jeudi 2 février 2017

Maria Oruna : Le port secret



Je ne sais pourquoi  l’évocation de la guerre d’Espagne y compris dans un roman policier me touche tant … Ou plutôt je sais pourquoi  ! Le souvenir de mes grandes lectures « inolvidable »...  de Jorge Semprun à Javier Cercas, en passant par Manuel Rivas et Lydie Salvayre (Pas pleurer)  et plus récemment de Victor del Arbol (toutes les vagues de l’océan) ...

Alors voilà,  si j’ai choisi de lire Le port secret de Maria Oruna paru chez Actes Sud, c’est parce que l’enquête policière est mêlée étroitement au passé, à cette guerre d’Espagne qui ne cesse de retentir dans la mémoire vive des espagnols. Rien de plus traumatisant et d’ineffaçable qu’une guerre civile.

Olivier Gordon, britannique, espagnol par sa mère qui vient de mourir, va prendre possession de son héritage, sa maison familiale en Cantabrie. Mais les ouvriers qui en effectuent la restauration découvre le cadavre d’un bébé dont la mort remonte à la guerre civile. L’enquête de la police est mise en parallèle avec des fragments d’un journal qui nous raconte l’histoire d’une famille dont les membres sont décimés par les avions nationalistes au moment de la guerre civile. Deux personnages  émergent de ce récit, deux soeurs traumatisées par la mort de leur mère et de leur frère mais aussi par la misère qui oblige le père à séparer la fratrie restante et à "placer" ses enfants chez les riches. Amertume, rancoeur, désir d’échapper à cette condition par tous les moyens, à la dureté de la vie, vont engendrer bien des tragédies.

Pour moi, je le dis tout de suite, Maria Oruna, dont c’est le premier roman noir, n’a pas la puissance des écrivains cités ci-dessus; on est vraiment un cran en dessous quant à la profondeur, au style et à l’émotion qu’il procure. Mais récit se poursuit avec sa part de surprises, de rebondissements. Le passé et le présent se mêlent habilement. Certes, l'intrigue présente quelques invraisemblances, l'histoire d'amour est  un peu attendue, mais dans l’ensemble le polar se lit bien, et on peut se laisser emporter loin dans le passé mais aussi dans cette région d’Espagne qui a l’air si belle entre montagne et mer.

6 commentaires:

  1. je retiens le titre car je suis comme toi, le crayon du charpentier est par exemple un souvenir fort, j'ajoute Munoz Molina à ta liste :-)

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  2. Comme toi, Le crayon du charpentier est une de mes lectures fortes, qui me reste en mémoire et qui m'a beaucoup touchée. Munoz Molina ? je ne connais pas mais je note.

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  3. Et Javier Cercas, Les soldats de Salamine ? Tu as lu ?

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  4. Il y a un peu de tout dans cette collection ; pour le sujet du jour, je retiens donc plutôt les titres suggérés par Dominique et toi.

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    1. Oui, si c'est pour lire sur la guerre d'Espagne , ne rate pas les titres et les auteurs cités ci-dessus. Si tu cherches un policier, pourquoi pas celui-ci? j'ai noté les qualités que je lui trouve.

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  5. Bonsoir claudialucia, je me demandais ce que valait ce roman. Si je t'ai bien lu, on peut le lire mais sans urgence. Ca tombe bien, j'en ai plein qui m'attendent. Bonne soirée.

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