dans le résumé de la quatrième de couverture dit que le roman se passe en Nouvelle-Ecosse, au bord la baie Géorgienne. Il n’en est rien. Cette baie est située dans une autre province du Canada, en Ontario.


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