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dimanche 9 août 2026

Marivaux : l'auteur le plus joué du festival d'Avignon 1998

 

 

 Pierre de Marivaux l'auteur le plus joué en 1998

 


 

J'ai retrouvé dans mes archives du Festival d'Avignon un article que j'avais rédigé pour le journal La Provence. J'avais proposé d'écrire sur l'auteur classique et aussi sur l'auteur contemporain les plus présents au festival d'Avignon 1998. Pour l'auteur classique, il y avait trois mises en scène de l'Epreuve, une de La dispute, une de La surprise de l'amour et du Jeu de l'amour et du hasard.

Que Marivaux ait eu le plus de succès, voilà qui était pour me plaire ! J'ai tellement entendu des gens parler de lui superficiellement en le qualifiant de léger que voir son succès au festival était un plaisir pour moi qui pense le contraire. Et la rencontre avec des metteurs en scène pour rédiger ce papier fut un plaisir, tous épris de leur auteur, tous le servant avec intelligence, tous insistant sur la gravité de l'auteur, sur la finesse d'analyse qui se cache sous l'apparente légèreté de Marivaux, sur la portée sociale de l'oeuvre. J'aurais eu de quoi emplir plusieurs pages du journal La Provence avec tous les propos que  j'ai pu recueillir à l'époque ! 

Pierre Carlet dit Marivaux ( 1688-1763) est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre mais aussi de deux romans d'apprentissage Le paysan parvenu et La vie de Marianne que j'aime beaucoup et dont je vous conseille la lecture si vous aimez comme moi la langue si élégante du XVIII siècle et les idées sociales qui remettent en cause l'ordre établi, les injustices  sociales et les inégalités entre les hommes et les femmes. 

"J'ai pourtant vu nombre de sots qui n'avaient et ne connaissaient point d'autre mérite dans le monde, que celui d'être nés nobles, ou dans un rang distingué. Je les entendais mépriser beaucoup de gens qui valaient mieux qu'eux, et cela seulement parce qu'ils n'étaient pas gentilshommes; mais c'est que ces gens qu'ils méprisaient, respectables d'ailleurs par mille bonnes qualités, avaient la faiblesse de rougir eux-mêmes de leur naissance, de la cacher, et de tâcher de s'en donner une qui embrouillât la véritable, et qui les mît à couvert du dédain du monde.  Le paysan parvenu

 Une de femmes
Hé ! que voulez-vous ? On nous crie dès le berceau : vous n'êtes capables de rien, ne vous mêlez de rien, vous n'êtes bonnes à rien qu'à être sages. On l'a dit à nos mères qui l'ont cru, qui nous le répètent ; on a les oreilles rebattues de ces mauvais propos ; nous sommes douces, la paresse s'en mêle, on nous mène comme des moutons.
Madame Sorbin
Oh ! pour moi, je ne suis qu'une femme, mais depuis que j'ai l'âge de raison, le mouton n'a jamais trouvé cela bon.
Athénice
Je ne suis qu'une femme, dit Madame Sorbin, cela est admirable !
madame Sorbin
Cela vient encore de cette moutonnerie.
La Colonie

Marivaux n'est pas un révolutionnaire mais un moraliste. Dans  L'ile des esclaves, il imagine des nobles et des valets qui font naufrage dans une île où les maîtres prennent la place des esclaves et inversement. Il ne s'agit pas d'une vengeance explique Cléanthis mais de corriger les moeurs, "il s'agit de vous pardonner  et pour avoir cette bonté-là, que faut-il être, s'il vous plaît ? Riche ? non ; noble ? non ; grand seigneur ? point du tout. Vous étiez tout cela ; en valiez-vous mieux ? Et que faut-il donc ? Ah ! nous y voici. Il faut avoir le cœur bon, de la vertu et de la raison ; voilà ce qu'il faut, voilà ce qui est estimable, ce qui distingue, ce qui fait qu'un homme est plus qu'un autre". L'île des esclaves

Et dans Le Jeu de l'amour et du hasard, Dorante qui accepte d'épouser celle qu'il croit être une servante dit : "le mérite vaut bien la naissance ".  

 Et Orgon le père de Silvia déclare : 

"Dans ce monde, il faut être trop bon pour l'être assez." 

Cette année 2026 il n'y avait aucun Marivaux, l'année dernière il n'y en avait qu'un :   Le Jeu de l'amour et du hasard ! Mais un classique ne peut mourir !

 

 Le marivaudage et la création de mots et d'expressions françaises

2025 

Silvia en bleu de travail Mise en scène Frédérice Cherbeuf 2025

Du XVIII siècle au XXI siècle

C'est du vivant de Marivaux que son nom a donné lieu à un néologisme passé dans la langue française : le marivaudage

 Ce mot désigne un échange oral brillant, une joute verbale soutenue et raffinée entre deux amoureux qui font preuve l'un et l'autre de beaucoup d'esprit, d'ironie et de finesse. C'est une sorte de duel ou chacun se protège de la séduction du partenaire avant d'en savoir plus sur lui. 

Le marivaudage crée une complicité avec le spectateur qui en sait, en général, beaucoup plus que les personnages et s'amuse de leur querelle amoureuse. 

 Ainsi, dans Le jeu de l'amour et du hasard, le spectateur sait ce que savent Orgon, le père et Mario, le frère de Silvia. Celle-ci à pris la place de sa soubrette Lisette pour pouvoir observer Dorante, le jeune homme que son père veut lui faire épouser. Ce que Silvia ne sait pas c'est que Dorante a eu la même idée et qu'il a pris la livrée de son laquais et le nom  Bourguignon.

Mais sous l'apparence de légèreté, le marivaudage a aussi une fonction dramatique puisqu'il révèle la psychologie des personnages tout en leur permettant prendre conscience de leurs sentiments et de se révéler à eux-mêmes.  C'est Sylvia dans Le jeu de l'amour et du hasard qui, lorsqu'elle prend conscience qu'elle aime Dorante s'écrie : "Ah! J'y vois clair dans mon coeur". 

Le marivaudage est un jeu de langage de personnes cultivées et haut placées dans l'échelle sociale, noblesse ou  grande bourgeoisie. Il est souvent doublé pour un effet comique d'un "marivaudage" mené par les valets qui usent d'un vocabulaire terre à terre,  prosaïque, et qui singent leur maître, le valet, surtout, étant un grand lourdaud, et la soubrette, policée par le contact de sa maîtresse, employant des expressions populaires mais plus fines. Le spectateur rit aux dépens des valets mais il rit en empathie avec les maîtres.  

Il y a pourtant une certaine cruauté dans ce badinage car les personnages souffrent de ne plus maîtriser leurs sentiments, de ne pas comprendre ce qui leur arrive. Les maîtres du jeu, Orgon et Mario, s'amusent  de leurs tourments.  Marivaux est aussi l'inventeur de l'expression : " Tomber amoureux" par analogie avec "Tomber malade".  C'est bien de cela qu'il s'agit pour l'auteur :  l'amour est une sorte de maladie qui échappe à la raison et contre lequel il est vain de lutter. Silvia refuse de tomber amoureuse de celui qu'elle croit être un valet et Dorante de même ! Mais ils ont beau faire, leurs sentiments les emportent ! 

 

 Le jeu de l'amour et du hasard 1966-1967

 
 
1966 
 
La première fois que j'ai vu Le jeu de l'amour et du hasard, c'était en 1966 à La comédie Française. Le jeu des comédiens était superbe et j'en étais ressortie éblouie après avoir goûté le texte jusqu'au moindre mot.  J'ai retrouvé la distribution dans le net car je me souvenais des rôles féminins - Geneviève Casile dans Silvia et Paule Noëlle dans Lisette- mais non des masculins. Le jeu de l'amour et du hasard est toujours restée ma pièce préférée.
 
 
Geneviève Casile

 
La distribution officielle de la reprise théâtrale de 1966 à la Comédie-Française, dans la célèbre mise en scène de Maurice Escande (avec des décors et costumes de Jacques Dupont), mettait à l'honneur les comédiens phares de la troupe de l'époque :
        
      Silvia : Geneviève Casile
      Dorante : Michel Bernardy
      Lisette : Paule Noëlle
      Arlequin (ou Pasquin selon la tradition d'époque du Français) Gérard Giroudon/ Michel                         Duchaussoy (selon l'alternance des représentations de la saison 1966-1967)
      Monsieur Orgon : Maurice Escande (qui cumulait la mise en scène et le rôle du père)
      Mario : Alain Pralon 
 
 
 1967
 
Danielle Lebrun et Jean pierre Cassel

 

François Giret et Claude Brasseur

L'année d'après en 1967 paraissait le film réalisé pour la télévision par Marcel Bluwal, dont le casting en décors naturels est resté légendaire : 
    
       Silvia : Danièle Lebrun
      Dorante : Jean-Pierre Cassel
       Lisette : Françoise Giret
       Arlequin : Claude Brasseur
       Monsieur Orgon : André Luguet
       Mario : Jean-Claude Drouot
 

Légendaire, en effet ! Quelle somptueuse distribution ! Que demander de mieux ?

 

L'auteur contemporain :  Dario Fo ou Matei Viniec en 1998 ?

 

Dario Fo

Pendant le festival d'Avignon 1998, j'avais aussi proposé un sujet sur l'auteur contemporain le plus joué sur scène cette année-là.  Je n'ai pas retrouvé  l'article !  Je sais qu'il y avait des Dario Fo en nombre. Il faut dire qu'il avait reçu le prix Nobel l'année précédente, en 1997.  Mais peut-être était-ce plutôt Matei Viniec. Le roumain était venu s'installer en France en 1987, fuyant Ceausescu. Il avait été naturalisé en 1994. Il était très présent aussi dans ces années-là !

 Par contre, cette année 2026, il n'y avait aucun Dario Fo et un seul Matei Viniec : Le souffleur de la peur !

 


mercredi 29 juillet 2026

Festival OFF d'Avignon 2026 (suite et fin)

 

Au fur et à mesure que les années passent depuis la fin des années 1980, date de mon arrivée à Avignon et de  mes premiers spectacles au Festival d'Avignon, je vois moins de spectacles qu'avant et la traversée de la ville dans la canicule quasi constante du mois de Juillet me fatigue. Comme me fatiguent les attentes au soleil devant des théâtres dont les organisateurs, pour certains, n'ont parfois même pas l'amabilité de mettre des bancs et des parasols pour protéger les spectateurs ! Donc, je n'ai vu qu'une vingtaine de pièces cette année et j'ai raté certains spectacles dont les salles étaient complètes parfois dès le mois de Juin !

Je termine aujourd'hui les billets de ce festival 2026.

 

Michalik intra muros 21H15 le Samedi 4 juillet  



Richard, un metteur en scène sur le retour, vient dispenser son premier cours de théâtre en centrale. Il espère une forte affluence, qui entraînerait d'autres cours  et d'autres cachets - mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, un jeune chien fou, et Ange, la cinquantaine mutique, qui n'est là que pour accompagner son ami. Richard, secondé par une de ses anciennes actrices - accessoirement son ex-femme - et par une assistante sociale inexpérimentée, choisit de donner quand même son cours… »

Cette pièce de théâtre qui se déroule en milieu pénitentiaire m’a paru un peu attendue malgré cette fin à la Corneille, à la manière de L’Illusion comique, qui joue sur la surprise du théâtre dans le théâtre. Je ne l’ai pas aimé comme Le porteur d’histoires ou Le cercle des Illusionnistes.


du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
21h15 1h40
CHÊNE NOIR (THÉÂTRE DU) 
Salle : Salle Léo Ferré - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 12 ans
Avertissements : Aucun

auteur⸱ice
De Alexis Michalik

équipe artistique
Alexis Michalik - Mise en scène
Clémentine Aussourd - Interprétation
Janik Erima - Interprétation
Muriel Gaudin - Interprétation
Thibaut Gonzalez - Interprétation
Azize Kabouche - Interprétation
Killian Rebreyend - Interprétation
Juliette Azzopardi - Scénographie
Raphaël Charpentier - Musique
Arnaud Jung - Création lumière
François Leneveu - Régie
Marion Rebmann - Costumes
ACME SAS

 

Brasser l’air et s’envoler Dimanche 5 Juillet

 



« Comment changer le monde et retrouver foi en l’humanité ? Il va vous éclairer ! Ou du moins essayer… Xavier patauge au milieu des questions existentielles, emmêlé dans les contradictions de notre temps. À deux doigts de l’implosion, il a une illumination ! Changer le monde. Redonner optimisme et foi en l’humanité, tout simplement. Bonne chance à lui…

De l’humour pour ce spectacle qui brasse les bons sentiments, un peu trop peut-être ? Mais c’est sympa, c’est amusant et le comédien se déchaîne !

Brasser l’air et s’envoler
du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
15h40 1h05
SCALA PROVENCE (LA) 

auteur⸱ice
De Xavier Guelfi
équipe artistique
François Rollin - Mise en scène
Xavier Guelfi - Interprétation
Quentin Maudet - Lumière
Laura Thavenot - Scénographie
Juliette Bayi, Thomas VDB - Collaboration artistique
La Scala Productions & Tournées


Bigre  21H15 Vendredi  10 JUILLET 21H15

 



"Le mélo burlesque au succès phénoménal, Molière de la Comédie 2017 Il était une fois, aujourd’hui, trois petites chambres de bonnes haut perchées sous les toits qui dominent Paris. Un gros homme, un grand maigre et une blonde pulpeuse sont voisins de couloir. 

L’histoire serait joliment romantique si ces trois hurluberlus n’avaient comme particularité de tout rater. Absolument tout. Les catastrophes s’enchaînent, les gags pleuvent, tandis que ces trois fantoches s’accrochent à tout ce qui ressemble à l’amour, à la vie ou à l’espoir."

Je voulais sortir ma petite-fille de ses Molière et Shakespeare chéris et j’ai choisi ce spectacle contemporain que tous les critiques  parisiens me présentaient  comme un « mélo burlesque au succès phénoménal » : A hurler de rire ! - L'Obs Une véritable déflagration comique ! Télérama pour ne citer qu’eux ! A voir en famille selon les recommandations !

Que n’avais-je fait !  Sur scène un gros et un maigre façon Laurel et Hardy. Pourquoi pas ? Un gros épris d’ordre et de gadgets contemporains façon Tati ? Pourquoi pas ? Il tape dans les mains et la cuvette des Wc sort de son placard. Hum !  Mais lorsqu'il baisse son slip pour s’asseoir dessus ou lorsqu’il prend sa douche nous gratifiant de la vision de ses fesses en gros plan alors ça se gâte ! Voilà mon ado furieuse, qui fulmine à côté de moi, dans un silence effroyablement éloquent !  Ajoutez-y le son chaque fois qu’ils vont uriner dans les toilettes communes à cet étage de chambres de bonnes, sans compter le bruitage d’une diarrhée en prime… là je ne la tiens plus ! Une colère ! Rien ne la fait rire. Mais comme nous avons pour politique de ne pas sortir avant la fin pour ne pas gêner les spectateurs et les comédiens, nous restons coincés jusqu’à la fin, la colère étant proportionnelle à la durée du spectacle !

Impossible avec ça, d’apprécier ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant dans cette pièce  ! 
Vive Molière !



du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
21h15 1h30
SCALA PROVENCE (LA)

auteur⸱ices
De Pierre Guillois, Agathe L’huillier, Olivier Martin-Salvan
équipe artistique
Pierre Guillois - Mise en scène

Pierre Guillois en alternance avec Bruno Fleury - Interprétation
Agathe L’Huillier en alternance avec Éléonore Auzou-Connes ou Anne Cressent - Interprétation
Jonathan Pinto-Rocha en alternance avec Pierre Delage - Interprétation
La Scala Productions & Tournées


L’affaire du tueur de l'ombre Dimanche 12 JUILLET 16H20 

 


 

« Découvrez la nouvelle pièce de Grégory Bellanger : un thriller palpitant inspiré d'une histoire vraie.

Le tueur de l'ombre est l'insaisissable meurtrier qui sévit au début des années 70 et répand la terreur dans la petite ville de Nogent-sur-Oise. Sa particularité : il ne tue que des femmes brunes en pleine nuit.

03 novembre 1974. Après cinq années d'enquête infructueuse et six meurtres, le jeune inspecteur Daniel Neveu est muté à la Police Judiciaire de Nogent-sur-Oise où il se voit confier l'enquête. Obnubilé par cette affaire, il va véritablement traquer le tueur et tenter de le comprendre en utilisant des techniques de profilage encore méconnues en France.

Une plongée au coeur d'une enquête retentissante et d'une petite ville ouvrière marquée à tout jamais par ce tueur de femmes »


Là, c’est le choix de ma petite-fille. Elle  adoré et moi j’ai aimé ! Il faut dire que la mise en scène et la scénographie sont ingénieuses, la vidéo, la création-lumière aussi et les comédiens très bien.  Une belle affiche !

du 4 au 25 juillet relâche les 9, 16, 23 juillet
16h20 1h25
PRÉSENCE PASTEUR

auteur⸱ice
De Grégory Bellanger

équipe artistique
Léa Marie- Saint-Germain - Mise en scène
Adrienne Ollé - Mise en scène
Grégory Bellanger - Interprétation
Aurélien Gouas - Interprétation
Clara Leduc - Interprétation
Léa Marie-St-Germain - Interprétation
Morgan Perez - Interprétation
Laurent Dubesset - Vidéo
Marie Hervé - Scénographie
Delphine Ceccato - Diffusion
Sarah Ancel - Création lumière
Jonathan Aubart - Musique
Dany Blin - Musique
Malou Galinou - Costumes
Les Poulbots


Filles d'Ariane 12h25 Jeudi 23 Juillet

 


"Construite à la façon d'un policier, "Filles d'Ariane" suit l'enquête de Fleur, une adolescente qui tente de comprendre qui était sa mère. Ses recherches l'amènent à sonner à la porte d'un homme qu'elle croyait inconnu mais qui semble la reconnaître au premier regard. Fleur en est alors convaincue : cet homme en sait plus qu’il ne veut l’admettre. Ensemble, ils décident de replonger dans le passé pour enfin révéler à la jeune fille le secret qui entoure sa naissance."

Des idées de mise en scène !

du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet
12h25 1h15
ALYA, L'ESPACE

auteur⸱ice
De Martin Kindermans
équipe artistique
Martin Kindermans - Mise en scène
Valentine Daruty en alternance avec Constance Arnoult - Interprétation
Thomas de Fouchécour en alternance avec Martin Kindermans - Interprétation
Alexis Parmé - Régie générale
Camille Bonsergent - Scénographie
Juliette Thibault - Costumes
Kevin Galie - Musique
Anna-Marie Holmes - Musique
Ludwig Minkus - Musique
Evergreen Symphony Orchestra - Musique
Christophe Paris - Diffusion


JEUNE PUBLIC


NUAQ   Dimanche 19 Juillet

 


"NUAQ est l’histoire d’une jeune Inuit qui confronte ses rêves aux désirs toujours plus insistants de toute une communauté. La jeune fille possède le don de « rêver utile ». Se laissant d’abord dévorer par l’ambition des villageois qui l’entourent, elle va devoir apprendre à résister, connaître l’exil, et affronter un retour à ses racines en imposant l’idée d’un rêve libre, loin de toute rentabilité. À partir d’ une esthétique minimaliste et riche de symboles, le spectacle qui se déploie sur un pop-up aborde les thématiques de la perte et de la force du rêve. Tout en poésie et en délicatesse, ce spectacle de théâtre et marionnettes se crée à hauteur d’enfant. " 

Beau mais froid ! ( sans jeu de mots)/; Mon petit-fils ( 5 ans) s'est ennuyé. 
 

Ecole du spectateur 14H45


VERSANT VIVANT MARDI 21 JUILLET

 

 
 
 
"Concert dessiné et animé. Un voyage en montagne au rythme des cycles du vivant.
description
Prix du jury du Festival Au bonheur des mômes 2024

Au creux de la montagne, les êtres s’endorment : humains, animaux, domestiques ou sauvages, proies ou prédateurs, tous se retrouvent en rêve pour une trêve bienvenue.
Dans ce territoire commun, les échelles de temps et d’espace s’entremêlent et se confondent, un battement d’aile dure une saison, les arbres puisent leur sève à la lumière des étoiles, les stalactites grandissent à vue d'œil...
Les liens qui unissent les différents cycles du vivant se révèlent, immémoriaux, inattendus.
Un dialogue entre musique et dessin s'instaure autour de la question du temps qui se déploie de part et d’autre de la scène."

 J'ai aimé mais mon petit-fils beaucoup moins.

 
Ecole du spectateur 11H   

lundi 27 juillet 2026

Florence Arthaud / Jean-Benoît Patricot : Cette nuit le mer est noire/ Une femme à la mer

 

 

 Florence Arthaud : Cette nuit la mer est noire 


« J’ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l’eau. Il fait nuit noire. Je suis seule […]. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau. » 


Une femme à la mer

Une femme à la mer est l’adaptation théâtrale de Jean-Benoît Patricot mise en scène par Stéphane Cottin du livre de Florence Arthaud :  Cette nuit la mer est noire dans lequel elle raconte comment elle a failli perdre la vie le samedi 29 octobre 2011 alors qu’elle naviguait seule à bord de son voilier au large du Cap Corse. Lorsqu’elle tombe à la mer, elle n’a pas de gilet de sauvetage, elle est alourdie par ses bottes et ses vêtements, elle n’a pour tout éclairage que sa lampe frontale, elle est loin de toute côte et l’eau est à douze degrés. Elle voit son bateau s’éloigner d’elle et d’un seul coup la certitude de la mort s’impose à elle. Elle  partage avec nous ses pensées, l’angoisse, le refus de la mort. Alors qu’elle a triomphé tant de fois lors de ses grandes courses solitaires, affronté les quarantièmes rugissants sans faiblir, elle va être vaincue lors d’une simple croisière sur une mer calme. Pourtant, elle ne se résigne pas à abandonner la lutte pour sa survie même si elle a peu d’espoir. Ce qui va la sauver c’est son téléphone portable qu’elle découvre dans la poche de son survêtement  et l’appel qu’elle peut passer à sa mère puis à son frère qui appelle les secours. L’épuisement la gagne.  Elle n’est sauvée qu’au dernier moment quand ses forces la lâchent et qu'elle est récupérée par un hélicoptère.

Sur scène, le décor :  la mer et le ciel, images projetées sur un écran de fond de scène et de belles lumières jouant sur le clair-obscur. La comédienne évolue devant la mer, suspendue dans les airs par des filins élastiques qui s’allongent, s’étirent, remontent et redescendent son corps balloté par les vagues, donnant l’impression qu’elle évolue dans un milieu liquide et qu’elle se maintient à la surface de plus en plus difficilement.

Je n’ai pas lu le livre mais Nathalie Lucas qui interprète le personnage de Florence Arthaud nous fait partager cette lutte pour la survie et le courage, la force de volonté de cette femme qui  a toujours eu, au fond d’elle-même, ce besoin de se colleter  à la difficulté et cet amour de la mer et de la navigation. Un bon spectacle que l’on suit avec beaucoup d'intérêt et qui nous tient en haleine..

 


du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet
11h40 1h10
GÉMEAUX (THÉÂTRE DES) 
Salle : Salle des Colonnes - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 10 ans

auteur⸱ices
De FLORENCE ARTHAUD
Adaptation : Jean-Benoît Patricot
équipe artistique
Stéphane Cottin - Mise en scène
Nathalie Lucas - Interprétation
Moïse Hill - Lumière
Cyril Giroux - Musique
Marc Bizet - MBTA - Acrobatie
Chouchane Abello - Costumes
Oval Théâtre des Gémeaux Parisiens



 


vendredi 24 juillet 2026

Léna Ghar : Tumeur et Tutu adapté par Emilie Faucheux


Je n'ai pas lu le livre de Léna Ghar Tumeur et Tutu ( Tu meurs et tu tues) mais l'adaptation d'Emilie Faucheux au théâtre est puissante et le seule en scène qu'elle nous donne, haletant, intense.

Voilà une comédienne qui ne croit, comme je l'ai vu parfois dans certains spectacles, qu'incarner un personnage, c'est juste changer d'écharpe ou de chapeau ! Non ! Elle est cette petite fille de trois ans, puis cette adolescente, enfin cette adulte, qui, pour échapper à la violence de sa mère, à sa domination malfaisante et destructrice, aux humiliations, aux coups, s'invente des mots, joue avec le langage, et dessine le monstre qui est en elle et qui l'étouffe. Peut-être si elle parvient à le nommer, à trouver le mot juste, peut-être pourra-t-elle s'en libérer ? A moins que ce soit les mathématiques qui y parviennent ? Les mathématiques pour résoudre l'équation du Bonheur ?  Ces dessins, ces jeux de lumière, ces traits hachurés, ces graphismes en noir et rouge envahissent la scène projetés sur l'écran, rythmés par une musique qui se fait parfois brutale, obsédante, scandés par ses cris répétitifs...

Mais elle est tous les personnages, la mère, la grand-mère,  sa voix se transforme, son physique aussi. Elle est aussi Météore, son amante, qui pourrait peut-être la sauver et tuer le monstre en elle ? Mais guérit-on jamais vraiment de son enfance ?

 Un beau spectacle et une interprétation remarquable !

 

 TUMEUR ET TUTU

du 4 au 25 juillet relâche les 9, 16, 23 juillet
14h50 1h25
PRÉSENCE PASTEUR
Salle : Salle Jacques Fornier - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 14 ans
Avertissements : Utilisation de stroboscope 
auteur⸱ice
D'après Léna Ghar
 
équipe artistique
Emilie Faucheux - Interprétation
Guillaume Junot - Création lumière
Paul Bertrand - Création son
Anne de Bréchard - Administration
Chloé Fourcault - Dessin
Thomas Journot - Photographie
Karine Jurquet - Collaboration artistique
Claire Lacroix - Diffusion
David Néaud - Musique
UME THEATRE
Compagnie française
 

 

jeudi 23 juillet 2026

Shakespeare : Le conte d'Hiver mise en scène Sabine Langlade

 

 

J'ai  vu  et commenté Le conte d'Hiver dans mon blog au festival d'Avignon il y a de nombreuses années et voilà que je le revois en 2026. Et j'éprouve la même stupéfaction que la première fois. Pourtant je m'étais donné beaucoup de mal pour comprendre la pièce dans un billet de 2012 ICI  et  je ressens à nouveau la même incompréhension.  Je l'ai vue, je l'ai lue et je l'oublie ! Je redécouvre l'histoire, je m'y ennuie, et je suppose que quelle que soit la mise en scène cela risque d'être toujours le cas.

Drôle de pièce !  Je n’ai pas aimée cette dichotomie tellement grande entre la première partie (3 actes) qui est une tragédie et une seconde partie ( 2 actes) qui est une comédie champêtre suivie d’une réconciliation avec un heureux dénouement..



La tragédie

Polixène, Léonte et Hermione dans la mise en scène de Sabine Anglade

 

 Le roi de Sicile Léonte et le roi de Bohême Polixène sont amis depuis l’enfance.  Polixène a rendu visite à son ami en Sicile et annonce son départ. Léonte le prie de rester quelque temps encore mais celui-ci refuse, alléguant des affaires urgentes. Léonte demande alors à sa femme Hermione d’intervenir et celle-ci finit par convaincre Polixène de prolonger son séjour. Il n’en faut pas plus à Léonte pour devenir fou de jalousie, soupçonner son épouse d'adultère et de porter un enfant qui n’est pas de lui.
Il  cherche à tuer Polixène qui parvient à fuir grâce au serviteur de Léonte, Camillo, qui refuse d’être complice d'un crime odieux et injuste. 
Léonte fait emprisonner Hermione qui accouche en prison d’une petite fille nommée Perdita ( l’enfant perdue). L'enfant est abandonnée par Antigonus, noble sicilien, sur ordre de Leonte, dans un pays qui n'est autre que la Bohème. Lors de son procès Hermione est innocentée par l’oracle de Delphes mais humiliée, maltraitée, elle se laisse mourir. Son premier enfant, Mamillius meurt de chagrin. Le roi a donc perdu à la fois sa femme, son premier né et sa fille. 
Une sombre tragédie qui rappelle, bien sûr, Othello, mais le personnage d’Othello est plus développé et l’étude de la jalousie plus approfondie, Othello et Desdémone étaient les jouets de Iago et de sa machination perverse alors que Le conte d’Hiver surprend par sa rapidité et l’aspect irrationnel de la jalousie.  
Evidemment, la pièce à une résonance de nos jours dans la dénonciation du féminicide et je comprends qu’elle puisse attirer les metteurs en scène qui cherchent à actualiser la pièce. Elle est l’exemple de la violence faite aux femmes par l’homme qui détient le pouvoir sur elles. Mais comment concilier cela avec ce qui suit ?


La pastorale et le dénouement

 

La Statue d'Hermione

 

 En Bohème, Perdita est recueillie par un vieux berger et son fils qui l’élève comme sa fille ( comme Oedipe!).  Quand elle a seize ans, elle est courtisée par Florizel qui veut l’épouser lors de la fête pastorale de la tonte. Or Florizel est le fils de Polixène qui interrompt la fête et empêche le mariage.  Le couple décide alors de fuir avec Camillo et devinez où ? En Sicile !
Le dénouement verra, bien sûr, la réconciliation des amis, le retour de Hermione qui n’est pas morte ( sa statue est amenée à la cour et d’un seul coup s’anime!) et le mariage de Perdita et Florizel !  La tragédie se termine en comédie.

Voilà quelle a été mon impression devant la représentation de cette pièce et la mise en scène de Sandrine Anglade, à tort ou à raison,  ne m’a pas convaincue d’y adhérer. J’ai eu l’impression d’assister à un collage de deux histoires antithétiques sans unité et sans grand intérêt.


Le Conte d’hiver : la cause et le jeu ou le règlement de comptes/conte

 

Depuis je suis tombée sur un article de Danièle Berton-Charrière ICI  intitulé Le Conte d’hiver : la cause et le jeu ou le règlement de comptes/conte aux Presses universitaires de Paris-Nanterre.  Je vous donne la référence si vous vous intéressez à Shakespeare car il donne des explications érudites et passionnantes sur l’origine et l’interprétation de la pièce.

Je cite : "Le Conte d’hiver emprunte non seulement, pour l’intrigue, au Pandosto de Greene* mais aussi pour la forme, par analogie ou adaptation, aux divertissements aristocratiques du jeu de cour et aux divertissements populaires issus du folklore. Cet étagement rappelle que la romance du Conte d’hiver, outre sa fonction narrative, a aussi fonction de récréation, ce qu’elle affiche en s’annonçant comme un conte pour longue veillée d’hiver, c’est-à-dire comme récit et comme passe-temps communautaire, un divertissement pour tout dire."

"C’est cet aspect que se propose de développer cette étude, en montrant que la pièce emprunte au fond médiéval du divertissement courtois et à ses deux volets, la cour d’amour pour la partie sicilienne, et son contrepoint la pastourelle pour la partie bohémienne…. Ce faisant, elle revisite le lien entre cour royale et cour de justice régulièrement tissé dans la poésie médiévale, par exemple dans le procès d’Hermione."


 

*Robert Greene écrivain, dramaturge, plus âgé que Shakespeare, et son principal rival

 

 Le conte d'Hiver

du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
12h30 1h50
CHÊNE NOIR (THÉÂTRE DU) 
Salle : Salle Léo Ferré - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 12 ans

auteur⸱ice
De William Shakespeare

Sandrine Anglade - Mise en scène
 

Héloïse Cholley - Interprétation
Florent Dorin - Interprétation
Damien Houssier - Interprétation
Laurent Montel - Interprétation
Nina Petit - Interprétation
Sarah-Jane Sauvegrain - Interprétation
Rony Wolff - Interprétation
Clément Camar-Mercier - Traduction
Compagnie Sandrine Anglade


 

mercredi 22 juillet 2026

Bertold Brecht : Le cercle de craie caucasien mise en scène Charlotte Mazneff


 

Le cercle de craie caucasien de Bertold Brecht a été écrit en 1945, publié en 1949 quand Bertold Brech revient à Berlin après l’exil en Scandinavie et aux Etats-Unis par le gouvernement nazi. Le cercle de craie caucasien est inspiré du jugement de Salomon et d’une pièce de théâtre chinoise Le cercle de craie mise en scène par le dramaturge allemand Klabund en 1925.
 

Dans Le cercle de craie caucasien, en Géorgie, la révolution fait rage. Le gouverneur est exécuté et sa femme part en toute hâte emportant ses beaux vêtements mais oubliant son bébé, Michel. Groucha, la servante au grand coeur, le recueille et fuit dans les montagnes du Caucase poursuivie par les soldats qui traquent le jeune héritier. Elle échappe à mille dangers, à la faim, au froid, aux dénonciations, traverse un précipice sur une échelle, dupe ses ennemis et finit par arriver chez son frère. Pour sauver Michel toujours recherché, elle fait passer l'enfant pour le sien et accepte de se marier avec un fermier Youssouf qui est, dit-on, proche de la mort. Mais la fin de la guerre redonne vie à Youssouf qui, en réalité, feignait d’être mourant, et désormais Groucha est mariée contre son gré. Elle reste fidèle en pensée à son fiancé Simon qu’elle aime toujours. Cependant quand celui-ci revient au pays,  il rompt les fiançailles. 


Groucha franchit le précipice: photo Gregory Matzneff


Quand la paix revient, les soldats retrouvent Michel réclamé par sa mère naturelle. C’est le juge Azdak, écrivain, homme du peuple, qui va juger qui est la véritable mère. Il soumet les femmes à l’épreuve du cercle de craie. Celles-ci doivent tirer l’enfant par le bras, chacune de leur côté du cercle. La plus forte remportera la victoire. Groucha refuse de faire du mal à son enfant. C’est elle qui considérée comme la vraie mère. Azka  prononce le divorce de Groucha et celle-ci peut retrouver Simon qui adopte Michel. 


Le jugement du cercle de craie photo Gregory Matzneff


La pièce explore le thème de l’amour maternel libéré de tout égoïsme. Le dévouement de l’humble fille de cuisine envers l’enfant, sa bonté, la sincérité de l’amour entre Simon et Groucha, montrent la supériorité morale du peuple sur l’égoïsme du pouvoir. Pourtant le manichéisme est en partie écarté car les soldats violents qui poursuivent le bébé, la paysanne qui trahit Groucha, le vieux paysan madré et lâche qui feint d’être mourant pour éviter les violences de la guerre, ne sont pas des personnages positifs. 

La mise en scène de Charlotte Mazneff et la performance des comédiens du Grenier de Babouchka, offrent, comme d’habitude, un spectacle de qualité. Une multitude de personnages incarnés par les huit comédiens occupent la scène avec brio, figurant tour à tour les hommes de pouvoir, nobles, gouverneur, juges, mais aussi serviteurs, soldats, paysans et paysannes, pour faire revivre les dangereuses aventures de Groucha. Le tout est très enlevé, en musique et en chansons. Les décors mobiles et évolutifs figurent tour à tout, le palais du gouverneur, une montagne vertigineuse, une isba modeste, un chariot, une salle de justice, les costumes et les éclairages sont aussi très réussis. 

 

du 4 au 25 juillet relâche les 8, 15, 22 juillet
12h05 1h35
CHIEN QUI FUME (THÉÂTRE DU)
Salle : Chien Qui Fume - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 11 ans

auteur⸱ice
De Bertolt Brecht

 
Charlotte Matzneff - Mise en scène
Fanny Chasseloup - Interprétation
Antoine Guiraud - Interprétation
Geoffrey Palisse - Interprétation
Sophie Raynaud - Interprétation
Victoria Ribeiro - Interprétation
Agathe Sanchez - Interprétation
Tanguy Vrignault - Interprétation
Philipp Weissert - Interprétation
Tonio Matias - Musique
Antoine Milian - Scénographie
Moïse Hill - Lumière
Corinne Rossi - Costumes
 
GRENIER DE BABOUCHKA