mardi 28 juillet 2015

L’oubli des anges Géraldine Lonfat/ André Pignat Compagnie Interface


L'oubli des Anges compagnie Interface

La compagnie Interface avait donné l’année dernière un spectacle, Téruel, qui avait obtenu le prix du public en 2014 et que je n’avais pu aller voir. Aussi je n’ai pas voulu manquer celui-ci intitulé L’oubli des anges qui est d’un grande beauté.
Cette pièce, opéra, ballet et théâtre à la fois, unit le chant lyrique, la danse et la voix et commente pour nous le douloureux passage de la vie à la mort, le refus de la séparation, le déni qui est celui de l’amoureux refusant de laisser partir celle qu’il aime, la révolte de la jeune morte qui s’accroche à la vie. Un ange représenté par une femme enceinte vient les aider à franchir le pas. Son ventre plein symbolise la renaissance, la suprématie de la vie qui succède toujours à la mort.

La chorégraphie d’une grande pureté, transmet une émotion qui dépasse le seul aspect esthétique : La danseuse, Géraldine Lonfat, qui incarne magnifiquement la jeune fille, exprime la douleur et la violence; elle se tord, s’arc-boute, s’élance pour toujours retomber, pour prendre un envol qui ne peut avoir lieu. C’est la jeunesse qui repousse la mort, c’est le désespoir d’un corps qui refuse l’anéantissement. La voix de l'amoureux, dont les pieds sont lourdement enchaînés, retenus à terre parmi les vivants, accompagne la jeune morte dans un requiem douloureux, des chants liturgiques en latin rythment les spasmes d’un corps qui ne veut pas céder. La voix des récitants, l’ange et les parents de la morte, incantatoires, s’élèvent pour l’accompagner, pour dire la douleur mais aussi les bienfaits de l’acceptation.
 Une très belle scénographie contribue à l’émotion provoquée par le spectacle. Les costumes sombres des personnages contrastent avec le blanc du linceul dont est parée la danseuse. Le bel éclairage en clair-obscur, entre vie et mort, symbolise le drame qui se joue devant nous. Le faisceau de lumière vertical qui encercle la danseuse paraît être d’inspiration divine et semble la retenir prisonnière; le jeune homme, lui, se situe à la limite du cercle parfois à l'intérieur, parfois à l'extérieur au fur et à mesure que le processus d'apaisement se fait jusqu’au moment où le cercle disparaît, la lumière s’étend, le corps s’apaise et la jeune fille lâche prise et accepte.
Un spectacle vibrant d'émotion. Un coup de coeur!

L'oubli des Anges : Géraldine Lonfat (source)

Interprète(s) : Géraldine Lonfat, David Faggionato, Thomas Laubacher, Paul Patin, Virgine Quigneaux, Carmen Cruz
Chorégraphe : Géraldine Lonfat
Compositeur : André Pignat
Auteur : Stéphane Albelda
Régisseur : Jérôme Hugon

4 commentaires:

  1. Un spectacle qui se jouera peut-être ailleurs ? C'est le genre que je n'hésiterais pas à aller voir.

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    1. Peut-être, je ne sais pas. Mais oui, tu peux aller le voir si tu en as l'occasion; c'est vraiment très beau!

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  2. Réponses
    1. Magnifique visuellement et aussi au niveau de l'émotion.

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