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dimanche 1 mars 2026

Ulf Kvensler : Sarek / Karine Engberg : L’île de Bornholm

  

 La randonnée annuelle en montagne d’Anna, de son mari Henrik et de leur amie de longue date, Milena, semble compromise cette année.
Henrik en congé traîne sans énergie dans l’appartement, dans une méforme totale, Anna a trop de travail et doit repousser leur départ au mois de septembre mais quand, en plus, Milena leur demande d’accepter son nouveau petit ami, Jakob, dans le groupe, rien ne va plus ! Partir avec un inconnu en montagne où chaque membre de l’équipe se doit d'être solidaire, c’est délicat. Pourtant comment refuser ? 
La randonnée s’annonce mal et ceci d’autant plus que Anna et bientôt Henrik ont de sérieux doutes sur Jakob qui semble mentir et être peu fiable. De plus sa conduite envers Milena est peu sympathique. Pourtant, quand il leur propose de changer de destination et de partir dans le Sarek, ils finissent par accepter.
Le Sarek, le plus vaste parc national de la Suède du Nord, en Laponie, avec des espaces complètement déserts, de hauts pics, des glaciers, des rivières à franchir, n’est pas une montagne de tout repos et il faut de solides compétences pour l’aborder. La neige y tombe dès le mois de septembre et c’est le domaine des ours. Le défi est de taille et semble bien vite virer à la catastrophe.

Dès le début du roman, Anna est retrouvée en état d’hypothermie, à peine consciente, avec des marques de strangulation, le bras droit cassé. Les autres personnages n’ont pas été retrouvés, semble-t-il. Est-elle la seule survivante ? Que s’est-il passé ?
Les détails de la dramatique excursion sont racontés peu à peu par Anna sur son lit d’hôpital à l’inspecteur Anders Suhonen. C’est par son récit, au cours de l’enquête policière, que nous découvrirons ce qui s’est passé. Un autre point de vue viendra ensuite compléter le récit.

Le côté suspense a bien fonctionné pour moi et c’est avec plaisir que j’ai suivi cette histoire inquiétante où les ressorts psychologiques jouent un rôle important. Le suspense dure longtemps et si j’ai compris le noeud de l’intrigue un peu avant la fin, j’ai été tenue en haleine tout au long de ma lecture. Ce que j’ai aimé aussi dans le roman, c’est la description de ces lieux sauvages, d’une beauté grandiose mais inhospitalière, la difficulté de la marche sur les glaciers, au-dessus de précipices vertigineux, ou dans les eaux de torrents tumultueux !



Keisha n’a pas été enthousiaste :  Voir Ici 

 

Karine EngbergL’île de Bornholm

 


Ca commence… mal ! Si je puis dire  ! Par la découverte d’un demi-corps scié dans le sens de la longueur, enfermé dans une valise découverte dans un parc public où jouent les enfants. Et comme on cumule les horreurs, ajoutons un corps scié quand le pauvre malheureux était encore vivant (sinon, où serait l’intérêt ?)  ! On découvrira l’autre demi-corps plus tard et comme 1/2+1/2   = 1 , voilà on y est, on a la victime entière ! (C’est mathématiques ! ). Avant de retrouver le corps entier, les policiers ont bien du mal à  identifier le cadavre !

Je dois le dire, j’en ai un peu assez des écrivains de polars qui surenchérissent dans l’horreur pour susciter l’intérêt de lecteurs pensant ainsi réveiller l’intérêt de lecteurs blasés et morbides ! Personnellement ce ne sont pas les détails sordides qui m’intéressent mais la psychologie des personnages, l’analyse sociale, la description d’un lieu, d’une région, de ses coutumes, et éventuellement le suspense, le mystère, qui peut naître de la situation.

Heureusement on peut s’intéresser à certains personnages : aux enquêteurs, Jeppe Korner a pris un congé d’un an de la police; Il est maintenant bûcheron et coupe des arbres sur l’île Bornholm dans la Baltique. Un dur métier !  On comprend qu’un divorce est à l’origine de sa retraite. Mais comme il s’agit du quatrième livre qui met en scène l’inspecteur et sa collègue Anette Werner, on n’en sait pas beaucoup plus et on reste un peu sur sa faim. J’aurais peut-être dû commencer par le premier.

Anette Werner, toujours en fonction à Copenhague va être chargée de l’enquête qui l’amène justement dans l’île où travaille Jeppe Korner. De là, à lui demander un coup de main, il n’y a qu’un pas, vite franchi, et cela va l’amener à se mettre en danger. Il y aussi Esther, une vieille amie de Jeppe qui vient dans l’île pour travailler sur la biographie de l’ethnologue décédée Margrethe Dybris. Les lettres de cette femme nous renseigne sur le passé des habitants et la vie dans l’île et contribuent aussi à nourrir l’enquête. C’est ce qui m’a le plus intéressée dans le roman avant de me retrouver à nouveau devant la scie circulaire pour risquer une nouvelle découpe... dans le sens de la longueur (bien sûr !). 

 


 


case : Scandinavie  Polar Suédois et danois

dimanche 15 février 2026

Johana Gustawsson : Les morsures du silence

 

 

Les morsures du silence est un polar suédois écrit par une Marseillaise, Johana Gustawsson (voilà qui me rapproche géographiquement mais pour un temps seulement), elle s’est ensuite fixée à Paris, puis à Londres. Mariée à un suédois, elle est désormais franco-suédoise et vit sur l’île de Lidingö, à l’est du centre de Stockholm. C’est là qu’elle situe l’action.

Le roman commence par un prologue d’une telle force qu’il constitue une introduction saisissante au récit qui va suivre.

Il a vingt trois ans a eu lieu le viol et le meurtre d’une jeune fille pendant la sainte Lucie, fête traditionnelle en Suède. Le 13 Décembre, en effet, les jeunes filles vêtues d’une aube blanche, ceintes d’une ceinture rouge, ont coutume de défiler dans une procession jusqu’à l’église. Elles sont conduites par celle qui est élue « Lucia » et dont la tête porte une couronne de bougies. Le coupable du meurtre a été arrêté mais il a toujours clamé son innocence. Or, vingt trois ans après deux jeunes gens puis un homme plus âgé sont assassinés et leur corps est découvert, revêtu d’une aube blanche et d’une ceinture rouge.

Voilà qui interroge forcément le commissaire Alexandrer Storm. Mais quels liens peut-il y avoir entre ces trois victimes et comment rattacher ces meurtres à celui de la jeune fille si longtemps après ?
Alexander Storm va recevoir l’aide d’une policière française, Maïa Rehn, venue s’installer en Suède récemment.L’enquête est donc menée à deux voix qui se répondent et complètent peu à peu le puzzle.

Une intrigue policière qui, à priori peut paraître classique, mais dont le traitement ne l’est pas ! D’abord parce que l’on s’intéresse aux personnages, à leur psychologie, à leur souffrance, un histoire dans l’histoire.  Pourquoi Maïa est-elle venue se réfugier sur l’île ? Que ressent-elle ? Que fuit-elle ? On sent parfois que son comportement n’est pas  tout à fait logique. Et le commissaire Storm a aussi une vie familiale compliquée. Le fait que Maïa soit française nous permet aussi de voir les Suédois d’une autre manière, en recevant des réponses sur leurs habitudes vues par une étrangère, ce qui n’est pas le cas quand l’auteur est suédois de souche !

De plus, l’intérêt du roman n’est pas seulement dans l’intrigue policière mais dans ce que veut dire l’écrivaine sur le viol, sur la sidération des victimes du viol, sur la nécessité du consentement, le véritable thème de ce roman, semble-t-il. Bien sûr, c’est un sujet qui est souvent traité en ce moment (et pour cause ! et tant mieux !) mais c’est fait en l’intégrant d’une manière tout à fait naturelle à l’action et si étroitement que cela ne paraît pas plaqué mais participe à la force du récit.

Donc un bon roman à retenir pour les adeptes du polar suédois. J'avais bien aimé l’atmosphère mystérieuse de son précédent roman L’île de Yule qui se passe aussi sur une petite île de Stockholm.   

 

 Chez Cléanthe




 
Chez Fanja

mardi 3 septembre 2024

Michelle Salter : les ombres de Big Ben et Johana Gustawsson : L’île de Yule

 

Michelle Salter : les ombres de Big Ben, une enquête d’Iris Woodmore

Un petit polar anglais avec un titre bien joli, les ombres de Big Ben, et peut-être plus accrocheur que l’original, de quoi tourner la tête aux lecteurs français. Mais si l’on sait que le titre anglais The Suffragette’s daughter laisse pour ainsi dire Big Ben dans les oubliettes, alors l’on est plus proche de la vérité. Oui, l’héroïne, la journaliste Iris Woodmore, est bien la fille d’une suffragette morte noyée dans la Tamise après une action téméraire et illégitime. Et si le terme de suffragette évoque pour vous la légèreté et la frivolité de ces femmes instruites ( de la bourgeoisie aisée et parfois du milieu ouvrier) qui réclamaient le droit de vote, femmes que, bien entendu, l’on ne pouvait pas prendre au sérieux, du moins c’est ainsi qu’on les présentait,  et bien détrompez-vous ! 

Et c’est justement ce qui m’a le plus plu dans le roman !  La découverte des différents mouvements, du plus pacifique au plus activiste, et des représailles que subissaient ces femmes qui avaient le courage de s’attaquer à la domination masculine : humiliations, coups, prison… La mère d’Iris s’est noyée dans la Tamise après une manifestation de suffragettes qui a tourné mal. C’est du moins ce que croit sa fille.

Le roman commence par un prologue qui se se passe en 1914 et concerne une mystérieuse femme qui fuit une danger tout aussi mystérieux dans le plus pur style Wilkie Collins ! Puis nous retrouvons Iris après la guerre. La jeune fille découvre en interrogeant un témoin, non loin de Big Ben ( et oui, quand même ! ) que sa mère ne s’est pas noyée accidentellement mais qu’elle a sauté volontairement dans le fleuve. Pourquoi ? Est-ce qu’elle a été contrainte ? La police était-elle à ses trousses? Ce sont les questions d’Iris Woodmore et elle décide d’enquêter sur cette mort suspecte. Mais ses investigations lui font découvrir  bien d’autres mystères, une disparition, jusqu’à ce qu’un crime ait lieu dans la riche demeure de Lady Timpson à Crookam Hall. Mais je ne vous en dis pas plus!
 

Le roman n’a pourtant pas le charme d’un Wilkie Collins, il n’est pas assez complexe et approfondi au niveau  de la description de la société et de l’intrigue dont la résolution m’a un peu déçue. Mais il est bien agréable à lire.

L’île de Yule de Johana Gustawsson



Le récit se déroule dans l’île de Yule, près de Stockholm. C’est une île résidentielle recherchée pour son calme, loin des touristes et de la foule. Ceux qui y vivent doivent prendre le bateau pour aller travailler et faire leurs courses. Il n’y a  aucune épicerie, aucun hôtel. Pourtant l’endroit a bénéficié d’une triste publicité. C’est là qu’a été découvert le corps d’une jeune fille pendue à un arbre du manoir Gussman après avoir été torturée. L’assassin n’a pas été retrouvé malgré l’enquête menée par le commandant Karl Rosen. Aussi quand Emma se présente chez les Gussman en tant qu’experte en art pour procéder à l’inventaire des biens de la famille, elle n’en mène pas large. Les Gusmann ne respirent pas la cordialité, c’est le moins que l’on puisse dire, et l’ambiance est plutôt glaciale. D’ailleurs, le propriétaire lui impose des horaires stricts pour éviter de la croiser. Heureusement, le seul café du coin est occupé par une jeune femme chaleureuse, Anneli, et  Emma fait aussi la connaissance de la sympathique Lotta, la conductrice de la navette maritime, et de  Bjorn Petterson qui sert d’intendant aux Gussman comme l’a fait sa famille auparavant. Mais, quelque temps après son arrivée, une autre jeune fille est retrouvée dans la mer et Karl Rosen s’aperçoit bien vite que ce crime a beaucoup de ressemblances avec le précédent.
La lecture est plaisante et pique la curiosité. L’écrivaine crée un atmosphère particulière, étrange, autour de ces crimes mais aussi autour de ce petit garçon qui habite la maison mais semble opprimé par une mère exigeante et peut-être folle ? Et qui est cette Viktoria, la bonne, qui est une femme courageuse mais qui fuit son mari et semble être prisonnière de cette grande maison. On s’intéresse aussi au traumatisme subi par Emma, ce qui l’a isolée de tous et surtout de sa mère. Quant au commandant Rosen, veuf, il surmonte difficilement la perte de sa femme qui s’est accidentellement noyée. On suit donc ces  personnages  avec intérêt ainsi que l’intrigue qui est bien menée. Un bon roman policier.


jeudi 23 mai 2024

Stockholm : Vasa Museet ou Le musée du Vasa

La poupe et le Beaupré du Vasa

Lors de mon second voyage à Stockholm, je suis retournée voir le Vasa dans son musée au bord de l'eau. Je reprends ici le billet que j'avais écrit en 2015 en complétant les commentaires et en ajoutant des images.
 
 
La proue du Vasa

 
 
Le musée de Vasa ou Vasamuseet porte le nom du vaisseau de guerre qui a coulé il y a presque quatre cents ans dans le port de Stockholm. Après avoir été renfloué, il est maintenant exposé à la curiosité des visiteurs. Intéressant, oui ! Mais mieux que cela, passionnant, beau et aussi émouvant quand on évoque la vie de ces passagers qui ont péri pendant le naufrage et des marins qui vivaient à bord et qui n'étaient pas mieux traités que du bétail ! Voilà un musée qui allie à une belle recherche muséographique, une conception intelligente de l'Histoire en faisant revivre le passé et en tenant compte de tous ses publics, enfants et adultes. Il y a même une salle de legos où, après la visite, les enfants peuvent s'amuser à reconstituer le bateau ! 


Vasamuseet sur l'île de Djurgarden (A l'arrière-plan, le Nordisca museet)
 
 
Semblable à un  navire, le musée construit pour abriter le Vasa, se dresse au-dessus de l'eau. Les trois mâts qui dépassent de son toit ne sont pas ceux du Vasa qui n'ont pu être reconstitués entièrement mais des éléments décoratifs de ce bâtiment.


En s'élevant dans les étages les détails de la proue nous apparaissent

 
Vasa, ce navire aux proportions gigantesques, s'élève sur les sept étages du musée qui l'encerclent permettant aux visiteurs de le découvrir de la proue à la poupe, de la carène aux mâts, dans une demi-obscurité, son bois patiné et luisant, dévoilant les sculptures qui le parent, les sabords des canons ouverts, ses trois mâts épais se dressant démesurément vers le ciel alors qu'il ne reste d'eux que la première partie. 
 
On dirait un géant prisonnier entre les murailles qui l'enserrent. C'est l'impression que vous ressentez quand vous pénétrez dans le bâtiment au niveau du premier étage qui correspond à la ligne de flottaison. Une surprise, un écrasement! Et nous voilà embarqués, c'est le cas de le dire, vers un voyage dans un passé éloigné de nous de près de 4 siècles.

Vasa, le navire de guerre a été construit au XVIIème siècle

Le Vasa fut commandé en 1625 par le roi Gustave II Adolphe qui souhaitait un navire de guerre hors du commun pour écraser ses adversaires et témoigner de sa puissance. Ce devait être le plus grand vaisseau de son temps, cinq étages au lieu de quatre, le plus lourdement armé (48 canons), capable de transporter 445 hommes dont 330 soldats. Un monstre né du délire d'un souverain mégalomane.
 

Gustave II Adolphe, roi de Suède



Lors de sa première sortie, le 16 août 1628, le voilier avança de quelques mètres, mais secoué par une rafale de vent, se coucha sur le côté et sombra. Quarante à cinquante personnes ne purent se dégager et périrent avec lui. Ce n'est qu'en 1961 que le navire put être renfloué.
 

La figure de proue : un lion; et le Beaupré, le mât fortement incliné sur la proue
 
 
Chaque étage du musée construit autour du bateau est consacré à une étude particulière : Les difficultés de la construction, les causes du naufrage, la recherche des responsabilités, les étapes du renflouement du navire, les techniques de restauration, de conservation. 
 
 
Maquette de la constuction du Vasa

 
Nous apprenons tout, aussi, sur les différentes parties d'un voilier, les voiles, les mâts, sur la vie des marins à bord d'un voilier... 
 
 
 



Les sabords et le porte-hauban, pièce de bois ou sont fixés les haubans, cordages qui soutiennent les mâts
 
 
Maquette de l'intérieur du navire et des métiers de marin
 
 
Maquette de la vie et des métiers à l'intérieur du navire
 
 
Reconstitution du logement des officiers
 
 
 Les voiles dont il ne reste que des vestiges n'ont pu être reconstituées...
 
 
 vestiges des voiles du Vasa

 
mais une image datant de 1626 du navire The Kronor permet  d'imaginer comment le Vasa était équipé.
 
 
Les voiles du Kronor navire de 1626

 
Les sculptures qui ornent la proue, la poupe et les flancs de Vasa sont détaillées et leur symbolique révélée.. Elle sont toutes à la gloire du roi de Suède Gustave Adolphe II et elles encouragent les Suédois à cultiver toutes les vertus dont fait preuve le roi : courage, sagesse et piété !  Il aurait dû ajouter la modestie ! Elles étaient toutes peintes de couleurs vives et d'or et le navire était flamboyant ! 
 

Une animation lumineuse permet d'imaginer le navire entièrement peint 
 
 
 
Répliques peintes des sculptures du Vasa

 
 
Mais la technique n'est pas tout ! L'humain est pris en compte aussi. Les conditions de vie des marins, des canonniers, les règles draconiennes qui les régissaient, nous permettent de mieux comprendre quelle était la vie à bord. Des animations vidéos, des maquettes, des reconstitutions mettent l'histoire à portée de l'imagination. Au sous-sol, sous la quille du navire, les squelettes des hommes et des femmes qui sont morts dans le naufrage ont permis de recréer le visage du disparu et de le vêtir grâce à la morphologie du crâne, l'étude des os, des dents, les lambeaux de tissus, les boutons, les objets retrouvés sur eux. Nous sommes au plus près de ce qu'ils ont pu être ! Le risque d'erreur existe mais ils revivent d'une manière saisissante, presque en chair et en os, devant nous! Saisissant ! Jugez plutôt ! Beaucoup d'émotion dans cette recherche muséographique !
 

Reconstitution d'un marin, victime du naufrage

Reconstitution d'un marin, victime du naufrage  



Quelques images



Vasa : le pont et les écoutilles donnant aux cales 


Le château d'arrière, logement des officiers.


Stockholm : Vasa le navire renfloué est exposé dans le Vasamuseet sur l'île de Djurgarden
Vasa, la proue, navire guerrier commandé par le roi de Suède, Gustave II Adolphe

 

La poupe du Vasa

 

 

Les sculptures (détails)



Les sabords et les haubans (détails)


En s'élevant dans les étages


Et pour mériter de participer à Book Trip et de gagner mes galons, j'ajouterai qu'il y a un roman où le personnage principal se trouve à bord du Vasa quand il coule ! Bienheureusement pour les lecteurs, il parvient à s'échapper et à poursuivre ses aventures : Olivier Truc : Le cartographe des Indes boréales ICI .



vendredi 10 juillet 2020

Camilla Grebe : L'archipel des larmes


Autour de meurtres horribles et de femmes crucifiées, trois enquêteuses, policières, et une professeur d’université, vont mener une enquête qui se prolongera, d’une femme à l’autre,  de 1944 à nos jours, à la poursuite de celui que l’on a appelé : l’assassin des bas-fonds. C’est le sujet du thriller de Camilla Grebe qui se déroule à Stockholm et permet à Camilla Grebe d’explorer un thème féministe ayant pour fond l’histoire de son pays.

Je n’ai pas lu L’archipel des larmes  de Camilla Grabe, prix du meilleur roman suédois 2019, mais je l’ai écouté aux éditions Audiolib que je remercie pour cet envoi, texte dit par Audrey Sourdive.
C’est une de mes rares expériences de livre audio et c’est pourquoi, je commence mon billet par mon ressenti en l’écoutant. Je l’ai trouvé bien interprété par une comédienne qui fait entendre les voix des différents personnages et nous permet ainsi de les imaginer. Mais contrairement à la lecture personnelle et silencieuse, je pense que ces longues heures d’écoute ( ce qui pour moi est plus fatigant que lorsque je lis moi-même) met en relief - et m’a permis ainsi de les remarquer-  certains imperfections du livre, tics de langage qui reviennent souvent sous la plume de Camilla Grebe, comme l’expression « les papillons dans le ventre », certains moments répétitifs dans le discours féministe, et l’aspect un peu trop didactique de l’histoire des femmes dans la famille et le travail, en particulier dans la police. 
 Et puisque j’en suis à mon ressenti négatif, je note aussi que la quasi-absence de personnages masculins positifs me paraît aussi trop démonstratif et systématique. Maris ou chefs, il y en a peu qui plaident en faveur de la gent masculine. Je sais bien que la misogynie n’a jamais cessé au cours des siècles et que l’égalité des sexes n’est encore qu’un rêve lointain. Mais, tout de même, oui, il y a des hommes qui se comportent autrement. Ce serait intéressant de les montrer. Heureusement, Camilla Grebe introduit avec le dernier personnage de la jeune Malin, mère d’un petit garçon, une autre idée qui me plaît et qui compense un peu cette peinture caricaturales des hommes : lorsque, dans le travail, les femmes peuvent enfin accéder aux postes supérieurs, elles se comportent de la même manière que les hommes et discriminent les femmes qui cherchent à concilier travail et enfants mais pas obligatoirement au détriment de l’enfant. Il s’agit d’une question de pouvoir et non de sexe.
D’autre part, c’est un détail qui a de l’importance pour moi, je n’aime pas les portraits qui donnent trop de détails vestimentaires. Parfois, oui, quand ils apportent des renseignements sur le caractère et la classe sociale du personnage mais systématiquement, non ! Qu’il ait une cravate rayée ou unie n’est pas essentiel !

Ce que j’ai aimé dans le roman, c’est l’originalité de la construction romanesque qui s'appuie, chaque fois, sur un destin de femme différent et permet de prendre la mesure de l’évolution de la conditions féminine des années 40 à nos jours : en 1944, lors du premier meurtre, Elsie ne peut être que « aide policière » dans son commissariat et son chef la méprise; en 1971, Britt-Marie est intégrée dans la police mais bien qu’elle soit la meilleure tireuse du groupe, et une bonne enquêtrice, on la cantonne au secrétariat. Dans les années 80, Linda, de milieu populaire, est une jeune adjointe optimiste et gaie. Hanne qui devient son amie, issue d’un milieu bourgeois intellectuel, a fait de hautes études et est devenue profileuse. Si certains collègues masculins la considèrent comme une égale et même ont de l’admiration pour elle, elle subit encore le harcèlement d’un supérieur éconduit. Enfin Malin, à notre époque, est elle aussi discriminée mais par une femme. L’égalité n’est pas encore à l’ordre du jour mais elle a désormais des moyens de se défendre. Ces personnages féminins sont très attachants et l’on ne peut qu’être en empathie avec elles.
L’enquête est suffisamment compliquée pour que l’on se demande tout au long du roman qui peut être le coupable. En tout cas, je n’avais pas deviné.

Les inconditionnels de Camilla Grebe seront conquis. Pour ma part, malgré mes restrictions, j’ai pris plaisir à suivre le récit de ces femmes courageuses et victimes.


Merci à Masse critique et aux éditions Audiolib 


 

dimanche 8 mars 2020

La citation du dimanche : Camilla Grebe : les réseaux sociaux

Camilla Grebe
Dans L’ombre de la baleine, roman policier, l’écrivaine suédoise, Camilla Grebe, ne se prive pas de jeter un coup d’oeil critique sur notre société et en particulier sur notre addiction aux réseaux sociaux. Je n'ai pas encore commenté le livre mais, en attendant, voilà de quoi, nous interroger sur nous-mêmes et sur notre société.

Le syndrome du "J'en ai plus rien à foutre du temps présent"
Voir dessins humoristiques sur notre addiction aux réseaux sociaux

L’un des personnages secondaires, Martin, est étudiant en sociologie. Il discute avec Manfred, le narrateur, et son épouse Afsaneh sur le sujet de sa thèse, le narcissisme.

« - Le narcissisme ou plus précisément, pourquoi les personnalités narcissiques sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui. (…)
J’interviens
- Mais pourquoi serions-nous devenus plus narcissiques?
Martin a un sourire en coin.
-La société a changé, les structures sociales ont éclaté, la plus petite unité n’est plus la famille, mais l’individu. S’ajoute à cela la montée en puissance des réseaux sociaux. Plus d’un milliard de personnes se connectent sur Facebook chaque mois. Un milliard. Vous imaginez ? Et les autres plateformes se développent à vitesse grand V. Il y a une forte corrélation entre la dépendance aux réseaux sociaux et le comportement narcissique. Une corrélation établie par essai clinique. En réalité, ce n’est pas étonnant - l’objectif est de montrer une façade qui permet d’engranger le plus de likes, de commentaires, enfin ce qui intéresse l’utilisateur.
- Mais les gens n’ont-ils pas toujours eu besoin de reconnaissance sociale ? demandé-je.
-Si, mais la technologie a pris en otages notre quête naturelle d’interactions et d’acceptation sociale. Aujourd’hui, il y a des gens qui ne sortent plus de chez eux, qui ne font que se prendre en photo ou se filmer dans différentes situations pour poster leurs images sur les réseaux sociaux. Et tous leurs amis sont en ligne. Ils ont fusionné avec la technologie.
-C’est un peu comme les mariages chinois (dit Afsaneh)
Il est assez courant de ne pas organiser de fête pour son mariage. Au lieu de cela, les jeunes époux se rendent chez un photographe et se font tirer le portrait avec un tas d’accessoires, verre de champagne à la main, couteau et fausse pièce montée, décors devant lesquels ils s’embrassent. Et au Japon, apparemment, on peut faire appel à des figurants pour poser sur la photo de mariage.
-  Tout à fait répond Martin.(..) Je me suis rendu à Auschwitz, l’hiver dernier : vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui prennent des selfies ! Comme si elles avaient d’avantage à coeur de montrer qu’elles y étaient allées que de réfléchir à ce qui s’y est passé.
Le visage d’Afsaneh se tord dans une grimace.
-C’est vrai ? ça m’aurait fait vomir de voir quelqu’un prendre la pose devant les chambres à gaz.
-Et pourtant c’est ce que faisaient les gens. Et ce n’est que le  début. Internet a modifié le contrat social. Celui qui régule le nombre de fois que l’on peut dire : «  regarde-moi ». Dans la vie réelle, on ne peut recevoir des commentaires positifs sans relâche comme sur Internet. Alors pourquoi se concentrer sur la vie réelle?
-Donc Facebook a gagné ?
C’était dit comme une plaisanterie, mais Martin ne sourit pas.
- Sais-tu que Facebook a explosé au moment où l’entreprise a inventé le like ?
Une certaine Leah Pearlman en a eu l’idée, si je ne m’abuse. C’était il y a près de dix ans et cette petite icône, le pouce levé, a transformé internet. Il a changé les comportements humains, il a permis à des entreprises de fleurir, à d’autres de s’effondrer. Il a fait élire et fait tomber des présidents.
- Tu n’exagères pas un peu ?
Martin secoue vivement la tête.
-Les réseaux sociaux vont transformer notre société en profondeur. Ils vont NOUS transformer en profondeur.  Et pas nécessairement en bien.


Et la solitude pour ceux qui ne suivent pas le mouvement
Voir dessins humoristiques sur notre addiction aux réseaux sociaux

Un narcissisme accru
Voir dessins humoristiques sur notre addiction aux réseaux sociaux

lundi 20 janvier 2020

Lars Kepler : Le Pacte et Ragnar Jonasson : Sott



Deux petits polars en un billet... ou plutôt un « gros » polar  (600 pages) Le Pacte de Lars Kepler et un petit, Sott de Ragnar Jonasson, (342 p),  un suédois et un islandais.

Lars Kepler est le pseudonyme d’un couple d’écrivains suédois Alexandra et Alexandre Anhdoril. Nous sommes à Stockholm. Le thème principal du roman Le Pacte porte sur les ventes d'armes illicites consenties de manière frauduleuse à des états coupables de génocide ou proches des djihadistes. Cette dénonciation est vécue à travers les aventures d’une jeune femme, Pénélope, pacifiste convaincue, présidente de l’association pour la paix et l’arbitrage.  Pourchassée par un tueur, elle ne comprend pas pourquoi elle est ainsi devenue une cible.


En arrière-plan, kastskar, l'île où Pénéloppe s'est arrêtée.
Pénélope est sur le bateau de son amoureux Bjorn et s’apprête à passer de bons moments avec lui mais sa mère lui impose la présence de sa soeur Viola. Pour s’isoler, elle met pied à terre avec Bjorn à Kasrska, sur l’une des trente mille  petites îles de l’archipel de Stockholm, en laissant Viola dans le bateau ancré près de là. Quand elle revient sa soeur est morte, assassinée. Bjorn et elle échappent de peu à leur poursuivant et commence alors une course-poursuite haletante et désespérée.
Parallèlement la police, en la personne de Joanna Linna, enquête sur la mort de Carl Palmcrona, directeur général de l'Inspection pour les produits stratégiques, l'homme chargé de valider les contrats d’armement de la Suède. Il est retrouvé pendu chez lui : suicide ou meurtre ? Le corps de Viola retrouvé à bord du yacht passe d’abord pour un accident.  Bientôt, le policier va être amené à lier les deux affaires.

La lecture procure des moments de tension réussis surtout lors de la fuite de Pénélope qui relève du cauchemar. Mais j’ai eu l’impression de passages moins soutenus, moins bien écrits, et je me suis demandée si c’était l’écriture à quatre mains qui en était responsable ou seulement un manque d’inspiration. Le roman est intéressant par ce qu’il nous apprend des ventes d’armes et des trafics qui y sont liés même si l’on n’a pas besoin d’aller en Suède pour découvrir cela ! Hélas ! Le récit est pessimiste, car tout amène à croire que rien n’arrêtera jamais cette corruption !
 Le Pacte a des visées politiques mais il ne va pas très loin dans la critique car la complexité de l’intrigue nous amène ailleurs, à l’aspect thriller du livre que les auteurs semblent avoir privilégié : complots, personnage mystérieux et pactes sanglants que rien peut rompre. C'est l'aspect que j'ai le moins apprécié.  En résumé, Le Pacte est un thriller qui fonctionne assez bien mais pas un coup de coeur.
C’est le premier livre que je lisais avec ce personnage récurrent de l’inspecteur Joanna Lina.  Certaines critiques disent que ce roman n'est pas le meilleur et que le policier se révèle plus intéressant dans d'autres enquêtes.

Ragnar Jonasson : Sott


J'avais lu avec plaisir le livre de Ragnar Jonasson Snjor qui décrivait avec brio le sentiment de claustrophobie qui s'emparait de l'inspecteur Ari Thor, envoyé dans une ville du Nord profond de l'Islande, Siglufjordur. Coupé du reste du monde par une tempête, l'inspecteur menait ses enquêtes dans une atmosphère angoissante.
 Avec Sott, nous retrouvons donc l'inspecteur. Cette fois-ci, il n'est plus fâché avec Kristin, il s'est réconcilié avec elle et il la voit régulièrement malgré l'éloignement puisqu'elle travaille dans la capitale et lui est toujours en train de végéter à Siglufjordur. Il faut savoir qu'il fait si noir et si froid dans cette ville et pendant si longtemps que Reykjavik passe pour une ville du sud chaude, lumineuse et privilégiée! Ceci pour faire comprendre la situation.
L'écrivain renouvelle le scénario précédent. Ari Thor, est à nouveau isolé de tout, la ville étant mise en quarantaine à la suite d'une épidémie.

Siglufjordur, plutôt joli..  hors hiver!
Bon, comme point de départ, je constate que Jonasson ne fait pas dans l'original. Mais voyons l'intrigue. Un homme  vient le trouver pour élucider la mort de sa tante qui a été classée comme accidentelle il y a vingt ans de cela. Il a, en effet, trouvé une photo qui introduit un doute et est incontestablement une raison pour relancer l'enquête. Ari Thor s'y emploie, ce qui nous permet de découvrir un fjord et une ferme encore plus reculés et coupés de tout en hiver que ne l'est Siflufjordur ! Et ce n'est pas peu dire! 
 L'intérêt du roman, à mes yeux, réside là, dans la description de cette ferme et des activités des habitants,  dans  la description d'une vie dure, d'un isolement presque total qui privait les gens de tout secours avec des chemins enneigés, dangereux à travers la montagne.  Les recherches de l'inspecteur nous font découvrir qui étaient ces personnes, leurs rapports entre eux, les non-dits, les haines, les rancunes et la personnalité de chacun se révèle à nous. Nous nous rendons avec Ari Thor dans ces lieux maintenant reliés par une route. Un long tunnel  traverse la montagne. L'écrivain rend très bien la pesanteur qui règne dans cet endroit, l'absence de vie qui peut expliquer la folie des hommes. 
Par contre, je n'ai pas du tout aimé le dénouement dans lequel le héros fait preuve d'un manque de sensibilité voire d'humanité envers l'homme qui lui a commandé cette enquête et, ceci, d'autant plus que les conclusions d'Ari Thor ne sont que des supputations. A mon avis, il n'a pas de preuves à l'appui. Cela rend le personnage peu sympathique et ne convainc pas le lecteur.



mercredi 14 mars 2018

Rose Lagercrantz : On se revoit quand ?



Après les vacances, voici le retour d'Apolline et de ses fiches de lecture.
Apolline va avoir 8 ans au mois de mars et elle est en CE1.
Elle vous présente aujourd'hui une fiche de lecture  : On se revoit quand? roman de 158 pages, écrit bien gros, qu'elle a apprécié.




Titre : On se revoit quand ?

Nom de l’auteure  : Rose Lagercrantz

Nom de l’illustratrice : Eva Eriksson

Nom du traducteur : Traduit du suédois : Nils C. Ahl

Editions : L’école des Loisirs
collection Mouche

Résumé d'Apolline :

Dunne est en CE1. Elle va avec sa classe au zoo de Skansen à Stockholm.  Mais elle se perd et rencontre Ella Frida sa meilleure amie depuis la maternelle, qui est aussi au zoo avec son école. Ella Frida et Dunne ont été séparées car Ella Frida a déménagé et est allée dans une autre école. Elles jouent et ne se préoccupent pas que tout le monde les cherche. Quand on les retrouve les maîtresses sont en colère mais surtout celle d’Ella Frida. Quand Dunne rentre chez elle, elle se rend compte qu’Ella Frida est triste alors elle aussi est malheureuse. Quand se reverront-elles ?

Ma phrase préférée :

"On se revoit quand ?" C’est le titre qui est ma phrase préférée parce que cela a rapport avec le livre et cela montre que les petites filles s’aiment.

Ce que je pense du livre ?

J’ai énormément aimé ce livre  parce que c’est une très belle histoire d’amitié. J’ai aimé le zoo parce que l’histoire se déroule là.
L’histoire m’a fait penser à Olga et moi, parce que nous sommes les meilleures amies.  Je l’ai connue en maternelle mais on n’est  plus dans la même école depuis le CP. Mais on se revoit à mon anniversaire de toute façon.  J’ai trouvé que l’écriture était facile et simple et j’ai bien aimé les illustrations parce qu’elles ont beaucoup de détails et les petites filles sont trop mignonnes.


L’avis de la grand mère : Décidément même lorsque je lis des romans avec ma petite fille, je me retrouve en Scandinavie et plus précisément en Suède. On se revoit quand ? fait partie d’un ensemble qui raconte l’histoire de Dunne et de son amie Ella Frida. C’est le dernier de la série qui commence avec l’entrée en CP dans Ma vie heureuse, livre que, bien sûr, nous allons lire bientôt !



Le  thème principal est l’amitié qui unit les petites filles mais il y a aussi celui de l’école, de la séparation, de la mort et du deuil (la maman de Dunne) et de la vie quotidienne avec ses petits bonheurs, ses contrariétés ou ses gros chagrins. Le papa de Dunne est sorti de l’hôpital où il est resté tout l’été à la suite d’un accident et, alors que sa petite fille est tout heureuse de l’avoir pour elle seule, il invite Eva, une infirmière dont il est tombé amoureux. Et ceci, juste au moment, où Dunne se fait tant de souci pour son amie Ella Frida qui a déménagé et semble très malheureuse dans sa nouvelle école ! Heureusement Dunne est une petite fille très aimée de son papa et tout va s’arranger pour elle et pour sa petite amie.
Le texte est direct, accessible à des enfants âgés entre 6 est 8 ans selon leur niveau de lecture. Il aborde les difficultés de la vie sans pathos, tout simplement, avec optimisme et il parle avant tout du bonheur. J’ai beaucoup aimé ce passage qui clôt le roman, où  Dunne, avant de s’endormir paisiblement, réconciliée avec son papa et Eva, et heureuse de revoir bientôt Ella Frida, parle de bonheur avec ses cochons d’Inde :

"Si seulement, on savait à quel point on est heureux quand on est heureux, dit Dunne.
Les cochons d’Inde se regardèrent sans comprendre. De quoi parlait-elle maintenant ?
Les cochons d’Inde savent toujours à quel point ils sont heureux quand ils sont heureux. On le voit à leurs yeux qui brillent."





Merci à la Librairie dialogues et aux éditions L'école des Loisirs