lundi 7 juillet 2014

Nicolas Gogol : le Revizor festival Avignon 2014



Le Révizor de Gogol Le petit Louvre Chapelle des Templiers. Mise en scène Ronan Rivière et Aymeline Alix. 20H05

Je n'avais jamais eu l'occasion de voir jouer Le Revizor sur scène bien que je l'ai lue et appréciée depuis longtemps. Cette pièce de Gogol est une comédie mordante qui dénonce la corruption du pouvoir et s'appesantit sur les malversations et les incompétences du bourgmestre et de ses subordonnés d'une ville d'une province éloignée de Saint Peterbourg. Ceux-ci ne songent qu'à s'en mettre plein les poches sans aucun scrupule et sans se soucier aucunement du bien-être de leurs concitoyens; on voit que si l'action se situe en Russie au XIX siècle, elle est toujours d'une actualité brûlante!
L'auteur imagine, en effet, qu'un jeune noble ruiné, qui ne peut payer ses dettes, est pris, par les notables de la ville, pour un Révizor, c'est à dire un inspecteur envoyé par le tsar et cette fois-ci incognito. Ils reçoivent le jeune homme en le comblant d'attentions et achètent autant qu'ils le peuvent son indulgence. Celui-ci, un fieffé coquin, comprend bien vite le quiproquo, joue le jeu et empoche l'argent. Il séduit même la fille du bourgmestre puis s'en va tandis que les notables comprennent leur erreur; c'est alors que le vrai Revizor arrive sur les lieux.
La satire de Gogol est féroce. Aucun de ces personnages ne s'en tire avec honneur, ce sont tous des êtres corrompus et bas, méprisables et ridicules. La noblesse pas plus que la bourgeoisie ne sont épargnées. Cependant il s'agit d'une comédie et Gogol tient à nous faire rire même si ce rire n'est pas dépourvu d'amertume.
Dans la mise en scène de Ronan Rivière, l'humour n'est peut-être pas assez présent, les acteurs disent  leur texte trop rapidement,  et il  n'y a pas assez de nuances dans le jeu ni de temps de respiration qui permettrait de savourer les dialogues, d'en faire ressortir le comique. Et c'est dommage car la représentation présente des qualités.  La scénographie qui recrée un univers assez noir, entre ombre et lumière, et les personnages rigides, sanglés dans des uniformes sombres, rendent bien l'aspect pessimiste de la pièce. La troupe est homogène et il n'y a pas de faiblesse au niveau du jeu.

challenge Théâtre Eimelle

5 commentaires:

  1. On voit bien l'importance de l'humour à travers les époques pour dénoncer les dérèglements.

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  2. Un sujet toujours d'actualité.. de quoi rire jaune.
    Espérons que les acteurs tiendront compte de ta remarque.
    Rien de plus énervant pour les spectateurs que de ne pas comprendre certains mots d'un texte récité trop vite.
    D'ailleurs, il n'y a pas qu'au théâtre que la diction est essentielle.
    Il m'arrive de plus en plus souvent de pester contre certain(e)s jeunes journalistes de la radio qui prononcent "Goche" pour "Gauche", "Rhone" pour "Rhône" et, a contrario, "hexagône" pour "hexagone" et ainsi de suite !

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    1. Ce n'est pas que l'on ne comprend pas parce qu'ils parlent trop vite ni parce qu'ils prononcent mal. Ce que je veux dire c'est qu'ils ne laissent pas de respiration pour laisser le temps aux situations de se développer , ils ne laissent pas l'humour s'installer et se savourer. Ils envoient leur texte mais ne le laisse pas faire son oeuvre. Difficile à expliquer!

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  3. Toujours aussi passionnée par le théâtre à ce que je vois ;0) Il vaut certainement mieux avoir lu la pièce de Gogol pour pouvoir apprécier (ce qui n'est pas mon cas) surtout si le texte étaient récités trop rapidement... Mais comme tu le dis ; le sujet est toujours d'actualité malheureusement... Bel été Claudia Lucia, bises

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  4. Je ne connaissais pas du tout cette pièce ! Les mises en scène sont parfois décevantes...

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