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Dans le roman Dissolution de C.J. Samson, nous sommes au XVI siècle au moment où Henri VIII se sépare de l’église catholique romaine et crée l’église d’Angleterre pour pouvoir divorcer de Catherine d’Aragon.
Thomas Cromwell, son vicaire général, entreprend une grande croisade pour démanteler les anciens monastères catholiques afin de récupérer leurs terres et leur fortune !
1537 : Il envoie l’un de ses commissaires, Robin Singleton, au monastère de Scarnsea sur la côte sud de l’Angleterre afin de persuader (ou de contraindre ?) l’abbé de renoncer volontairement à ses biens. Singleton est sauvagement assassiné à l’intérieur du monastère. Cromwell désigne alors un avocat londonien Matthew Shardlake pour aller enquêter, découvrir l’assassin et régler la dissolution du monastère.
Matthew Sahrdlake part accompagné d’un jeune homme, fils d’un ami de son père, qu’il protège et qu’il a placé à la cour pour faire une brillante carrière. Ils découvrent dans le monastère le cadavre décapité de Singleton et bien d’autres horribles forfaits.
Ce roman policier qui est aussi un roman historique nous plonge dans la vie d’un monastère et dresse une galerie de portraits de moines pas toujours à leur avantage, souvent haut en couleurs ou assez inquiétants. Il y a cependant des personnages droits et dévoués, semble-t-il, comme le moine infirmier et son aide, une jeune fille sans fortune qui a trouvé là un travail. Mais à qui se fier dans ce lieu clos qui semble nourrir et exalter tout ce qu’il y a de pire dans l’homme ? La dissolution qui les menace met une sorte d’urgence dans la vie monacale et tous se sentent menacés. Tous pourraient donc être coupables.
Le personnage de Matthew Shardlake est un enquêteur plein de doutes et de fragilité. Bossu, il souffre physiquement et moralement de son infirmité, ce qui le rend parfois injuste et jaloux. Son honnêteté, ses scrupules le tourmentent. S’il a d’abord était en accord avec Cromwell dans sa critique du catholicisme et son rejet des reliques et des miracles, s’il juge la vie des moines peu en accord avec leurs voeux monastiques, il n’est pas sans s’apercevoir que la dissolution profite aux intérêts non seulement de la Couronne mais aussi des Grands qui la servent et en particulier de Cromwell lui-même !
J’ai suivi l’intrigue policière parfois un peu complexe avec assez d’intérêt mais ce qui m’a plu, surtout, c’est la partie historique du roman très solide et documentée. Le monastère de Scarnsea est un lieu fictif mais il y a eu plus de 800 monastères, prieurés, couvents rasés par Cromwell de 1536 à 1540. Les moines et le personnel des lieux religieux se retrouvaient du jour au lendemain à la rue et pour certains sans moyen de gagner leur vie. C’est ce que nous décrit ce roman.
Une lecture intéressante, premier tome d’une série qui compte sept romans.

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