lundi 5 août 2013

Festival Off d'Avignon 2013 : Le Horla de Maupassant mis en scène de Slimane Kacioui avec Florent Aumaitre




Théâtre du roi René : Le Horla de Maupassant au festival off d'Avignon mis en scène par Slimane Kacioui, interprété par Florent Aumaitre, par Les créations d'aujourd'hui.

Je viens juste de lire La maison du docteur Blanche de Laure Murat.  C'est pourquoi j'ai eu envie d'assister à ce spectacle sur une oeuvre que je connais bien. Dans cette clinique psychiatrique, Guy de  Maupassant a fini sa vie dans des souffrances inouïes, le corps paralysé, le cerveau peu à peu détruit par la maladie. La syphilis a cette époque faisait des ravages sans qu'on ait encore vraiment établi le lien entre cette maladie et les conséquences terribles qu'elle entraînait.

 Le Horla est une nouvelle fascinante où  Guy de Maupassant étudie et analyse avec minutie l'emprise de la folie sur son personnage, les rémissions suivies par de violentes attaques qui détruisent peu à peu le cerveau. Le jeune homme en proie à ces crises croit percevoir une sorte d'entité invisible, effrayante, monstrueuse, Le Horla,  qui rôde autour de lui,  le guette sans cesse, le traque, et s'asseoit sur sa poitrine pour mieux l'étouffer. Le Horla finira par avoir raison de lui. Ce conte comme de nombreux autres prouve la fascination que la folie exerçait sur l'écrivain comme une anticipation de sa propre  fin. Il n'est pas étonnant que les psychiatres en est fait un objet d'étude clinique. Mais au-delà,  il s'agit  d'une très belle oeuvre littéraire, au style parfaitement maîtrisé,  qui joue sur la frontière entre réalité et fantastique.

Une mise en scène minimaliste nous place nécessairement dans un huis-clos, l'intérieur de la maison, lieu d'internement, qui reflète ce qui se passe à l'intérieur du personnage, de son cerveau dérangé. Une chaise et c'est tout!  La représentation du Horla joue essentiellement sur l'interprétation.  Seul le texte nous présente l'extérieur  que l'acteur Florent Aumaitre a le don de faire vivre pour nous : ce que voit le paysage qui s'étale devant ses yeux ou ce qu'il a vu quand il parvient à s'échapper comme si l'extérieur - où le Horla ne peut le suivre- était un lieu de guérison.
C'est  aussi au comédien de nous montrer les attaques de panique, la progression de la maladie, la prise de possession par le Horla de l'esprit et du corps du malade.  Le comédien possède bien son texte, le dit très bien et sait nous tenir en haleine! Mais... j'ai malgré tout eu l'impression que la gradation n'était pas assez nettement marquée, la tension psychologique ne nous amène pas à un paroxysme insupportable et  l'émotion ne surgit pas! En bref, une bon spectacle auquel il manque un petit quelque chose pour faire vibrer le spectateur.


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7 commentaires:

  1. J'ai réécouté récemment "le Horla" en audio, dit par Michaël Lonsdale. J'avais oublié à quel point la tension était forte dans ce texte. Je note "la maison du Docteur Blanche", ça devrait m'intéresser.

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    1. La voix de Michael Lonsdale dans ce texte doit faire merveille!
      Oui, la maison du docteur Blanche est vraiment un bouquin intéressant!

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  2. Une bonne raison de sortir "La Horla" de notre étagère. Ecouter Michaël Lonsdale en lire le texte doit être un régal.

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  3. Ce n'est pas ma nouvelle préféré de Maupassant mais effectivement, vu la dramatisation de la nouvelle, ça doit très bien rendre sur scène !

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    1. J'aime personnellement cette exploration de la peur et de la folie et aussi le jeu entre le fantastique et le réel.

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  4. Je t'envie d'avoir bien profité de ce festival ! Je n'y suis jamais allée mais je pense qu'une année on se fera plaisir et on ira passer le week-end à Avignon à cette occasion. Tu as fait de bien belles découvertes en tout cas !

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