mercredi 23 mars 2011

Dyonysos Solomos et Victor Hugo, la Grèce


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Portrait de Solomos (source)

Je continue mes lectures pour préparer mon voyage à Athènes. J'ai déjà parlé dans mes précédents billets du poète Dionysos Solomos, surnommé le "Dante grec".
Dionysos Solomos (1798-1857) est né à Zakynthos. Il a écrit l'Hymne à la liberté pendant la guerre d'Indépendance qui a opposé les Grecs aux Turcs (1821-1830). Ce poème compte 158 strophes et a été mis en musique en 1828 par Nikolaos Mantzaros. Ce sont les deux premières strophes qui ont été retenues pour devenir l'Hymne national  grec en 1865.

L'Hymne à la liberté
Je te reconnais au tranchant
de ton glaive redoutable ;
Je te reconnais à ce regard rapide
Dont tu mesures la terre.
Sortie des ossements
Sacrés des Hellènes,
Et forte de ton antique énergie,
Je te salue, je te salue, ô Liberté !

Cette recherche m'a replongée dans le souvenir d'un poème des Orientales appris en classe de cinquième et que même aujourd'hui je connais presque par coeur.. hum! avec quelques lacunes tout de même! .

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L'enfant grec (source)
Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.
*
Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.
*
Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,
*
Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?
*
Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?
*
Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.
( Les Orientales 1829)

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