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jeudi 23 juillet 2026

Shakespeare : Le conte d'Hiver mise en scène Sabine Langlade

 

 

J'ai  vu  et commenté Le conte d'Hiver dans mon blog au festival d'Avignon il y a de nombreuses années et voilà que je le revois en 2026. Et j'éprouve la même stupéfaction que la première fois. Pourtant je m'étais donné beaucoup de mal pour la comprendre dans un billet de 2012 ICI  et  je ressens à nouveau la même incompréhension.  Je l'ai vue, je l'ai lue et je l'oublie ! Je redécouvre l'histoire, je m'y ennuie, et je suppose que quelle que soit la mise en scène cela risque d'être toujours le cas.

Drôle de pièce !  que je n’ai pas aimée avec cette dichotomie tellement grande entre la première partie (3 actes) qui est un sombre drame et une seconde partie ( 2 actes) qui est une comédie champêtre suivie d’une réconciliation avec un heureux dénouement..



La tragédie

Polixène, Léonte et Hermione dans la mise en scène de Sabine Anglade

 

 Le roi de Sicile Léonte et le roi de Bohême Polixène sont amis depuis l’enfance.  Polixène a rendu visite à son ami en Sicile et annonce son départ. Léonte le prie de rester quelque temps encore mais celui-ci refuse, alléguant des affaires urgentes. Léonte demande alors à sa femme Hermione d’intervenir et celle-ci finit par convaincre Polixène de prolonger son séjour. Il n’en faut pas plus à Léonte pour devenir fou de jalousie, soupçonner son épouse d'adultère et de porter un enfant qui n’est pas de lui.
Il  cherche à tuer Polixène qui parvient à fuir grâce au serviteur de Léonte, Camillo, qui refuse d’être complice d'un crime odieux et injuste. 
Léonte fait emprisonner Hermione qui accouche en prison d’une petite fille nommée Perdita ( l’enfant perdue). L'enfant est abandonnée par Antigonus, noble sicilien, sur ordre de Leonte, dans un pays qui n'est autre que la Bohème. Lors de son procès Hermione est innocentée par l’oracle de Delphes mais humiliée, maltraitée, elle se laisse mourir. Son premier enfant, Mamillius meurt de chagrin. Le roi a donc perdu à la fois sa femme, son premier né et sa fille. 
Une sombre tragédie qui rappelle, bien sûr, Othello, mais le personnage d’Othello est plus développé et l’étude de la jalousie plus approfondie, Othello et Desdémone étaient les jouets de Iago et de sa machination perverse alors que Le conte d’Hiver surprend par sa rapidité et l’aspect irrationnel de la jalousie.  
Evidemment, la pièce à une résonance de nos jours dans la dénonciation du féminicide et je comprends qu’elle puisse attirer les metteurs en scène qui cherchent à actualiser la pièce. Elle est l’exemple de la violence faite aux femmes par l’homme qui détient le pouvoir sur elles. Mais comment concilier cela avec ce qui suit ?


La pastorale et le dénouement

 

La Statue d'Hermione

 

 En Bohème, Perdita est recueillie par un vieux berger et son fils qui l’élève comme sa fille ( comme Oedipe!).  Quand elle a seize ans, elle est courtisée par Florizel qui veut l’épouser lors de la fête pastorale de la tonte. Or Florizel est le fils de Polixène qui interrompt la fête et empêche le mariage.  Le couple décide alors de fuir avec Camillo et devinez où ? En Sicile !
Le dénouement verra, bien sûr, la réconciliation des amis, le retour de Hermione qui n’est pas morte ( sa statue est amenée à la cour et d’un seul coup s’anime!) et le mariage de Perdita et Florizel !  La tragédie se termine en comédie.

Voilà quelle a été mon impression devant la représentation de cette  pièce et la mise en scène de Sandrine Anglade, à tort ou à raison,  ne m’a pas convaincue d’y adhérer. J’ai eu l’impression d’assister à un collage de deux histoires antithétiques sans unité et sans grand intérêt.


Le Conte d’hiver : la cause et le jeu ou le règlement de comptes/conte

 

Depuis je suis tombée sur un article de Danièle Berton-Charrière ICI  intitulé Le Conte d’hiver : la cause et le jeu ou le règlement de comptes/conte aux Presses universitaires de Paris-Nanterre.  Je vous donne la référence si vous vous intéressez à Shakespeare car il donne des explications érudites et passionnantes sur l’origine et l’interprétation de la pièce.

Je cite : "Le Conte d’hiver emprunte non seulement, pour l’intrigue, au Pandosto de Greene* mais aussi pour la forme, par analogie ou adaptation, aux divertissements aristocratiques du jeu de cour et aux divertissements populaires issus du folklore. Cet étagement rappelle que la romance du Conte d’hiver, outre sa fonction narrative, a aussi fonction de récréation, ce qu’elle affiche en s’annonçant comme un conte pour longue veillée d’hiver, c’est-à-dire comme récit et comme passe-temps communautaire, un divertissement pour tout dire."

"C’est cet aspect que se propose de développer cette étude, en montrant que la pièce emprunte au fond médiéval du divertissement courtois et à ses deux volets, la cour d’amour pour la partie sicilienne, et son contrepoint la pastourelle pour la partie bohémienne…. Ce faisant, elle revisite le lien entre cour royale et cour de justice régulièrement tissé dans la poésie médiévale, par exemple dans le procès d’Hermione."

 

*Robert Greene écrivain, dramaturge, plus âgé que Shakespeare, et son principal rival

 

 Le conte d'Hiver

du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
12h30 1h50
CHÊNE NOIR (THÉÂTRE DU) 
Salle : Salle Léo Ferré - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 12 ans

auteur⸱ice
De William Shakespeare

Sandrine Anglade - Mise en scène
 

Héloïse Cholley - Interprétation
Florent Dorin - Interprétation
Damien Houssier - Interprétation
Laurent Montel - Interprétation
Nina Petit - Interprétation
Sarah-Jane Sauvegrain - Interprétation
Rony Wolff - Interprétation
Clément Camar-Mercier - Traduction
Compagnie Sandrine Anglade


 

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