![]() |
Le cercle de craie caucasien de Bertold Brecht a été écrit en 1945, publié en 1949 quand Bertold Brech revient à Berlin après l’exil en Scandinavie et aux Etats-Unis par le gouvernement nazi. Le cercle de craie caucasien est inspiré du jugement de Salomon et d’une pièce de théâtre chinoise Le cercle de craie mise en scène par le dramaturge allemand Klabund en 1925.
Dans Le cercle de craie caucasien, en Géorgie, la révolution fait rage. Le gouverneur est exécuté et sa femme part en toute hâte emportant ses beaux vêtements mais oubliant son bébé, Michel. Groucha, la servante au grand coeur, le recueille et fuit dans les montagnes du Caucase poursuivie par les soldats qui traquent le jeune héritier. Elle échappe à mille dangers, à la faim, au froid, aux dénonciations, traverse un précipice sur une échelle, dupe ses ennemis et finit par arriver chez son frère. Pour sauver Michel toujours recherché, elle fait passer l'enfant pour le sien et accepte de se marier avec un fermier Youssouf qui est, dit-on, proche de la mort. Mais la fin de la guerre redonne vie à Youssouf qui, en réalité, feignait d’être mourant, et désormais Groucha est mariée contre son gré. Elle reste fidèle en pensée à son fiancé Simon qu’elle aime toujours. Cependant quand celui-ci revient au pays, il rompt les fiançailles.
![]() |
| Groucha franchit le précipice: photo Gregory Matzneff |
Quand la paix revient, les soldats retrouvent Michel réclamé par sa mère naturelle. C’est le juge Azdak, écrivain, homme du peuple, qui va juger qui est la véritable mère. Il soumet les femmes à l’épreuve du cercle de craie. Celles-ci doivent tirer l’enfant par le bras, chacune de leur côté du cercle. La plus forte remportera la victoire. Groucha refuse de faire du mal à son enfant. C’est elle qui considérée comme la vraie mère. Azka prononce le divorce de Groucha et celle-ci peut retrouver Simon qui adopte Michel.
![]() |
| Le jugement du cercle de craie photo Gregory Matzneff |
La pièce explore le thème de l’amour maternel libéré de tout égoïsme. Le dévouement de l’humble fille de cuisine envers l’enfant, sa bonté, la sincérité de l’amour entre Simon et Groucha, montrent la supériorité morale du peuple sur l’égoïsme du pouvoir. Pourtant le manichéisme est en partie écarté car les soldats violents qui poursuivent le bébé, la paysanne qui trahit Groucha, le vieux paysan madré et lâche qui feint d’être mourant pour éviter les violences de la guerre, ne sont pas des personnages positifs.
La mise en scène de Charlotte Mazneff et la performance des comédiens du Grenier de Babouchka, offrent, comme d’habitude, un spectacle de qualité. Une multitude de personnages incarnés par les huit comédiens occupent la scène avec brio, figurant tour à tour les hommes de pouvoir, nobles, gouverneur, juges, mais aussi serviteurs, soldats, paysans et paysannes, pour faire revivre les dangereuses aventures de Groucha. Le tout est très enlevé, en musique et en chansons. Les décors mobiles et évolutifs figurent tour à tout, le palais du gouverneur, une montagne vertigineuse, une isba modeste, un chariot, une salle de justice, les costumes et les éclairages sont aussi très réussis.
Salle : Chien Qui Fume - S'y rendre



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre visite. Votre message apparaîtra après validation.