jeudi 21 octobre 2010

Didier Daeninckx : Galadio





Pour son roman Galadio, Didier Daeninckx  se tourne vers l'histoire allemande à l'époque du nazisme et s'intéresse au sort fait aux enfants noirs dans les années Trente.  Ulrich est  né d'un père noir, sénégalais, militaire français envoyé à Duisbourg après le traité de 1918 et d'une mère allemande mise au ban de la société à cause de cette union. Il a vécu jusqu'à son adolescence en s'efforçant de s'intégrer et sans souffrir de discrimination. Son nom secret, c'est Galadio, le prénom de son oncle, frère bien-aimé de son père. Ce dernier a été rappelé en France avant la naissance de Galadio qu'il ne connaît pas.
Mais voilà qu'avec les nouvelles lois de 1930, Galadio se voit interdit l'accès de la piscine, puis de son club de football. Peu à peu les menaces qui pèsent sur lui mais aussi sur les juifs se précisent. Le jeune garçon assiste aux exactions commises contre les juifs et en souffre d'autant plus qu'elles atteignent sa petite amie Déborah. Un jour, on vient le chercher pour l'amener dans un hôpital où sont accueillis, entre autres, des malades handicapés que l'on ne revoit jamais.  Que va devenir Galadio? C'est ce que nous conte Daeninckx au cours d'un récit qui va durer des années et entraînera l'enfant, puis le jeune homme, dans les coulisses du cinéma nazi, en Afrique et dans l'armée française où il s'engagera pour lutter contre le nazisme.
Galadio est un roman qui se lit d'une traite. Intéressant, on n'a pas envie de le quitter avant de l'avoir terminé. Les faits qu'il relate sont si terribles, la destinée de l'enfant si extraordinaire que l'on est subjugué par ce récit historique très documenté qui raconte des faits, hélas, véridiques.  Certains passages ont beaucoup de force, par exemple la mise à mort des animaux appartenant aux juifs, la stérilisation des jeunes noirs à l'hôpital, le tournage de films de propagande nazie ou Galadio et ses amis jouent les "sauvages" primitifs et dénudés. L'auteur utilise le présent de narration qui convient très bien à un récit court, vif, qui ne s'attarde pas en chemin, qui montre les actes sans chercher à les analyser. Pas de pathos. Les faits dans leur sècheresse. On peut dire que son pari est réussi.
Mais d'où vient alors que je suis restée sur ma faim? C'est que le parti pris de l'auteur conviendrait mieux, il me semble, à une plongée dans un  moment précis et court de l'Histoire et non à une narration qui s'étend sur des années et sur plusieurs pays. Du coup j'aimerais en savoir plus sur les personnages qui sont parfois à peine esquissés, sur les pays traversés en temps de guerre que l'on ne fait qu'apercevoir. J'aimerais que certains épisodes soient plus développés. Le roman a la taille d'une nouvelle mais l'étoffe d'un long roman et c'est ce qui me gêne.


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Mes remerciements à Dialogues croisés et aux éditions Gallimard


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