samedi 25 septembre 2010

Elizabeth Strout : Olive Kitteridge


Elizabeth Strout ! Attention écrivain de talent! Quand elle nous fait pénétrer avec son dernier roman Olive Kitteridge qui a eu le prix Pulitzer, dans la vie intime des habitants de Crosby, une petite ville du Maine, c'est pour nous faire partager les joies, les souffrances, les doutes, l'amour et la haine, la vie et la mort de chacun de ses personnages.. Trente années se déroulent devant nous et nous plongent au coeur de la comédie humaine, pour reprendre l'image de Balzac, dans un microcosme plus vrai que nature.
Chaque chapitre fonctionne comme une nouvelle : Pharmacie, marée montante, la pianiste, l'affamée... et nous raconte une histoire, un moment d'une vie quotidienne, d'une vie qui ne sort pas de l'ordinaire et pour cela si proche de nous. Ces récits ont une telle force que nous, lecteurs, nous sentons totalement impliqués, pris dans la gangue de l'humaine condition avec ses espoirs et ses désespérances, avec ses réussites et ses erreurs
Le personnage central qui est le lien entre tous, c'est Olive Kitteridge, professeur de mathématiques, redoutée par des générations d'élèves mais curieusement aimée par ceux que la vie a malmenés. Cette sorte de virago, immense et grosse femme au franc parler, est une notoriété incontournable de la société de Crosby. Selon le point de vue présenté et d'un récit à l'autre, Olive Kitteridge nous apparaît nuancée par des éclairages divers et contradictoires. Et c'est là tout l'art de l'écrivain qui, en peignant toutes  les facettes d'un être humain, nous montre que celui-ci est bien plus complexe que l'on ne saurait l'imaginer, que les rapports entre les hommes sont souvent cruels et injustes.
Un très beau livre, nostalgique et plein d'émotion mais aussi de sagesse et de maturité, qui nous suggère que le bonheur est si fragile que bien souvent nous ne prenons conscience de son existence que lorsqu'il est passé. Il nous dit qu'il ne faut pas attendre de la vie plus que ce qu'elle peut nous donner et surtout pas qu'elle soit juste, que seul l'amour peut parfois permettre de la rendre supportable et que somme toute - c'est la conclusion du roman et c'est ce que pense Olive - elle est passionnante.
Ce monde ne cessait de l'étonner. Elle ne voulait pas le quitter- pas encore.

logobob01.1285430691.jpg Merci à B0B  et aux éditions Ecriture pour la lecture de ce très beau livre.

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