dimanche 13 septembre 2015

Marina Tsevtaïeva : A Akhmatova

Marina Tsevtaïeva

J'ai déjà présenté Marina Tsevtaïeva dans mon blog avec deux de ses poèmes que j'aime beaucoup ICI.
Marina Tsevtaïeva, figure importante de la poésie russe, méconnue de son vivant, s'exila en 1922 à l'étranger, où elle poursuivit son œuvre poétique. Elle regagna la Russie en 1939. L'hostilité à laquelle elle fut confrontée la poussa au suicide en 1941.

Voici maintenant une poésie qu'elle écrit en hommage à son amie Anna Akhmatova

À AKHMATOVA
 
Anna Akhmatova
 

O muse des pleurs, la plus belle des muses !
Complice égarée de la nuit blanche où tu nais !
Tu fais passer sur la Russie ta sombre tourmente
Et ta plainte aiguë nous perce comme un trait.


Nous nous écartons en gémissant et ce Ah!
Par mille bouches te prête serment, Anna
Akhmatova ! Ton nom qui n’est qu’un long soupir
Tombe en cet immense abîme que rien ne nomme. 

A fouler la terre que tu foules, à marcher
sous le même ciel, nous portons une couronne !
Et celui que tu blesses à mort dans ta course
Se couche immortel sur son lit de mort. 

Ma ville résonne, les coupoles scintillent,
Un aveugle errant passe en louant le Sauveur…
Et moi je t’offre ma ville où les cloches sonnent,
Akhmatova, et je te donne aussi mon coeur.


19 juin 1916 Moscou dans Insomnie


6 commentaires:

  1. Tu fais coup double avec tes billets en ce moment Woolf et Tsvetaïeva
    la poésie russe est superbe

    RépondreSupprimer
  2. De belles voix toutes les deux! j'adore, en particulier, la dernière strophe. Dire que mardi, je serai devant ces coupoles qui scintillent, à Moscou!

    RépondreSupprimer
  3. Sa bio est toujours sur mon étagère... Un jour je vais m'y mettre !

    RépondreSupprimer
  4. Superbe finale ! Je ne connaissais pas ce poème, merci.

    RépondreSupprimer

Merci pour votre visite. Votre message apparaîtra après validation.