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vendredi 9 octobre 2026

Stef Penney : La tendresse des loups


  

Dans La tendresse des loups de Stef Penney, écrivaine écossaise, nous sommes en 1867, au Canada, dans l’Ontario*, sur la rive nord de la baie Géorgienne, à Dove River, dans la ferme de Madame Ross. Personnage principal du roman, d’origine écossaise, elle est venue s’installer là avec son mari il y a quelques années. C’est un endroit désert, loin de tout, qui a été peu à peu peuplé par des colons écossais. Des Yankees et des indiens complètent la population de la petite ville nommée Caulfield. 

 

La baie géorgienne, lac Hudson, Ontario

 

Le récit 

Près de Dove River, vit un trappeur Laurent Jammet que madame Ross découvre égorgé dans son lit. Le magistrat de la ville Andrew Knox, alerté, fait venir des enquêteurs de la Compagnie de la baie d’Hudson :  l’antipathique MacKinley et le jeune et crédule Donald Moody qui n’est arrivé au Canada que depuis un an, toujours en butte au bizutage de ses compagnons. Mackinley, préoccupé de résultat rapide, accuse Parker, un trappeur indien venu rendre visite à Jammet. Cible facile, parce que indien et donc considéré comme inférieur, Parket, considéré comme coupable sans aucune preuve, est enfermé, battu et maltraité par Mackinley. Mr Knox, indigné et persuadé de l’innocence du trappeur, le libère.

Madame Ross qui a découvert que son fils Francis a disparu depuis la mort de Jammet se lance à sa poursuite, bien décidée à prouver que sa disparition n’a rien à voir avec le crime.  Elle demande à Parker qui fuit la police de lui servir de guide. Parker est un pisteur hors pair et suit les traces du jeune homme. C’est une longue et rude aventure qui commence, dans les forêts enneigées, sous la morsure d’un froid intense, marches harassantes jusqu’au dernier degré de la fatigue, promiscuité dans la tente avec cet homme au physique effrayant, nuits marquées par le souffle des loups … Mais quand ils arriveront à retrouver Francis, ce ne sera pas encore la fin de leur quête. Pendant ce temps, le pauvre Donald Moody est envoyé à la poursuite de Parker, peu armé pour affronter les pièges de l’hiver dans ces contrées sauvages. Heureusement, son ami indien Jakob l’accompagne et suit la piste dans une équipée qui met sa vie en danger…
De nombreux personnages viennent se greffer dans ce récit qui se démultiplie : Il y a le mystère des deux jeunes filles Amy et Eve Steson qui ont disparu dans la forêt et que l’on n’a jamais plus retrouvées même après de longues recherches, puis Sturrock, un aventurier qui recherche un objet en os que détenait Jammett, et tant d’autres encore. Le récit est mené à la première personne par Madame Ross dont on ne connaîtra jamais le prénom et qui fait de fréquents retours en arrière sur son passé en Ecosse. Parfois il continue à la troisième personne pour les autres personnages. 

 

Une comparaison avec Jack London ? 

 

Bien sûr, l’on a comparé La tendresse des loups au récit d’aventures de Jack London.  Effectivement, la description des grands espaces glacés, des dangers encourus, des personnages rudes, ne manquent pas de rappeler le grand écrivain sans toutefois avoir la même puissance et la même portée poétique. Les descriptions des paysages de Stef Penney sont  moins grandioses, moins impressionnantes que celles de Jack London. Elles ne procurent pas les mêmes émotions car avec l'auteur américain, la nature est un personnage à part entière. Mais Stef Penney nous intéresse pourtant aux aventures vécues par ses personnages.

"Nous passons devant des buissons dont les branches portent des toiles tissées par la neige et des nodules de glace qui, recevant la lumière du  soleil, la réfractent en arc-en-ciel. Le ciel est d'un bleu métallique luisant; il n'y a pas un souffle de vent, et aucun bruit d'aucune sorte.  Le silence est écrasant. Contrairement à certaines personnes, les contrées sauvages ne m'ont jamais donné une sensation de liberté. Le vide me suffoque." 

 Et chez elle, les thèmes sont plus contemporains, l’homosexualité, le féminisme, encore que certains romans de Jack London soient aussi féministes !  Je pense à L’aventureuse ou Une femme de cran. 

Madame Ross est une femme de cran, elle aussi, prête à tout pour sauver son fils et découvrir le coupable du meurtre, Maria Knox, la fille aînée du magistrat, possède intelligence et audace, et Line, même si elle n’est pas sympathique, secoue le joug de la religion, du conformisme et de l'hypocrisie, prend son destin en main en s’enfuyant avec son amant et ses deux enfants. 

  Roman d'aventure et policier

 

Dans l'ensemble, le roman est agréable à lire. J'ai aimé découvrir la vie des colons, celle des trappeurs et des indiens traités comme des esclaves. Les personnages ont une certaine force. Il n'y a que Angus Ross, le mari, qui m'a paru difficile à comprendre. Antipathique et rigide au début, l'écrivaine assouplit un peu son caractère par la suite mais superficiellement, cela m'a laissée sur ma faim. 

 Et puis, n'oublions pas qu'il s'agit d'un roman policier en même temps qu'un roman d'aventure et que, jusqu'aux derniers moments, le lecteur a envie de savoir quel est le criminel.


*Une erreur dans le résumé de la quatrième de couverture dit que le roman se passe en Nouvelle-Ecosse, au bord la baie Géorgienne. Il n’en est rien. Cette baie est située dans une autre province du Canada, en Ontario.

 

mardi 26 mars 2024

Emma Stonex : Les gardiens du phare


 Dans son roman Les gardiens du Phare, Emma Stonex s’appuie sur un fait divers réel qui est toujours demeuré un mystère.
En 1895, sur les îles Flannan, au large de l’Ecosse, au coeur de l’archipel des Hébrides, la construction d’un phare dans cette zone pleine de récifs, réputée dangereuse, commence. C’est en décembre 1899 que le phare d’Eilean Mor, qui se dresse sur un rocher inhospitalier, inhabité, battu par les vagues et le vent,  s’illumine pour la première fois
Pour assurer sa maintenance, il faut quatre hommes, dont trois doivent rester en permanence sur l’île, le quatrième  partant en congé sur la terre ferme toutes les six semaines.  En Décembre 1900, un capitaine de navire signale que le phare est resté éteint. Quand on envoie des secours, les trois gardiens restés sur place, James Ducat, Thomas Marshall et Donald MacArthur, ont disparu sans laisser de traces. 

L’enquête a conclu que les gardiens avaient dû s’approcher trop près du bord pour sécuriser une grue et avaient été emportés par une vague géante. Mais cette conclusion est restée à l’état d’hypothèse n’ayant jamais pu être confirmée.

Les trois gardiens disparus d'Eilean Mor
 

C’est cette histoire que raconte Emma Stonex dans Les gardiens du phare en la transposant en 1972  et en situant le phare sur les îles Maidens, au nord de l’Irlande.
Les trois hommes, Arthur Black, le gardien-chef de la Maiden, Bill Walker son second et Vince dont c’est le premier poste - et à qui l’on essaiera de faire porter le chapeau parce qu’il a fait de la prison - disparaissent. La société des phares cherchent rapidement  à clore l’enquête, refusant de creuser plus avant, de crainte de détruire la bonne réputation de la Société, plutôt paternaliste, qui exige la fidélité et la bonne conduite de ses employés dont elle veut donner une image héroïque et qui prend soin de leur famille en retour.

L'île Flannan : Eilenn Mor

C’est l’occasion pour l’écrivaine de présenter la vie dans le phare et la dureté du métier de gardien qui exige des nerfs solides, une bonne santé mentale et une entente entre les trois personnes qui sont obligés de vivre ensemble de jour comme de nuit. Si l’une de ces conditions n'est pas réunie, les agacements deviennent vite antipathies, les tensions naissent, les risques d’affrontement s’exacerbent. La journée est rythmée par les travaux d’entretien du phare et de l’optique de la lanterne, les nuits exigent des quarts de veille pour assurer le bon fonctionnement de la lumière. Il faut imaginer la monotonie de la nourriture et des occupations, la solitude qui ébranle le moral, la séparation d’avec la famille, les tempêtes, effrayantes, avec des vagues gigantesques qui se brisent sur le phare dans un vacarme  incessant, la responsabilité des vies humaines qui pèse sur les gardiens s’il y a un dysfonctionnement.

Dans le roman,  Emma Stonex imagine que vingt ans après, un journaliste décide d’écrire sur cette histoire et demande à rencontrer les  femmes des disparus, Helen, Jenny et Michelle. Car ce qui intéresse aussi l'écrivaine, c’est de donner une explication à ces disparitions ou tout au moins d’avancer une autre hypothèse que celle retenue officiellement. Les femmes parlent, en effet, et se dessinent des secrets de couple, des mésententes, des jalousies, des non-dits… Une analyse psychologique assez fine qui fait apparaître les caractères et les sentiments de chacun, sous laquelle, en filigane, se dessine une réponse au mystère et à la tragédie ! Un roman intéressant !

 Tout seul

 

Je vous signale la magnifique BD  intitulée Tout Seul de Christophe Chabouté sur les gardiens de phare.

Voilà ce que j'en écrivais : "Tout seul, bande dessinée de Chabouté, est un petit bijou d'émotion, de poésie, de beauté, de tendresse, d'espoir. .. Si vous n'avez pas encore lu cette BD, faites-le vite ! Et si vous ne deviez en lire qu'une dans votre vie, que ce soit celle-là!

Cet album est presque sans paroles, les personnages qui y vivent sont soit des marins taciturnes, soit un solitaire, séparé de la civilisation, prisonnier volontaire dans un phare en pleine mer. Le dessin en noir et blanc, jouant sur le lumières de la nuit et du jour,  prend alors toute son importance, c'est lui qui raconte tout ce qui n'est pas dit, c'est pourquoi il faut être attentif aux moindres détails, et il est fantastique. Les variations des points de vue nous permet une approche toujours renouvelée de l'histoire. Nous sommes oiseaux et nous nous laissons porter par le vent pour nous poser sur la lanterne du phare, poisson dans un bocal nous contemplons la solitude d'un autre être, solitude qui n'a d'égale que la nôtre, marin, nous essayons de percer le mystère du phare..  A cela s'ajoutent les variations des cadrages, d'un gros plan qui éveille en nous la curiosité à un plan d'ensemble qui nous révèle la réalité…  Le dessinateur joue ainsi sur le mystère, éveille notre imagination. Chabouté suggère aussi le mouvement par le procédé cinématographique  d'un plan fixe qui permet de voir s'éloigner le bateau ou au contraire de le voir se rapprocher, venant droit sur nous, pour créer l'impression de durée dans le temps. Car l'histoire a un rythme, celui de la lenteur, de l'égalité des jours qui se traînent et se ressemblent, sauf quand survient un évènement, quand il y a irruption de la vie dans le quotidien."
VOIR la suite ICI

 

La Tour d'amour

 
 
"La tour d'amour de la "sulfureuse" Rachilde est un roman qui sidère, qui laisse pantelant. Jamais en ouvrant le livre de quelqu'un qui était pour moi une inconnue, jamais je n'aurais pensé découvrir un texte d'une telle force, servi pas un style puissant aux images hallucinatoires. Je comprends, bien sûr, que le récit ait fait scandale et je ne suis pas sûre qu'il ne choque pas, même de nos jours, les lecteurs sensibles tant il est morbide et nous entraîne dans la spirale d'une folie qui tient de la perversion. Si vous êtes de ceux-là, tant pis, mais ne dites pas que Rachilde est un médiocre écrivain" Voir Ici


 Le gardien du feu


J'ai aimé aussi :  Le gardien du Feu de l'écrivain breton Antoine Le Braz

"Je vous l'ai dit à propos du roman de Rachilde La Tour d'amour, les phares bretons inspirent aux écrivains des romans sombres et tourmentés tout comme le sont les personnages qui y vivent! Dans Le gardien du Feu d'Anatole Le Braz, c'est le phare de Gorlébella en plein Raz qui sert de décor pour cette histoire d'amour et de jalousie proche de la folie." Voir  Ici

 

 Les disparus du phare

 

J'ai moins aimé Les disparus du phare de Peter May mais lisez  le premier volet de la trilogie L'île des chasseurs d'oiseaux !

"Peter May, je l’ai découvert avec sa trilogie écossaise qui se situe dans l'archipel des Hébrides, dans l’île Lewis, et c’est de loin L’île des chasseurs d’oiseaux, le premier, qui demeure mon préféré. Il offre des pages d’une force étonnante qui raconte le quotidien des hommes de cette île et décrit leur mentalité ancrée dans le passé, si loin de la civilisation urbaine actuelle.
 Avec Les disparus du Phare, Peter May retourne dans les Hébrides, plus précisément dans les îles Flannan à une vingtaine de kilomètres de l’île Lewis. L’auteur s’empare d’un fait divers réel, survenu en 1900 : la disparition jamais élucidée des trois gardiens du phare d’Eilean Mor." 
Voir Ici


Tadloidu ciné chez Dasola conseille aussi les titres suivants et Je lis Je blogue une BD. Merci à eux  ! Je ne les ai pas encore lus mais cela me donne envie de les découvrir.

 

Robert Louis Stevenson : Journal de la construction d'un phare

Au large de l’Écosse, en mer du Nord, à la croisée de plusieurs routes maritimes, se trouve un récif meurtrier, où les navires s’abîment par dizaines. En 1807, un homme décide de mettre fin à cette malédiction. Ingénieur pour la Compagnie des Phares du Nord, Robert Stevenson se lance dans une entreprise périlleuse : ériger un phare sur un récif immergé vingt heures par jour. Trois années durant, dans des conditions chaotiques, il coordonne le chantier de Bell Rock. Animés par la volonté de rendre la mer plus sûre, ses hommes et lui luttent contre vents et marées pour mener à bien ce projet ambitieux.

En racontant l’histoire de sa famille et en publiant les carnets de son grand-père, Robert Louis Stevenson rend non seulement hommage à la dynastie de pionniers et de bâtisseurs dont il est issu, mais il révèle aussi au public une formidable aventure collective. (quatrième de couverture)  

 

Jules Verne : Le Phare du bout du monde


L’île des États : un îlot désertique au large de la Terre de Feu, à plusieurs dizaines de milles de tout espace civilisé. Les autorités argentines viennent d’y inaugurer un phare, pour permettre aux navires de franchir le cap Horn par une route plus rapide et plus sûre. Trois gardiens de phare sont déposés sur l’îlot pour y séjourner, seuls, durant les trois mois de l’hiver austral. Seuls ?... (quatrième de couverture) 

 

Emmanuel Lepage :  Ar -Men  BD


Au large de l’île de Sein, à la pointe Finistère, Ar-Men émerge des flots. Construit en 1867, on surnomme ce phare mythique «L’enfer des enfers». Sa lumière veille les navires, et les protège des récifs menaçants. Les hommes se sont succédés pour l’entretenir, sentinelles d'une côte déchiquetée que les marins redoutent. Germain, dans les années 1960, est l’un de ces gardiens téméraires et solitaires. Dans l'édifice isolé, contre vents et marées, il a trouvé son exacte place, emportant là ses blessures et son abandon d’une vie sur terre, avec les autres hommes. ( quatrième de couverture ) Editions Futuropolis




mercredi 14 juin 2023

Robert Louis Stevenson : La flèche noire



Dans La flèche Noire, Robert Louis Stevenson nous entraîne à nouveau dans un roman historique. Cette fois, l’action se déroule à la fin du règne d’Henri VI. Après avoir perdu les possessions françaises, Henri VI est atteint d’aliénation mentale. Commence alors en 1455 une guerre civile appelée la Guerre des Deux-Roses entre deux clans prétendants au trône, celui de  la « Rose rouge » (Lancastre) et celui de la « Rose blanche » (York). Le guerre des deux roses se termine en 1485 avec la bataille de Bosworth et la mort de Richard III de la maison d’York. C’est un Tudor, Henri VII, chef du parti Lancastre, qui lui succède.
 

Richard III
 

Dans ce roman, Stevenson confronte des personnages imaginaires et historiques. Ainsi le héros; Dick, devient un moment le bras droit du « bossu sanguinaire », duc de Gloucester, futur Richard III, immortalisé par Shakespeare.

Richard Shelton ou Dick, orphelin, est le pupille de Sir Daniel Brackley. C'est un prêtre, Sir Olivier Oates, qui a assuré son instruction. Le jeune homme est reconnaissant envers les deux hommes qu'il considère comme ses bienfaiteurs. Pourtant, Sir Daniel, est un opportuniste qui est une fois Lancastre, une autre fois York si le vent  tourne.  
Contrairement à ce qui se passe dans Kidnapped, le contexte historique a peu d’importance, la Guerre des deux roses ne passionne pas l’écrivain. Elle ne sert que de cadre au récit qui est avant tout une histoire de vengeance et d’amour mais aussi un roman d'initiation où le jeune héros, sincère, naïf, bien que courageux et valeureux chevalier, va apprendre ce qu'est la trahison et prendre conscience du mépris des Grands envers le peuple et de l'horreur de la guerre.
 

On apprend bien vite que Sir Daniel et Sir Olivier sont détestés dans la région en raison des exactions qu’ils ont commises, spoliations, tortures et crimes. Les hommes qu'ils ont dépouillés se cachent dans les bois, deviennent hors-la-loi et vivent de rapines, échafaudant des projets de vengeance. Un jour, une flèche noire tue l’un des soldats de Sir Daniel et une liste de noms apparaît qui proclame la mise à mort du seigneur, du prêtre et de leurs partisans.

Dick n’est pas sans rappeler le héros de Sherwood quand, apprenant que son tuteur a tué son père et ne l’a recueilli que pour s’approprier sa fortune, il décide de rejoindre les Flèches noires. Une vie d’aventures commence alors. Le jeune homme veut venger son père et délivrer son amour, une jeune fille noble prisonnière de Sir Daniel.

Le roman présente des passages inattendues et pleins d'humour, ainsi la fuite de Dick en compagnie d’un jeune garçon John, qui lui colle aux basques, et avec qui il se dispute tout le temps. Or, celui-ci n’est autre qu’un fille, Jeanne ! Le lecteur le sait et une connivence entre lui et l’écrivain se crée au dépens de notre héros dont on se moque gentiment et ceci à plusieurs reprises, tant il est maladroitement sincère et gauche face aux femmes. Et bien entendu, il finit par tomber amoureux de Jeanne, lui qui avait une aversion affichée pour le mariage. De plus, il faut bien l’avouer, c’est agréable aussi, dans un roman d'aventures, une fille qui n'est pas nunuche et qui participe !

Il y a aussi des moments de bravoure comme la rencontre avec le lépreux, la bataille de Shoreby avec Richard III, et surtout cette virée en mer catastrophique où Dick est responsable de la mort de ses hommes, de la perte du bateau qui plonge le capitaine à qui il l’a volé dans la misère. Et là un beau passage où Richard passant de l’enfance à l’âge adulte, prend conscience de ses responsabilités et comprend combien les gens humbles ont à souffrir des actions de leurs supérieurs.

"Dick fut saisi de vains remords et de pitié; il chercha à prendre la main du capitaine, mais Ablaster l’évita.
- Non dit-il, laissez. Vous avez joué au diable avec moi, que cela vous suffise.
Les mots s’arrêtèrent dans la gorge de Richard, il vit à travers ses larmes, le pauvre vieux hébété par la boisson et le chagrin, s’en aller en chancelant, tête baissée, par la neige, son chien sans qu’il y prît garde, gémissant sur ses talons; et pour la première fois Dick commença à comprendre le jeu terrible que nous jouons dans la vie, et comment aucune réparation ne peut changer une chose une fois faite ni y remédier."

Un roman que j’ai pris un vif plaisir à lire même si je lui préfère Kidnapped. Que j'aurais aimé le découvrir quand j'étais enfant !