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dimanche 15 février 2026

Johana Gustawsson : Les morsures du silence

 

 

Les morsures du silence est un polar suédois écrit par une Marseillaise, Johana Gustawsson (voilà qui me rapproche géographiquement mais pour un temps seulement), elle s’est ensuite fixée à Paris, puis à Londres. Mariée à un suédois, elle est désormais franco-suédoise et vit sur l’île de Lidingö, à l’est du centre de Stockholm. C’est là qu’elle situe l’action.

Le roman commence par un prologue d’une telle force qu’il constitue une introduction saisissante au récit qui va suivre.

Il a vingt trois ans a eu lieu le viol et le meurtre d’une jeune fille pendant la sainte Lucie, fête traditionnelle en Suède. Le 13 Décembre, en effet, les jeunes filles vêtues d’une aube blanche, ceintes d’une ceinture rouge, ont coutume de défiler dans une procession jusqu’à l’église. Elles sont conduites par celle qui est élue « Lucia » et dont la tête porte une couronne de bougies. Le coupable du meurtre a été arrêté mais il a toujours clamé son innocence. Or, vingt trois ans après deux jeunes gens puis un homme plus âgé sont assassinés et leur corps est découvert, revêtu d’une aube blanche et d’une ceinture rouge.

Voilà qui interroge forcément le commissaire Alexandrer Storm. Mais quels liens peut-il y avoir entre ces trois victimes et comment rattacher ces meurtres à celui de la jeune fille si longtemps après ?
Alexander Storm va recevoir l’aide d’une policière française, Maïa Rehn, venue s’installer en Suède récemment.L’enquête est donc menée à deux voix qui se répondent et complètent peu à peu le puzzle.

Une intrigue policière qui, à priori peut paraître classique, mais dont le traitement ne l’est pas ! D’abord parce que l’on s’intéresse aux personnages, à leur psychologie, à leur souffrance, un histoire dans l’histoire.  Pourquoi Maïa est-elle venue se réfugier sur l’île ? Que ressent-elle ? Que fuit-elle ? On sent parfois que son comportement n’est pas  tout à fait logique. Et le commissaire Storm a aussi une vie familiale compliquée. Le fait que Maïa soit française nous permet aussi de voir les Suédois d’une autre manière, en recevant des réponses sur leurs habitudes vues par une étrangère, ce qui n’est pas le cas quand l’auteur est suédois de souche !

De plus, l’intérêt du roman n’est pas seulement dans l’intrigue policière mais dans ce que veut dire l’écrivaine sur le viol, sur la sidération des victimes du viol, sur la nécessité du consentement, le véritable thème de ce roman, semble-t-il. Bien sûr, c’est un sujet qui est souvent traité en ce moment (et pour cause ! et tant mieux !) mais c’est fait en l’intégrant d’une manière tout à fait naturelle à l’action et si étroitement que cela ne paraît pas plaqué mais participe à la force du récit.

Donc un bon roman à retenir pour les adeptes du polar suédois. J'avais bien aimé l’atmosphère mystérieuse de son précédent roman L’île de Yule qui se passe aussi sur une petite île de Stockholm.   

 

 Chez Cléanthe




 
Chez Fanja

10 commentaires:

  1. Ce polar suédois a l'air passionnant, et j'aime bien le fait que l'intrigue mêle de façon naturelle le thème du consentement et l'enquête. Merci pour la découverte !

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  2. décidemment les Suédoises même expatriées restent des expertes du genre !

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  3. Tu es bien plus enthousiaste que la plupart d'entre nous suite à ce rendez-vous scandinave ! Tant mieux ! De mon coté j'ai été déçue par L'énigme de la stuga, que tu avais pourtant, comme mon conjoint, apprécié.. je n'en ai pas aimé l'écriture, qui manque à mon avis de subtilité. C'est peut-être lié aux lectures faites juste avant, dont le style était très soigné..

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  4. je le note mais la pile est haute surtout avec els 2 George

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  5. Les polars scandinaves c'est devenu un peu tout et n'importe quoi. Celui-ci a l'air de valoir le détour, je le note.

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  6. Un polar suédois écrit par une Marseillaise ? Voilà qui suscite ma curiosité. D'autant que ce roman a l'air plutôt bon.

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  7. Voilà un billet qui donne envie de lire cette autrice, que je ne connais pas du tout. Je note son nom !

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  8. Bonjour ClaudiaLucia
    Il semble s'en passe, des choses, en Suède, sous l'immaculée blancheur de l'hiver...
    Je note ce roman de Johana Gustawsson, merci.
    (s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

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  9. J'avais bien aimé ce roman moi aussi. L'intrigue est complexe mais bien ficelé si bien qu'on ne perd jamais le fil. On éprouve de l'empathie pour la plupart des personnages.

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