jeudi 2 décembre 2021

Heather Young : Un été près du lac


Le récit Un été près du lac de Heather Young se déroule sur deux époques : Celle de Lucy, une vieille dame, qui, sentant venir la fin, écrit l’histoire de cet été tragique 1935, à l’intention de sa petite-nièce Justine. Lucy avait onze ans à l’époque et ces vacances avec ses parents et ses soeurs, Lilith, l’aînée, et Emily, la cadette,  représentaient pour elle une grande source de bonheur.
Mais cette année, rien n’est comme avant.  Lilith délaisse sa soeur pour flirter avec les garçons et est en rébellion contre son père. Sa mère surprotège sa cadette Emily … mais de quel danger ? Et pourtant celle-ci disparaît dans la forêt et l’on ne la retrouve jamais
Enfin, l’époque de Justine, 1999, qui après une rupture avec le père de ses filles, cherche à s’extraire de la relation nocive qu’elle entretient avec un compagnon la fois infantile et trop possiesif et pour tout dire phagocyteur. Justement, à la mort de sa grand-tante qui lui lègue sa maison au bord du lac du Minnesota, elle quitte tout et va s’installer dans ce chalet inconfortable et glacial mais qui lui paraît d’abord synonyme de libération.

Au premier abord, mon entrée dans le roman m’a laissé une impression de déjà lue : l’adolescente rebelle, la fin de l’enfance sur fond de vacances et bord de plage… Puis je me suis laissée entraîner par ces pages qui font sentir avec profondeur les non-dits pesants qui règnent dans cette famille prétendument exemplaire. Et même si un lecteur averti comprend vite de quoi il s’agit, il n’en est pas moins vrai que l’auteur parvient à créer une atmosphère lourde, insécure, et à analyser avec finesse les noirs tourments qui agitent l’âme de ce père religieux, confit en dévotion, à la morale étriquée et rigide, et de cette mère, effacée, voire inexistante, et lâche. Quant à la disparition d’Emily, le suspense entretenu autour de ce mystère nous accompagne pendant le récit tout en générant une mélancolie sourde, jusqu’à la révélation finale qui nous laisse sans voix.
En ce qui concerne Justine, sa vie est intéressante et nous suivons avec attention les péripéties de son combat pour devenir une femme indépendante, tout en découvrant le passé de sa famille dont elle s’était éloignée. Malgré tout, j’ai préféré la première période dont les personnages m’ont paru plus fouillés, plus approfondis et qui m’a donc plus accrochée.
Un premier roman intéressant, agréable à lire, avec des qualités d’écriture, qui a été sélectionné pour le meilleur premier roman policier américain.

13 commentaires:

  1. une trame assez récurrente dans les polars, j'ai tellement de mal à lire en ce moment que je n'arrive pas à me motiver pour ce type de livre

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  2. Une intrigue à la Harlan Coben, au départ une disparition à l'arrivée une réapparition qui se justifie et s'explique, c'est ce que j'imagine de tes mots mais je peux me tromper
    J'aime bien les maisons solitaires au bord d'un lac comme dans la profondeur d'une forêt

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    1. Non, pas de réapparition et cela ne me fait pas penser à du Harlen Coben. Oui, l'intrigue paraît assez banale au départ mais c'est traité avec assez de finesse.

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  3. Je n'ai pas remarqué ce roman dans l'abondonce de la rentrée. Même s'il a déjà été traité, le thème m'intéresse toujours.

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    1. Il est agréable à lire et intéressant. Ce n'est pas un livre de la rentrée.

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  4. tu es dans une série polars américains il me semble. Je suis partie dans une direction opposée mais je note celui-ci dans un coin si des envies d'Amérique me venaient.

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  5. Oui, un premier roman prometteur, mais ça n'a pas l'air si original?

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    1. C'est vrai, c'est la manière de le traiter qui est intéressante.

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  6. J'hésite un peu :J'aime bien les romans qui se déroulent sur des époques différentes mais j'ai souvent un peu de mal avec les policiers.
    Daphné

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    1. Ce roman est surtout psychologique. Il n'est pas essentiel mais c'est une lecture intéressante.

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  7. je ne l'avais pas remarqué non plus, je note plutôt le Ellory aussi!

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    1. Le Ellory est plus fort ! Mais parfois vraiment noir comme Seul le silence !

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