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mercredi 30 avril 2008

André de Richaud et autres livres : lectures du mois d’avril 2008


La douleur d'André de Richaud : récit autobiographique se déroulant près  d'Avignon , au bord de la Sorgue.
Pendant la guerre de 14-18 : mort du père. Amour fusionnel entre un enfant et sa mère qui tourne à la tragédie quand la mère prend pour amant un prisonnier allemand. Point de vue du petit garçon.
La campagne provençale sert de contrepoint poétique et gaie à l'atmosphère lourde et triste de l'intrigue; parfois une impression de déjà vu dans le personnage féminin, une Emma Bovary provençale doublée d'une Thérèse Raquin (pour sa sensualité) ; mais l'écrivain a une plume puissante; il s'agit d'un premier roman qui a fait scandale à l'époque. Il s'est vu refuser un prix littéraire pour immoralité! je n'ai rien lu d'autres de cet auteur sauf des textes - très beaux- sur Carpentras et Avignon.
André de Richaud à 20 ans
J'ai très envie de lire ses autres écrits car ce premier ouvrage paru en 1931 était prometteur. J'aimerais savoir pourquoi après avoir fini sa vie tristement dans une maison de retraite, pauvre, alcoolique, abandonné de tous, son oeuvre est tombée plus ou moins dans l'oubli.


Mémoires d'un touriste de Stendhal : lu les passages de son arrivée à Avignon et son séjour dans la ville.
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Les filles d'Avignon d'Aubanel :
Les poésies traduites en français perdent beaucoup par rapport au provençal.
Théodore Aubanel, félibre d'Avignon


Les yeux bleus de Mistassini :
 
 Jacques Poulin, auteur québécois installé à Paris. Son personnage un vieux libraire est atteint de la maladie "d'Einsenhower", triste maladie dont il oublie toujours le nom. J'ai d'abord aimé le début, la vieille librairie du Vieux-Montréal qui accueille tous les marginaux, les désargentés, auprès d'un poêle ronflant, une librairie où les livres aimés sont placés à l'entrée pour qu'il puissent être volés avec facilité. La suite du roman qui se passe à Paris m'a déçue. Pour résumer mon sentiment il faut aller sur le site de cette lectrice dont le texte correspond tout à fait à ce que j'ai ressenti.
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Le Vieux Chagrin de Jacques Poulin (Editions Actes Sud)



Vert Venin (Editions Actes Sud) : Ornela Vorpsi

Le personnage, une albanaise qui vit à Paris, part à l'aide d'un ami malade à Sarajevo.

O' Pionner de Willa Cather




J'ai continué la lecture de Yoko Ogawa :

Trois courts romans, fonctionnant comme des nouvelles avec une chute qui vous laisse pantois :
La Grossesse
Les Abeilles
La Piscine
l'Hôtel Iris (éditions Actes Sud ): j'ai peu aimé ce récit d'une passion sado-maso très éloigné de l'univers de Yoko Ogawa que j'avais découvert dans Amours en marge et Parfum de glace.








Le musée du silence de Yoko Ogawa      16052.1221335014.jpg
La part du diable : André de Richaud
L'or des mots sous la direction de Eve Duperray : La Sorgue Baroque
: Retour aux ondes thessaliques


Le Quintette d'Avignon de Lawrence Durrell : Monsieur ou le Prince des Ténèbres ( Livre 1)


Une terrible vengeance et trois autres récits fantastiques de Mrs Ridell
Charlotte Ridell est un écrivain de l'époque victorienne; elle a été aussi célèbre de sont temps que George Eliot et très prolixe. Mais elle a été oubliée par la suite.
Ces nouvelles : la porte ouverte, Walnut-Tree House, Nut Bush Farm, Une terrible vengeance sont des histoires  fantastiques avec intervention du surnaturel et revenants. Mais il y a toujours un personnage qui mène une enquête pour comprendre le phénomène étrange auquel il assiste si bien que le récit fantastique se double d'une intrigue policière.

jeudi 1 janvier 1970

Dathan Auerbach : Bad man


 

Dans le roman Bad man de Dathan Auerbach, un prologue intitulé Un cadavre dans les bois met en scène deux enfants qui découvrent un corps enfoui sous la végétation.

Puis nous assistons à la dernière journée que Ben (15 ans) passe avec son petit frère Eric (3 ans) ! Ce jour-là, Ben a la garde d’Eric. Il joue d’abord avec lui puis il l’amène au supermarché pour faire les courses. Cela n’est pas de tout repos. Le magasin est bondé et l’enfant, au moment de passer à la caisse, demande à aller aux toilettes. C’est là que Ben, distrait, le perd de vue un instant. Lorsqu’il se retourne le petit garçon n’est plus là ! Toutes les recherches échouent, la police arrête l’enquête. Cinq ans passent. Les affichettes jaunissent…  Les gens oublient. Pas Ben, bien sûr !

Ben arrête ses études et cherche du travail. Il finit par être employé comme magasinier de nuit dans le supermarché où son frère a disparu. C’est un choc pour lui de se retrouver dans ce lieu où il n’avait plus jamais remis les pieds depuis le drame. Il revit la scène sans arrêt, le magasin semble révéler des indices, lui envoyer des messages. Un jour, dans un carton abandonné, il découvre le vieux doudou d’Eric qui avait été introuvable après la disparition du gamin. Le voilà qui recommence à poser des affiches avec la photo d’Eric, qui ressasse des souvenirs, les confronte au présent. Ses collègues semblent le soutenir et se montrer amicaux mais le sont-ils vraiment ? Le directeur qui était déjà là il y a cinq ans est toujours aussi déplaisant. Aurait-il quelque chose à se reprocher ? Ben doute de tout et de tous ! Dathan Auerbach crée autour de ses personnages une atmosphère oppressante que l’obscurité et la solitude de ce travail de nuit dans les grands entrepôts du magasin rend encore plus troublante.

Mais si le roman joue sur le mystère, et s'il est aussi un thriller comme le dénouement nous le révèle, il est avant tout psychologique. Et c’est la grande force de Dathan Auerbach ! Il sait nous faire ressentir la détresse de Ben. Déjà son enfance nous crève le coeur : Ben est  obèse, sa jambe abimée à la suite d’un accident le fait souffrir et l’empêche de vivre normalement, de faire du sport, l’isole des enfants de son âge qui l'humilient. Après la disparition de son petit frère, Ben vit dans une famille détruite. Sa belle-mère, la seconde épouse de son père, mère d’Eric, ne sort plus que rarement de chez elle. Elle quitte son travail, passe ses journées enfermée dans la chambre de son petit garçon, fête son anniversaire chaque année, lui achète des cadeaux que personne n’ouvre. L’atmosphère est pesante dans la maison. Les non-dits empoisonnent les relations, entretenant la culpabilité du jeune homme et éveillant en lui un écho : « il aurait mieux valu que ce soit toi qui disparaisses ». L’écrivain a vraiment l’art de faire passer les sentiments, de nous mettre en empathie et l’on se sent pris de tristesse devant ces vies brisées.  

Ajoutons à cela, et c’est rare, un écrivain qui sait parler du monde du travail ! La description du travail de magasinier est plus vrai que nature, et pour cause ! A la sortie de la fac, Dathan Auerbach a travaillé de nuit à la supérette locale : « le job en lui-même était atroce. Franchement insipide au-delà de toute description. Scanner des codes barres. Ranger des cartons et des boîtes de conserve. Et voilà. A l’infini. »  S'il a mal vécu cette expérience, elle lui a bien servi puisqu’elle lui a permis d’ancrer son récit dans la réalité et de donner un ton juste à son roman !

Thriller