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mercredi 29 juillet 2026

Festival OFF d'Avignon 2026 (suite et fin)

 

Au fur et à mesure que les années passent depuis la fin des années 1980, date de mon arrivée à Avignon et de  mes premiers spectacles au Festival d'Avignon, je vois moins de spectacles qu'avant et la traversée de la ville dans la canicule quasi constante du mois de Juillet me fatigue. Comme me fatiguent les attentes au soleil devant des théâtres dont les organisateurs, pour certains, n'ont parfois même pas l'amabilité de mettre des bancs et des parasols pour protéger les spectateurs ! Donc, je n'ai vu qu'une vingtaine de pièces cette année et j'ai raté certains spectacles dont les salles étaient complètes parfois dès le mois de Juin !

Je termine aujourd'hui les billets de ce festival 2026.

 

Michalik intra muros 21H15 le Samedi 4 juillet  



Richard, un metteur en scène sur le retour, vient dispenser son premier cours de théâtre en centrale. Il espère une forte affluence, qui entraînerait d'autres cours  et d'autres cachets - mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, un jeune chien fou, et Ange, la cinquantaine mutique, qui n'est là que pour accompagner son ami. Richard, secondé par une de ses anciennes actrices - accessoirement son ex-femme - et par une assistante sociale inexpérimentée, choisit de donner quand même son cours… »

Cette pièce de théâtre qui se déroule en milieu pénitentiaire m’a paru un peu attendue malgré cette fin à la Corneille, à la manière de L’Illusion comique, qui joue sur la surprise du théâtre dans le théâtre. Je ne l’ai pas aimé comme Le porteur d’histoires ou Le cercle des Illusionnistes.


du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
21h15 1h40
CHÊNE NOIR (THÉÂTRE DU) 
Salle : Salle Léo Ferré - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 12 ans
Avertissements : Aucun

auteur⸱ice
De Alexis Michalik

équipe artistique
Alexis Michalik - Mise en scène
Clémentine Aussourd - Interprétation
Janik Erima - Interprétation
Muriel Gaudin - Interprétation
Thibaut Gonzalez - Interprétation
Azize Kabouche - Interprétation
Killian Rebreyend - Interprétation
Juliette Azzopardi - Scénographie
Raphaël Charpentier - Musique
Arnaud Jung - Création lumière
François Leneveu - Régie
Marion Rebmann - Costumes
ACME SAS

 

Brasser l’air et s’envoler Dimanche 5 Juillet

 



« Comment changer le monde et retrouver foi en l’humanité ? Il va vous éclairer ! Ou du moins essayer… Xavier patauge au milieu des questions existentielles, emmêlé dans les contradictions de notre temps. À deux doigts de l’implosion, il a une illumination ! Changer le monde. Redonner optimisme et foi en l’humanité, tout simplement. Bonne chance à lui…

De l’humour pour ce spectacle qui brasse les bons sentiments, un peu trop peut-être ? Mais c’est sympa, c’est amusant et le comédien se déchaîne !

Brasser l’air et s’envoler
du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
15h40 1h05
SCALA PROVENCE (LA) 

auteur⸱ice
De Xavier Guelfi
équipe artistique
François Rollin - Mise en scène
Xavier Guelfi - Interprétation
Quentin Maudet - Lumière
Laura Thavenot - Scénographie
Juliette Bayi, Thomas VDB - Collaboration artistique
La Scala Productions & Tournées


Bigre  21H15 Vendredi  10 JUILLET 21H15

 



"Le mélo burlesque au succès phénoménal, Molière de la Comédie 2017 Il était une fois, aujourd’hui, trois petites chambres de bonnes haut perchées sous les toits qui dominent Paris. Un gros homme, un grand maigre et une blonde pulpeuse sont voisins de couloir. 

L’histoire serait joliment romantique si ces trois hurluberlus n’avaient comme particularité de tout rater. Absolument tout. Les catastrophes s’enchaînent, les gags pleuvent, tandis que ces trois fantoches s’accrochent à tout ce qui ressemble à l’amour, à la vie ou à l’espoir."

Je voulais sortir ma petite-fille de ses Molière et Shakespeare chéris et j’ai choisi ce spectacle contemporain que tous les critiques  parisiens me présentaient  comme un « mélo burlesque au succès phénoménal » : A hurler de rire ! - L'Obs Une véritable déflagration comique ! Télérama pour ne citer qu’eux ! A voir en famille selon les recommandations !

Que n’avais-je fait !  Sur scène un gros et un maigre façon Laurel et Hardy. Pourquoi pas ? Un gros épris d’ordre et de gadgets contemporains façon Tati ? Pourquoi pas ? Il tape dans les mains et la cuvette des Wc sort de son placard. Hum !  Mais lorsqu'il baisse son slip pour s’asseoir dessus ou lorsqu’il prend sa douche nous gratifiant de la vision de ses fesses en gros plan alors ça se gâte ! Voilà mon ado furieuse, qui fulmine à côté de moi, dans un silence effroyablement éloquent !  Ajoutez-y le son chaque fois qu’ils vont uriner dans les toilettes communes à cet étage de chambres de bonnes, sans compter le bruitage d’une diarrhée en prime… là je ne la tiens plus ! Une colère ! Rien ne la fait rire. Mais comme nous avons pour politique de ne pas sortir avant la fin pour ne pas gêner les spectateurs et les comédiens, nous restons coincés jusqu’à la fin, la colère étant proportionnelle à la durée du spectacle !

Impossible avec ça, d’apprécier ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant dans cette pièce  ! 
Vive Molière !



du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
21h15 1h30
SCALA PROVENCE (LA)

auteur⸱ices
De Pierre Guillois, Agathe L’huillier, Olivier Martin-Salvan
équipe artistique
Pierre Guillois - Mise en scène

Pierre Guillois en alternance avec Bruno Fleury - Interprétation
Agathe L’Huillier en alternance avec Éléonore Auzou-Connes ou Anne Cressent - Interprétation
Jonathan Pinto-Rocha en alternance avec Pierre Delage - Interprétation
La Scala Productions & Tournées


L’affaire du tueur de l'ombre Dimanche 12 JUILLET 16H20 

 


 

« Découvrez la nouvelle pièce de Grégory Bellanger : un thriller palpitant inspiré d'une histoire vraie.

Le tueur de l'ombre est l'insaisissable meurtrier qui sévit au début des années 70 et répand la terreur dans la petite ville de Nogent-sur-Oise. Sa particularité : il ne tue que des femmes brunes en pleine nuit.

03 novembre 1974. Après cinq années d'enquête infructueuse et six meurtres, le jeune inspecteur Daniel Neveu est muté à la Police Judiciaire de Nogent-sur-Oise où il se voit confier l'enquête. Obnubilé par cette affaire, il va véritablement traquer le tueur et tenter de le comprendre en utilisant des techniques de profilage encore méconnues en France.

Une plongée au coeur d'une enquête retentissante et d'une petite ville ouvrière marquée à tout jamais par ce tueur de femmes »


Là, c’est le choix de ma petite-fille. Elle  adoré et moi j’ai aimé ! Il faut dire que la mise en scène et la scénographie sont ingénieuses, la vidéo, la création-lumière aussi et les comédiens très bien.  Une belle affiche !

du 4 au 25 juillet relâche les 9, 16, 23 juillet
16h20 1h25
PRÉSENCE PASTEUR

auteur⸱ice
De Grégory Bellanger

équipe artistique
Léa Marie- Saint-Germain - Mise en scène
Adrienne Ollé - Mise en scène
Grégory Bellanger - Interprétation
Aurélien Gouas - Interprétation
Clara Leduc - Interprétation
Léa Marie-St-Germain - Interprétation
Morgan Perez - Interprétation
Laurent Dubesset - Vidéo
Marie Hervé - Scénographie
Delphine Ceccato - Diffusion
Sarah Ancel - Création lumière
Jonathan Aubart - Musique
Dany Blin - Musique
Malou Galinou - Costumes
Les Poulbots


Filles d'Ariane 12h25 Jeudi 23 Juillet

 


"Construite à la façon d'un policier, "Filles d'Ariane" suit l'enquête de Fleur, une adolescente qui tente de comprendre qui était sa mère. Ses recherches l'amènent à sonner à la porte d'un homme qu'elle croyait inconnu mais qui semble la reconnaître au premier regard. Fleur en est alors convaincue : cet homme en sait plus qu’il ne veut l’admettre. Ensemble, ils décident de replonger dans le passé pour enfin révéler à la jeune fille le secret qui entoure sa naissance."

Des idées de mise en scène !

du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet
12h25 1h15
ALYA, L'ESPACE

auteur⸱ice
De Martin Kindermans
équipe artistique
Martin Kindermans - Mise en scène
Valentine Daruty en alternance avec Constance Arnoult - Interprétation
Thomas de Fouchécour en alternance avec Martin Kindermans - Interprétation
Alexis Parmé - Régie générale
Camille Bonsergent - Scénographie
Juliette Thibault - Costumes
Kevin Galie - Musique
Anna-Marie Holmes - Musique
Ludwig Minkus - Musique
Evergreen Symphony Orchestra - Musique
Christophe Paris - Diffusion


JEUNE PUBLIC


NUAQ   Dimanche 19 Juillet

 


"NUAQ est l’histoire d’une jeune Inuit qui confronte ses rêves aux désirs toujours plus insistants de toute une communauté. La jeune fille possède le don de « rêver utile ». Se laissant d’abord dévorer par l’ambition des villageois qui l’entourent, elle va devoir apprendre à résister, connaître l’exil, et affronter un retour à ses racines en imposant l’idée d’un rêve libre, loin de toute rentabilité. À partir d’ une esthétique minimaliste et riche de symboles, le spectacle qui se déploie sur un pop-up aborde les thématiques de la perte et de la force du rêve. Tout en poésie et en délicatesse, ce spectacle de théâtre et marionnettes se crée à hauteur d’enfant. " 

Beau mais froid ! ( sans jeu de mots)/; Mon petit-fils ( 5 ans) s'est ennuyé. 
 

Ecole du spectateur 14H45


VERSANT VIVANT MARDI 21 JUILLET

 

 
 
 
"Concert dessiné et animé. Un voyage en montagne au rythme des cycles du vivant.
description
Prix du jury du Festival Au bonheur des mômes 2024

Au creux de la montagne, les êtres s’endorment : humains, animaux, domestiques ou sauvages, proies ou prédateurs, tous se retrouvent en rêve pour une trêve bienvenue.
Dans ce territoire commun, les échelles de temps et d’espace s’entremêlent et se confondent, un battement d’aile dure une saison, les arbres puisent leur sève à la lumière des étoiles, les stalactites grandissent à vue d'œil...
Les liens qui unissent les différents cycles du vivant se révèlent, immémoriaux, inattendus.
Un dialogue entre musique et dessin s'instaure autour de la question du temps qui se déploie de part et d’autre de la scène."

 J'ai aimé mais mon petit-fils beaucoup moins.

 
Ecole du spectateur 11H   

lundi 27 juillet 2026

Florence Arthaud / Jean-Benoît Patricot : Cette nuit le mer est noire/ Une femme à la mer

 

 

 Florence Arthaud : Cette nuit la mer est noire 


« J’ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l’eau. Il fait nuit noire. Je suis seule […]. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau. » 


Une femme à la mer

Une femme à la mer est l’adaptation théâtrale de Jean-Benoît Patricot mise en scène par Stéphane Cottin du livre de Florence Arthaud :  Cette nuit la mer est noire dans lequel elle raconte comment elle a failli perdre la vie le samedi 29 octobre 2011 alors qu’elle naviguait seule à bord de son voilier au large du Cap Corse. Lorsqu’elle tombe à la mer, elle n’a pas de gilet de sauvetage, elle est alourdie par ses bottes et ses vêtements, elle n’a pour tout éclairage que sa lampe frontale, elle est loin de toute côte et l’eau est à douze degrés. Elle voit son bateau s’éloigner d’elle et d’un seul coup la certitude de la mort s’impose à elle. Elle  partage avec nous ses pensées, l’angoisse, le refus de la mort. Alors qu’elle a triomphé tant de fois lors de ses grandes courses solitaires, affronté les quarantièmes rugissants sans faiblir, elle va être vaincue lors d’une simple croisière sur une mer calme. Pourtant, elle ne se résigne pas à abandonner la lutte pour sa survie même si elle a peu d’espoir. Ce qui va la sauver c’est son téléphone portable qu’elle découvre dans la poche de son survêtement  et l’appel qu’elle peut passer à sa mère puis à son frère qui appelle les secours. L’épuisement la gagne.  Elle n’est sauvée qu’au dernier moment quand ses forces la lâchent et qu'elle est récupérée par un hélicoptère.

Sur scène, le décor :  la mer et le ciel, images projetées sur un écran de fond de scène et de belles lumières jouant sur le clair-obscur. La comédienne évolue devant la mer, suspendue dans les airs par des filins élastiques qui s’allongent, s’étirent, remontent et redescendent son corps balloté par les vagues, donnant l’impression qu’elle évolue dans un milieu liquide et qu’elle se maintient à la surface de plus en plus difficilement.

Je n’ai pas lu le livre mais Nathalie Lucas qui interprète le personnage de Florence Arthaud nous fait partager cette lutte pour la survie et le courage, la force de volonté de cette femme qui  a toujours eu, au fond d’elle-même, ce besoin de se colleter  à la difficulté et cet amour de la mer et de la navigation. Un bon spectacle que l’on suit avec beaucoup d'intérêt et qui nous tient en haleine..

 


du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet
11h40 1h10
GÉMEAUX (THÉÂTRE DES) 
Salle : Salle des Colonnes - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 10 ans

auteur⸱ices
De FLORENCE ARTHAUD
Adaptation : Jean-Benoît Patricot
équipe artistique
Stéphane Cottin - Mise en scène
Nathalie Lucas - Interprétation
Moïse Hill - Lumière
Cyril Giroux - Musique
Marc Bizet - MBTA - Acrobatie
Chouchane Abello - Costumes
Oval Théâtre des Gémeaux Parisiens



 


dimanche 26 juillet 2026

Catherine Meurisse : La jeune femme et la mer

 

 

 

Catherine Meurisse dans La jeune femme et la mer raconte son expérience à la résidence d'artistes de la villa Kujoyama à Kyoto. Son personnage, peintre, parle peu le japonais mais elle veut s’imprégner de la langue et de la culture japonaises. Elle cherche à renouveler son inspiration pour peindre le paysage et toutes les découvertes qu’elle va faire enrichiront sa vision, lui feront découvrir une civilisation très éloignée de la civilisation occidentale qui a trop «  les pieds plantés en terre »

 


 

Des rencontres lui permettent de découvrir un univers fascinant entre l'éveil et le rêve, comme celle avec le Tanuki du film d’animation de Pompoko de Isao Takatha. L’animal de la mythologie japonaise,  bavard et facétieux, lui offre un pinceau fait avec ses poils et lui apprend à tracer deux signes avec une pierre à encre, signes dont elle ne comprend pas le sens mais qui vont la guider dans sa quête et prendront sens pour nous aussi à la fin du récit.  Le paysage se révèle souvent mystérieux et magique. Ainsi surgit, au milieu d’une étendue d’eau, sa propre maison natale. Parfois, la jeune femme regarde la Nature et s’aperçoit que c’est la Nature qui la regarde. 

Une autre rencontre est celle du peintre qui veut saisir « l’expression d’une femme ». Il cherche « l’état qui permet de peindre un tableau », et de rendre « l’évanescence des choses », ce qui est hors du monde, in définissable. Et pour cela dans le monde contemporain, il faut savoir faire abstraction de tout ce qui est moderne et gêne la vision de la Nature parfois modifiée par l'humain. Cette nostalgie d’un monde éphémère qui a existé et n’est plus, est loin d’être triste !  Il s’agit d’un sentiment heureux. Le peintre semble toujours prêt à capter ce qui n’est pas et en attendant il écrit des Haïkus, car c’est par la poésie qu’il se révèle un grand peintre.
Enfin, il y a la demoiselle Nami qui semble commander aux éléments depuis qu’elle est la seule survivante de la Grosse Vague de Hosukaï qui a tué ses parents. Car le Japon, c’est aussi le pays des volcans, des seïsmes, des tsunamis. La demoiselle Nami « sait lire notre sort dans les plis de la mer ». Pour l’heure, elle prédit un typhon et nous laissons Catherine roulant vers la résidence poursuivie par le vent et les feuilles tourbillonnantes.

 


 

Cette réflexion autour de la poésie et la peinture, cette approche de la Nature qui nous fait quitter le mode rationnel, ressentir le passage du temps, saisir l’impermanence des choses me rappellent le Kyoto de Yasunimi Yokotawa, un roman que j’ai tant aimé. L'album nous ouvre aussi à un mode de pensée différent du nôtre et à l'explication mythologique des phénomènes naturels.

 


 

Les illustrations sont d’une grande beauté, magnifiquement colorées, surtout celles qui évoquent les grands maîtres  de l’estampe.  De plus, le récit ne manque pas d’humour ! La jeune femme va au toilette, « les fameux WC japonais » mais lorsqu’il faut tirer la chasse, elle se trompe de bouton et appuie sur l’alerte tsunami.



J’ai beaucoup aimé cet album conseillé par Fanja ICI  

 


vendredi 24 juillet 2026

Léna Ghar : Tumeur et Tutu adapté par Emilie Faucheux


Je n'ai pas lu le livre de Léna Ghar Tumeur et Tutu ( Tu meurs et tu tues) mais l'adaptation d'Emilie Faucheux au théâtre est puissante et le seule en scène qu'elle nous donne, haletant, intense.

Voilà une comédienne qui ne croit, comme je l'ai vu parfois dans certains spectacles, qu'incarner un personnage, c'est juste changer d'écharpe ou de chapeau ! Non ! Elle est cette petite fille de trois ans, puis cette adolescente, enfin cette adulte, qui, pour échapper à la violence de sa mère, à sa domination malfaisante et destructrice, aux humiliations, aux coups, s'invente des mots, joue avec le langage, et dessine le monstre qui est en elle et qui l'étouffe. Peut-être si elle parvient à le nommer, à trouver le mot juste, peut-être pourra-t-elle s'en libérer ? A moins que ce soit les mathématiques qui y parviennent ? Les mathématiques pour résoudre l'équation du Bonheur ?  Ces dessins, ces jeux de lumière, ces traits hachurés, ces graphismes en noir et rouge envahissent la scène projetés sur l'écran, rythmés par une musique qui se fait parfois brutale, obsédante, scandés par ses cris répétitifs...

Mais elle est tous les personnages, la mère, la grand-mère,  sa voix se transforme, son physique aussi. Elle est aussi Météore, son amante, qui pourrait peut-être la sauver et tuer le monstre en elle ? Mais guérit-on jamais vraiment de son enfance ?

 Un beau spectacle et une interprétation remarquable !

 

 TUMEUR ET TUTU

du 4 au 25 juillet relâche les 9, 16, 23 juillet
14h50 1h25
PRÉSENCE PASTEUR
Salle : Salle Jacques Fornier - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 14 ans
Avertissements : Utilisation de stroboscope 
auteur⸱ice
D'après Léna Ghar
 
équipe artistique
Emilie Faucheux - Interprétation
Guillaume Junot - Création lumière
Paul Bertrand - Création son
Anne de Bréchard - Administration
Chloé Fourcault - Dessin
Thomas Journot - Photographie
Karine Jurquet - Collaboration artistique
Claire Lacroix - Diffusion
David Néaud - Musique
UME THEATRE
Compagnie française
 

 

dimanche 5 juillet 2026

Sophie Divry : Fantastique histoire d’amour

  

 

Mais oui, comme le titre l’indique, Fantastique histoire d’amour de Sophie Divry est un roman d’amour ( bravo pour la lapalissade ! ). Mais  non, il n’a rien de fleur bleue ou de sirupeux.

 C’est aussi un roman social qui visite le monde de l’entreprise car Bastien est un inspecteur du travail et il prend son rôle au sérieux, défendre le droit des travailleurs, traquer les mauvais patrons qui ne respectent pas les règles de sécurité, qui exploitent ou harcèlent. Un roman où l’on parle de religion, de solitude, d’angoisse existentielle. Bastien est un écorché de la vie, enfance traumatique, rupture sentimentale. C’est  un « catholique à la française », c’est à dire pas très orthodoxe mais sincère. « Il n’y que les athées qui s’imaginent que les chrétiens croient tout en bloc. Que nous sommes vraiment consolés. ». Il est appelé dans une entreprise de recyclage car un ouvrier est tombé dans une compacteuse et a connu une mort horrible. Mais est-ce réellement un accident ? 
 

Fantastique histoire d’amour est un polar qui joue sur le suspense. La tante de Maïa, Victoire, chercheuse au CERN, centre de recherche nucléaire à Genève, a mené une expérience sur de nouveaux matériaux, les cristaux scintillateurs, expérience qui a mal tourné. Les cristaux sont devenus toxiques et exercent une attraction redoutable mais aussi létale sur ceux qui entrent en contact avec eux. Ils vont exciter la convoitise de personnages peu recommandables. Comble de malheur, ils disparaissent ! Maïa, journaliste dans une revue scientifique, est chargée de les récupérer et les besoins de l’enquête l’amènent jusqu’à la compacteuse. Affligée de « disparitionnisme » (Je vous laisse découvrir ce que c’est), Maïa est une femme sportive et indépendante, mais seule. On comprend que les deux personnages sont amenés à se rencontrer !  
 

La construction du roman en chapitres alterne donc entre Maïa et Bastien qui est le seul à dire « je ». Il est le personnage central, donc.  Le récit se déroule principalement  à Lyon qui occupe une place à part entière dans le roman avec quelques incursions en Provence, en Suisse et en Allemagne .

Le roman a un ton nouveau :  par son mélange de genres, les nombreux thèmes qu’il aborde, le style à la fois énergique, incisif, parfois passé au vitriol comme lorsque Bastien parle de la haine « mais tout le monde se déteste. Dans les entreprises, on en voit que ça, de la haine entre salariés et patrons, entre collègues, entre services. A croire que c’est une production naturelle »  ou que Maïa dit sa détestation de la Provence, «  son ciel bleu immuable, sa garrigue aux feuilles ennuyeuses »  et qu’elle afffirme, non sans une pointe d’humour, son dégoût pour : « son odeur écoeurante de savon à la lavande ». Mais Sophie Divry peut se faire poétique et tendre lorsqu’elle décrit Maïa donnant à manger aux mésanges ou adoptant un petit chat. « Pito était à la maison quand elle rentrait, il était en train de dormir, il avait fait ou non des bêtises. Il lui transmettait à la fois une tendresse et une compagnie ». Et j'ai aimé, de plus, ses rapports avec son père, l’amour mutuel qui les lie.

Enfin, n’oublions pas le titre du roman, le récit est fantastique. Mais l’origine du fantastique, est la science, les faits avérés, les enquêtes menées par Maïa pour ses articles, comme celle sur le langage des oiseaux… oui, véritablement fantastique lorsque l’ornithologue lui fait écouter le chant de l’alouette, enregistré sur une bande, à une vitesse huit fois moins moindre et qu’elle distingue alors des sons magiques mais inaudibles à l’oreille humaine sauf au ralenti. « Elle émet quatre cents sons à la seconde. Nous, on peut à peine en distinguer quarante. » « L’alouette va plus vite que nous. Elle ne vit que quelques années. Son coeur bat plus vite. son monde va plus vite » « Les animaux sont à la fois plus lents et plus rapides. Pour eux votre jardin, c’est un continent. Pour eux, entre le matin et le soir, c’est toute une adolescence. Nous habitons le même monde mais nous ne partageons pas le même temps »  Et puis, bien sûr,  il y a ces magnifiques cristaux bleus, si envoûtants, qui rappellent que les découvertes peuvent être aussi le fruit du hasard.

Un livre addictif, le terme est bien choisi pour un roman qui parle d’addiction, un livre que l’on dévore avec  beaucoup de plaisir !  

vendredi 3 juillet 2026

Jean-Claude Mourlevat : Terrienne


 

Terrienne est un roman pour adolescent à partir de 12 ans de Jean-Claude Mourlevat et je l’ai lu sur les conseils de mon petit-fils qui m’a dit : « Tu verras il va te plaire mais attention, c’est dur ! Moi, j’ai adoré !  ». Bon, au moins j’étais prévenue et, effectivement, la lecture est vite addictive et oui, c’est vrai, elle est  « dure » ! Dans mon enfance, on ne faisait jamais mourir un héros ou une héroïne ! J’aurais piqué une crise de désespoir si c’était arrivé !  Mais je ne vous en dis pas plus.
Sachez pourtant que Anne est à la recherche de sa soeur Gabrielle disparue le lendemain de son mariage. Un message envoyé par sa soeur pousse Anne « de l’autre côté », dans un monde qui n’est pas la Terre, dans quelque coin inexploré du cosmos. Elle est accompagnée dans sa quête par un charmant vieux monsieur, Etienne Virgil -alter ego de l’auteur -  qui s’est pris d’affection pour elle, motivé aussi par la curiosité propre à tout écrivain, toujours à l’affût de nouveaux sujets.
L’univers qu’elle découvre est étrange et terrifiant, une oligarchie qui prive les individus de sentiments, où tout ce qui a trait au corps est repoussant, respirer, transpirer, se moucher, pleurer, rire, faire l’amour, être enceinte, accoucher… Un univers où les odeurs, le souffle du vent, le goût, le plaisir du toucher ont disparu, tout ce qui est d’ordre sensoriel est aseptisé. Angoissant, haletant, ce monde « parfait » ! Si elle veut retrouver sa soeur, Anne doit cacher son origine car les Terriens suscitent dégoût et crainte (avec tous leurs microbes) et sont mis à mort, comme tous ceux qui s’opposent au gouvernement, une extinction finale organisée qui rappelle bien celle des camps nazis.  Elle apprend par quelques amis dissidents, aspirant à la liberté, que si les Terriens sont rejetés, les belles Terriennes, elles, sont très appréciées des hommes au pouvoir qui les font enlever pour leur servir d’esclaves, quitte à s’en débarrasser quand ils s’en sont lassés. De ces unions naissent des êtres hybrides qui appartiennent aux deux espèces et qui sont utiles lorsqu’il s’agit de les envoyer sur Terre pour attirer les jeunes victimes. Un être issu d’une femme terrienne, c’est ce qu’était le mari de Gabrielle. C’est ce qu’est Bran qui va devenir l’allié des deux soeurs et l'amoureux d'Anne.
 
Anne et Gabrielle vivent ainsi une version transposée de Barbe Bleue Anne ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?  Et nous sommes d’autant plus dans le domaine du conte que le nom de famille  d’Anne est Collodi. Pinocchio aussi est attiré dans un monde où les enfants transformés en âne deviennent des esclaves. Anne Collodi est vue comme une "truie" par les habitants de l'Autre Monde.

Donc je reviens sur ce que je disais au début, dans mon enfance, on ne tuait pas les héros dans les romans mais dans les contes, par contre, de tout temps, quelle cruauté !  Reflets d’une société où la femme n'était pas l'égale de l'homme, où elle était vendue par ses parents, battue, violée, où le féminicide était la norme et de même pour les enfants. 
Alors vous allez me dire, un cauchemar ce livre ? Et bien non pas du tout et je comprends pourquoi mon petit-fils l’a apprécié. Il fait comprendre la valeur de notre existence même imparfaite mais tellement réelle, vivante, riche, où il fait bon manger de la quiche Lorraine,  une Terre avec ses odeurs bonnes ou mauvaises, ses bruits et sa musique, les amitiés et les disputes, les colères et l’amour, les sentiments familiaux, la beauté et la laideur, tout ce qui donne du prix à la vie, qui en fait ressortir la variété, qui nous empêche de mourir d’ennui comme le font les habitants de l’autre univers qui, un jour, s’assoient pour mourir, incapables de continuer !

« Je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tous ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise… » 

Un beau livre ! A lire par les adolescents comme par les adultes ! 

 


 

mardi 5 mai 2026

Timothée de Fombelle : Capitaine Rosalie / Rachel Corenblit : Un peu plus près des étoiles

 

 

Capitaine Rosalie de Timothée de Fombelle illustré par Isabelle Arsenault ( 7-9 ans)


De ce court roman (66 pages) Télérama  a dit : « un récit limpide et tendre qui bouleversera même les adultes »  et c’est bien vrai. L’on referme ce livre avec un petit pincement au coeur qui perdure après la lecture.

Rosalie est une petite fille de cinq ans qui n’a connu pratiquement que la guerre. Celle de 14-18. Son père est au front et sa mère travaille dans une usine d’armement. L’instituteur du village, un soldat démobilisé après avoir perdu un bras, accepte de la prendre dans sa classe pour rendre service à sa mère. La fillette reste au fond de la classe où tous l’oublient. Personne ne sait que capitaine Rosalie est investie d’une mission et elle ne reste pas inactive. 

Elle aimerait bien savoir savoir ce que dit son papa dans les lettres de sa maman et ce que contient la fameuse enveloppe bleue depuis laquelle sa mère n’est plus que l’ombre d’elle-même ! La suite, on le devine aisément.

Le récit est clair et limpide, oui, le mot convient bien, un style épuré, direct, et poétique pour parler d’un sujet grave, la guerre, la mort, la vie au front mais aussi à l’arrière où tout est immobilisé, dans l’attente. C’est triste et beau. Le récit est conçu pour des enfants de sept-neuf ans. Je sais que mon petit-fils qui l’a lu à sept ans a eu un moment de révolte et de rejet quand il a compris ce qui était arrivé ! Mais pour autant faut-il épargner la tristesse aux enfants ?  N’est-il pas important aussi qu’ils sachent ce que d’autres enfants ont vécu, il y a longtemps, parfois dans leur propre famille, qu’ils sachent que la guerre est cruelle pour les adultes comme pour les plus jeunes.

 Rosalie ne connaît pour ainsi dire pas son père : « Je l’ai vu trois fois quand il est revenu en permission pour se reposer de la guerre. Il ne parlait presque pas mais il me serrait dans ses bras et il dessinait des chevaux sur la buée de la vitre. Je m’endors en pensant aux chevaux qui ruissellent sur la fenêtre. » 

Les illustrations pleines de douceur illustrent le propos par des images qui ressemblent au texte, délicates et mélancoliques : l’enfant aux cheveux roux, une tache de couleur dans un décor gris et triste qui rappelle la guerre et l'absence.

 


 

 

Un peu plus près des étoiles de Rachel Corenblit

 

 


« La fille qui se trouvait en face de moi n’avait plus de visage. C’était comme s’il avait fondu. Comme s’il s’était désagrégé, comme si sa peau s’était racornie, comme si des trous s’étaient formés un peu partout, comme si ses os avaient poussé de biais et s’étaient éparpillés au hasard, sous sa chair mâchée et retrouvée... Un visage brûlé, ravagé, détruit. ». Et voilà vous avez rencontré Sara ! « Elle fait peur à tout le monde, Sara » affirme son amie,  une gamine qui n’a plus de nez !

Le roman commence fort ! Et l’on peut comprendre le saisissement horrifié du narrateur, personnage principal du roman, dès son premier jour dans ce centre hospitalier pour les grands brûlés, les accidentés, les amputés, où son père, médecin, assure un remplacement et occupe un logement de fonction. Il était pourtant prévenu : « Tu ne montres rien à ces pauvres gens. Ils ont déjà tellement souffert. ». C'est vrai mais la réalité est si terrible qu'il lui faut du temps pour maîtriser ses réactions et s'habituer.
 

Ils sont sept "gueules cassées", enfants et adolescents, dans ce centre hospitalier. Tous sont scolarisés et fréquentent le même collège mais vivent à l’hôpital où ils subissent des interventions chirurgicales réparatrices. 
Le jeune homme âgé de quinze ans, va d’abord être mal reçu par eux, surnommé Machin, Blaireau, puis à peu à peu Rémi. Ils vont tous s’apprivoiser, se comprendre, se soutenir, se lier d’amitié même si ce n’est pas facile pour Rémi d’affronter la curiosité malsaine et hostile des autres élèves vis à vis de ceux qui sont ainsi défigurés et avec lesquels Rémi est assimilé. Il se sent parfois trop lâche pour assumer leur défense et subir l’opprobre avec eux. Pourtant si lui-même est plutôt beau garçon, il est tout aussi abimé intérieurement que ses nouveaux amis, lui dont la mère, malade, dangereuse, est internée en asile psychiatrique et dont le père, poursuivi par un sentiment de culpabilité,  ne se fixe jamais à aucun endroit, assurant des remplacements provisoires un peu partout et ne permettant jamais à son fils d’avoir une vie stable, une chambre à lui, des amis. Une vie d’errance, une enfance sans mère, une incapacité à assumer une vie sociale, une absence de communication entre le père et le fils. La solitude et le chagrin. Son seul échappatoire, un walkman ayant appartenu à sa mère et qui diffuse des musiques des années 80.

On me dira que ce roman présente un sujet bien grave pour des lecteurs adolescents et pourtant l’on en ressort plein d’espoir tant ce récit apprend la valeur de l’amitié et de la solidarité, apprend aussi à surmonter la différence et à l’accepter. Rémi saura découvrir la vérité des êtres derrière l’apparence, éprouvera ses premiers émois amoureux auprès de Sara, et pour la première fois de sa vie, se verra intégré dans une complicité amicale et généreuse. L’amitié, la chaleur humaine, les épreuves vécues ensemble, ne suppriment pas les problèmes mais aident à se reconstruire.
Quand Rémi accepte, un peu par défi, l’invitation à entrer dans la cabane de ce "club de défigurés", il affirme  :
«  Je ne savais pas encore que j’allais rencontrer les plus belles personnes du monde, du siècle, de ma vie.».

Un très beau roman à mettre sans crainte entre les mains des adolescents.  (dès 12 ans)

 

 


dimanche 26 avril 2026

Chen Jiang Hang : Fleur de dragon et Claire Castillon : L’âge du fond des verres

 

Fleur de dragon de Chen Jiang Hang Ecole des loisirs

 

Depuis des mois Mae et ses parents parcourent le pays à la recherche de la fleur magique qui guérira sa maman gravement malade.
Une nuit elle est réveillée par une lueur qui l’attire jusqu’au plus profond de la forêt. Une tempête se lève. et elle est attirée au fond d’une caverne où elle découvre de grandes fleurs rouges comme le sang.

 

Les fleurs magiques


 Mae en cueille autant qu'elle peut, comprenant qu’il s’agit de la fleur magique mais un dragon surgit. Il est furieux et lui reproche de voler ses fleurs. 

 

Le dragon furieux...

 

Il ne laissera repartir Mae avec elles que si elle va chercher son fils tombé au fond d’un précipice par une étroite fissure et qui doit être blessé. 

 


C’est le début d’une grande aventure pour Mae qui affrontera bien des dangers pour sauver sa maman. C’est aussi le début d’une grande amitié.




Un  charmant conte traditionnel chinois où l’on retrouve un peu le point de départ d'un autre conte français La Belle et la Bête. Le livre est magnifiquement illustré. Dès 6 ans ( mais peut-être lu à des plus petits). 

 

 


 

L’âge du fond des verres de Claire Castillon folio junior à partir de dix ans

Guilène serait heureuse avec ses parents qui sont « cools » mais voilà, ils sont vieux. Sa mère a cinquante six ans et son père va fêter ses 71 ans. Cela ne la gênait pas trop avant son entrée en sixième mais là, il y a des codes à respecter. C’est ce que lui apprend sa nouvelle amie Clea dont les parents sont désespérément jeunes et n’ont surtout pas l’âge d’être des grands-parents, Guilène a honte. Honte de son père que l’on prend pour son « papi », de la manière dont sa mère s’habille, de son prénom qui est désormais périmé. Honte de ne pas être comme les autres, des mots blessants, des moqueries que lui adressent les autres enfants, honte aussi de ne pas avoir le courage de défendre ses parents, prise dans un conflit d’intérêt entre l’amour qu’elle leur porte et le désir d’avoir des amis. 

Oui, l’adolescence n’est pas un âge facile, on le sait. Comment Guilène traversera cette période, comment elle surmontera sa terreur du professeur de maths, comment elle acceptera la différence aidée en cela par ses parents aimants et attentifs. C’est ce que nous apprend ce roman qui témoigne d’une juste observation de cet âge sensible et vulnérable, l’adolescence, mais souvent impitoyable envers ceux qui ne se fondent pas dans un moule! 

 

 

Pativore





 

mardi 27 janvier 2026

Nathacha Appanah : La nuit au coeur


 

Comme le Roman de Neige Sino, Triste Tigre en 2023, La nuit au coeur de Nathacha Appanah est un roman qu’il faut lire et qu’il faut faire lire aux (grands) adolescents.  Ce n’est d’ailleurs pas fortuit si  ces deux auteures ont reçu toutes deux, entre autres, le prix Femina et le prix Goncourt des Lycéens.
Oui, le faire lire aux adolescents pour une prise de conscience de tous, filles et garçons, sur le respect mutuel que chacun se doit, sur la liberté de la femme et aussi sur les carences d’une société et d’une justice qui ne protègent pas suffisamment les femmes en détresse et laissent se commettre des crimes, parfois à peine punis.

Mais si je souligne le côté urgent de ce livre, à l’image de ces trois femmes que l’écrivaine nous décrit courant pour échapper à leur bourreau, il faut ajouter qu’il s’agit aussi d’une oeuvre littéraire très fouillée au niveau psychologique et qui dresse une description sidérante du mécanisme de l’emprise mentale et physique d’un homme sur une femme comme c’est généralement le cas. Cette domination sape l’estime de soi, humilie, avilit, aveugle, crée une dépendance dont il est impossible de se défaire. Elle isole la personne de sa famille, de ses amis, et l’enferme, la livrant sans aide, sans soutien, à son prédateur.  Cette emprise explique, ce qui est très difficile à comprendre pour quelqu’un d’extérieur, pourquoi la victime malgré le danger, malgré la menace de mort qui pèse sur elle, revient le plus souvent vers celui qui l’enferme ainsi. Une dénonciation du féminicide sobre mais intense.

La maîtrise du style comme celle de la construction du récit font de La Nuit au coeur un roman réussi et un brulôt qui alerte sur les dangers du féminicide et sur l’importance de mettre tout en oeuvre au niveau de l’état pour venir en aide à celles qui en ont besoin.


***


En 2023 en France, 96 femmes sont mortes victimes d'un féminicide conjugal selon le ministère de l'intérieur, un chiffre en baisse de 19% par rapport à 2022.  

En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit +11 % par rapport à 2023. 

En 2025, 163 féminicides,  une hausse par rapport à l’année 2024

En cas d’urgence, contactez la police : par téléphone au 17 ou par SMS au 114 (s’il vous est difficile de parler ou d’entendre) ou encore en le signalant sur le tchat en ligne www.service-public.fr/cmi

Vous pouvez également appeler le numéro d’écoute national d’information et d’orientation (Violences Femmes Info) au 3919 (anonyme et gratuit).  

lundi 3 novembre 2025

Cédric Sapin-Defour : Où les étoiles tombent

 

 Où les étoiles tombent est le second livre de Cédric Sapin-Defour après Son odeur après la pluie, que je n’ai pas lu mais qui a obtenu un vif succès. J’ai donc eu envie de connaître l’auteur. 

J’ai hésité à écrire ce billet ne sachant pas trop comment aborder ce livre qui parle d’une histoire si douloureuse, si intime, que le traiter comme un objet littéraire me paraissait difficile. Et cependant il l’est comme n’importe quelle autre oeuvre, avec ses défauts et ses qualités, alors je vais essayer.

L’écrivain y raconte comment en Italie, dans la province de Bolzano, Cédric et Mathilde s’envolent en parapente pour éprouver une fois encore cette grisante sensation de liberté et de légèreté, et comment, cette fois-ci, le saut vire au drame, Mathilde s’écrasant en contrebas. Elle est amenée aux urgences, son pronostic vital engagé. Elle survit pourtant à ses multiples blessures et dès lors commence une suite d’opérations pour « réparer » un corps en miettes, pour soigner son polytraumatisme. L’histoire de la lente reconstruction de Mathilde, de ses souffrances et son courage ne peut évidemment que susciter l’admiration mais je me suis demandé pourquoi je n’ai pas ressenti plus d’émotion à cette lecture. C’est là qu’on remet en question sa propre sensibilité et son pouvoir d’empathie. 

Je crois que cela réside, en partie mais en partie seulement, dans la construction de l’ouvrage. On sait que, de nos jours, si l’on ne veut pas s’attirer l’ire des critiques, l’on ne peut pas écrire un récit linéaire, chronologique. La déconstruction est obligatoire, et Cédric Sapin-Defour obéit à ce principe, racontant sa propre quête, vers le lieu de la chute, vers l’hôpital, ses interrogations angoissées sur ce qui est arrivé à son épouse et parallèlement le parcours de Mathilde en ambulance, à l’hôpital, les soins qu’elle reçoit, la rééducation. Les deux récits s’imbriquent l’un dans l’autre. C’est un procédé de suspense mais assez factice quand il s'agit de la réalité et non d'un roman. A moment donné cela fonctionne tant que l’on ne sait pas ce qui est arrivé à Mathilde, ensuite cela paraît émoussé quand on a déjà la réponse à toutes les questions que se pose Cédric avant d’arriver à l’hôpital. 

De plus, on ne peut avoir que le point de vue de Cédric, forcément, puisque les personnages sont réels et non des héros de roman. On apprend tout des sentiments de Cédric, de son amour pour Mathilde, de son empathie pour les souffrances horribles de la blessée mais Mathilde reste un personnage extérieur, vu par lui. Si l’on comprend la peine de Cédric, on reste loin de Mathilde. On ne lutte pas avec elle pour se reconstruire, on ne sait pas ce qu’elle vit intérieurement, on ne peut qu’imaginer ce qu’elle ressent, d’où l’impression d’une certaine froideur, d’une distance, comme si entre le lecteur et le personnage un écran avait été dressé. Alors on compatit, oui, mais on "n’éprouve pas". Je sais bien que l’auteur affirme que « souffrir ne saurait être un spectacle » et c’est bien là que le bât blesse. Quand il s’agit de sa vie intime, il est légitime de ne pas se donner en spectacle mais alors, pourquoi l'écrire ? Et pour ne pas se donner en spectacle, on court le risque de se montrer trop froid, trop loin de son lecteur. 

Par contre j’ai apprécié les qualités littéraires de l’auteur et c’est là que j’ai ressenti de l’émotion dans certains passages du texte qui laissent filtrer des sentiments profonds et nous ramènent à l’universel. 
Par exemple quand il parle de la beauté, du corps humain, de la vie.

« Je vis entouré des forces de la beauté. S’il ne devait rester qu’une seule croyance, ce serait elle. La première fois, c’était le vent dans les herbes hautes, il coloriait le pré du Papou, du vert clair au vert foncé. Ca duré des secondes entières puis le vent s’en est allé. En même temps qu’apparaître, la beauté se retirait. Installée, ce n’est pas la beauté, c’est autre chose.
Puis on s’est revus, dans le ciel, dans les musées, dans les phrases et les pensées. La beauté c’est comme les chanterelles dans un sous-bois, quand on commence à la voir, on ne voit plus que ça. »


« Quelle invention le corps. Le plus évolué des outils n’atteint pas cette horlogerie, l’homme  n’atteindra jamais l’homme. »

« Moi, je croyais que c’était le coeur qui pensait, qui aimait, qui frémissait, qui en faisait trop ou pas assez. En réalité c’est le cerveau. Le coeur, c’est plus joli qu’un cerveau. C’est un oyas en peau d’argile blotti dans la terre et qui irrigue tout autour de lui, quand le cerveau, lui, on dirait le périphérique parisien. Mais c’est là-haut, dans ce lacis clignotant et selon un cadastre électronique rigoureux qu’habitent la gaieté, l’effroi, la tendresse, la poésie, l’émerveillement, la délicatesse, la possibilité de joie, les douces mélancolies, les forces de l’espoir, le don de la nuance, l’arbitrage des peurs, l’accueil de l’autre, les tentations de la violence, la soif de découvrir, le doute, l’imaginaire, les rêves oubliés, les vérités fragiles et toutes ces folies passionnantes qui rendent la vie respirable. »



 

vendredi 24 octobre 2025

Séverine Cressan : Nourrices

 

En 2013, j’ai lu le très intéressant roman d’Isabelle Marsay Le fils de Jean-Jacques Rousseau. L’auteur de l’Emile malgré son traité d’éducation, a, en effet, abandonné ces cinq enfants aux Enfants trouvés, une sorte de mouroir où les bébés, non pas obligatoirement trouvés mais abandonnés légalement par leur famille, mouraient en grand nombre dès les premiers jours. A l’époque 90% des enfants de cette institution mouraient en bas âge. Les survivants étaient confiés à des nourrices, au sein d'un foyer misérable. Là, la malnutrition, le manque de soins et d'hygiène et les sévices achevaient de les tuer. 

Dans son roman Nourrices, Séverine Cressan nous place du point de vue des nourrices et décrit comment le «commerce du  lait» permettait d’exploiter odieusement ces femmes qui, poussées par la misère, donnaient leur lait en sevrant leurs propres enfants prématurément. Elles étaient à la fois exploitées par un homme, appelé le meneur, qui se chargeait de les amener à la ville chercher les bébés et prélevait une partie de leur gain mais exploitées, aussi, par leur mari qui empochait le reste de l’argent pour aller le boire. Les bébés confiés par des familles aisées ( les femmes de la bourgeoisie ne devaient pas allaiter) rapportaient plus que les nourrissons des Enfants trouvés.

Le personnage imaginé par Séverine Cressan, est une jeune femme aimante, Sylvaine, qui s’occupe consciencieusement et avec tendresse des enfants qui lui sont confiés. Ce n’est pas toujours le cas, certaines femmes sans scrupules prennent trop de nourrissons et les laissent mourir. Par une nuit de lune, Sylvaine, attirée par des pleurs, trouve près de sa chaumière un bébé abandonné sous un arbre. Près d’elle, un carnet écrit, on l’apprendra plus tard, par la jeune mère de l’enfant. Ce passage rappelle un peu les contes de fées traditionnels pas si « féériques », au fond, mais, au contraire, sombres et graves, où les enfants perdus dans les bois sont les proies de prédateurs en tout genre. Lors de cette découverte, Sylvaine cesse d’être humaine, elle est animal,  « à quatre pattes » « elle feule », « elle flaire», « félin », « hermine », « biche », ou « louve ». 
Cette comparaison de la femme avec l’animal apparaît sous une double forme dans le roman : maternité magnifiée dans la description de l’allaitement, avec cette étroite fusion des corps de la mère et de l’enfant, avec ce qu’elle représente ici d’instinctif, de primitif, de sensuel, mais aussi d’amour et de beauté, un peu comme les Maternités des peintres de la Renaissance ;  mais aussi maternité méprisée,  salie par les hommes qui en  font le « commerce » et  traitent les les femmes comme du bétail selon leur degré de rentabilité.

"Petit animal entêté, le nourrisson rampe vers la poitrine offerte, cherche le téton de ses lèvres ouvertes. Il le saisit à pleine bouche, aspire avec tant de force que c'en est douloureux. Le lait jaillit facilement. Pendant que le nouveau-né tête, la nourrice l'enveloppe de sa chaleur, le nourrit de ses caresses, le contient de ses mains câlines."

Sylvaine recueille l'enfant trouvée dans le bois et s’attache à elle.  Aussi quand la petite Gladie, l’autre nourrisson qui est sous sa garde, meurt,  Sylvaine l’enterre et lui substitue la fillette pour continuer à toucher l’argent de l’allaitement. Elle l'élève avec amour ainsi que ses deux garçons. 
Désormais deux récits alternent, celui de Sylvaine et celui de Zaïg, la mère de la petite fille, orpheline placée dans une ferme et abusée par le fermier.

Nourrices décrit une réalité sociale terrible dans un monde où la misère déshumanise et conduit à l’horreur face à ces hommes qui ne voient dans les femmes et les nourrissons qu’une marchandise pour laquelle on a droit à un pourcentage de perte.  

"Le meneur est revenu. Il avance à pas lourds en s'appuyant sur son bâton de marche. Son panier d'osier dans lequel sont entassés les nourrissons, formant dans son dos une excroissance difforme (...) Les nouveaux-nés sont-ils toujours en vie ? Combien ont survécu à ce voyage de plusieurs jours, à dos d'homme indifférent... Ils sont trois. L'un des nouveaux nés est mort. De froid ou de faim, peu importe. Il n'a pas supporté ce voyage éprouvant. L'autre est en piteux état : sa peau est recouverte par endroits de pustules. Il peine à ouvrir les yeux et n'émet qu'une faible plainte, semblable au miaulement d'un chaton perdu. Le dernier semble assez vigoureux."

Le roman révèle les pires instincts de ceux qui ont le pouvoir, le patron d’une grande ferme ou le père de famille bourgeois, qui violent les filles de ferme ou les jeunes servantes sans qu’elles puissent se protéger et se libérer. Il parle du statut de la femme à une époque qui n’est pas si lointaine.

Pourtant grâce au beau personnage de Sylvaine, grâce à son alliance avec la nature, naît la poésie. Ses enfants sont les enfants de la Lune, de la Terre et du Vent. C’est la Tempête, en effet, qui préside à la naissance de son petit dernier au cours de cette longue nuit d’accouchement où Sylvaine se retrouve seule dans la cabane secouée par le Vent. De même, la guérisseuse, la vieille Margot, représente  l’acceptation des forces de la nature, la sagesse et l’apaisement. La solidarité qui se crée entre les femmes face à l’adversité, face à l’exploitation, permet de donner une touche d’espoir au récit.
 

Ce roman  présente des qualités d’écriture et un sujet à la fois original et intéressant. 

mercredi 10 septembre 2025

Martine Carteron : Les autodafeurs


 

En arrivant en Lozère où je passe mes vacances d’été, je trouve sur ma table de chevet un livre  intitulé Les Autodafeurs de Martine Carteron. Comment est-il arrivé là ? C’est ce que je ne sais pas. Aucune de mes filles ni aucun de mes petits-enfants ne le reconnaît pour sien. Ce qui est sûr, c’est qu’un livre ne se carapate pas tout seul jusque dans ma chambre ! Les araignées, oui ( horreur !) mais les livres non ! Mais  il y a tant de copains invités que… un oubli est vite arrivé. En attendant de retrouver son propriétaire, ce sera le livre parfait pour le pavé de l’été. Trois tomes en un seul volume, 1050 pages.

Pour une fois j’aime le résumé de la quatrième de couverture, alors je le partage avec vous.
«Je m’appelle Auguste Mars, j’ai 14 ans et je suis un dangereux délinquant. Enfin, ça, c’est ce qu’ont l’air de penser la police, le juge pour mineur et la quasi-totalité des habitants de la ville. Évidemment, je suis totalement innocent des charges de «violences aggravées, vol, effraction et incendie criminel» qui pèsent contre moi mais pour le prouver, il faudrait que je révèle au monde l’existence de la Confrérie et du complot mené par les Autodafeurs et j’ai juré sur ma vie de garder le secret. Du coup, soit je trahis ma parole et je dévoile un secret vieux de vingt-cinq siècles (pas cool), soit je me tais et je passe pour un dangereux délinquant (pas cool non plus). Mais bon, pour que vous compreniez mieux comment j’en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c’est-à-dire, là où tout a commencé.» 


PS: Ce que mon frère a oublié de vous dire c’est qu’il n’en serait jamais arrivé là s’il m’avait écoutée; donc, en plus d’être un gardien, c’est aussi un idiot. "Césarine Mars

Il s’agit d’un livre pour la jeunesse à partir de 12 ans, paru en 2014, que l’auteure a écrit pour son fils et qui a obtenu le prix Les Mordus du Polar 2015.
Tome 1 : Mon frère est un gardien
Tome 2 : Ma soeur est une artiste de guerre
Tome 3 : Nous sommes tous des propagateurs.

Polar ? Je ne sais pas ? Mais pourquoi pas ? Pour moi il s’agit plutôt d’un livre d’aventures, d'Histoire, de science-fiction, que vont vivre Auguste Mars (14 ans), un garçon versé en arts martiaux (il en aura besoin!),  superficiel, accro à la mode, un peu snob,  (il va lui falloir mûrir !) et sa petite soeur Césarine, (7 ans) autiste, un génie qui éprouve quelques difficultés à comprendre la métaphore et les sentiments et qui prend tout au pied de la lettre, ce qui crée des situation pleines d’humour. Voilà pour les deux personnages principaux. 

Autour d’eux gravitent le père qui fait une apparition rapide puisqu’il est tué dès le premier chapitre dans un accident de la route criminel. On apprend qu’il compte sur ses enfants pour protéger le Livre. La mère, professeur d’histoire-géo, férue d’histoire romaine d’où les prénoms de ses enfants ! Elle se révèlera beaucoup moins sans défense que prévu. Et de même les grands-parents. C’est chez eux, en province, que les enfants et la mère vont se réfugier après la mort de leur père, dans une ancienne Commanderie qui est dans la famille depuis des siècles. Ajoutons- y, Marc, le prof de français « le plus cool de la terre », qui plait beaucoup à Auguste dans son nouveau collège, et qui se révèle être, à sa grande surprise, son parrain. Et puis un copain, Néné, un peu marginal, le seul avec qui il parvient à nouer des relations amicales. Enfin Bart, qui s’oppose à ses grosses brutes de frère et à son père, membres actifs des autodafeurs, et qui rejoint  la Confrérie.

La Confrérie lutte depuis des millénaires contre les autodafeurs, ennemis de la culture, destructeurs de livres. Ils ont bien compris que pour prendre le pouvoir et soumettre le peuple à la dictature, c’est au savoir et donc aux livres qu’il faut s’attaquer. C’est un combat toujours renouvelé que mènent tous les gouvernements autocrates, et si les livres, de nos jours, ne sont plus brûlés sur les places dans des autodafés publics, ils peuvent être détruits avec des moyens modernes encore plus performants. Le roman fait allusion, bien sûr, à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.


Un livre pour la jeunesse qui montre l’importance des livres, voilà qui ne pouvait que me plaire !
Pourtant, j’ai trouvé que c’était parfois très violent. On y risque sa vie et on y meurt pour de bon et pas seulement les « méchants » ! Les « gentils » aussi peuvent devenir violents car la guerre n’est jamais positive et corrompt tous ceux qui y participent. Marc y perd son innocence et son âme d’enfant. Mais l’imagination de l’auteur est sans limite, les aventures se succèdent et entraînent loin dans le temps, avec des retours dans le passé et dans l’espace quand les membres de la Confrérie seront obligés de se cacher et de se réfugier dans les sous-sols d’une île. Bref ! La lecture est addictive et on lit le livre en un temps record, sans pouvoir s’arrêter !



 

Ta loi du ciné chez Dasola


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Chez Moka