Je n'ai pas lu le livre de Léna Ghar Tumeur et Tutu ( Tu meurs et tu tues) mais l'adaptation d'Emilie Faucheux au théâtre est puissante et le seule en scène qu'elle nous donne, haletant, intense.
Voilà une comédienne qui ne croit, comme je l'ai vu parfois dans certains spectacles, qu'incarner un personnage, c'est juste changer d'écharpe ou de chapeau ! Non ! Elle est cette petite fille de trois ans, puis cette adolescente, enfin cette adulte, qui, pour échapper à la violence de sa mère, à sa domination malfaisante et destructrice, aux humiliations, aux coups, s'invente des mots, joue avec le langage, et dessine le monstre qui est en elle et qui l'étouffe. Peut-être si elle parvient à le nommer, à trouver le mot juste, peut-être pourra-t-elle s'en libérer ? A moins que ce soit les mathématiques qui y parviennent ? Les mathématiques pour résoudre l'équation du Bonheur ? Ces dessins, ces jeux de lumière, ces traits hachurés, ces graphismes en noir et rouge envahissent la scène projetés sur l'écran, rythmés par une musique qui se fait parfois brutale, obsédante, scandés par ses cris répétitifs...
Mais elle est tous les personnages, la mère, la grand-mère, sa voix se transforme, son physique aussi. Elle est aussi Météore, son amante, qui pourrait peut-être la sauver et tuer le monstre en elle ? Mais guérit-on jamais vraiment de son enfance ?
TUMEUR ET TUTU
Salle : Salle Jacques Fornier - S'y rendre
