samedi 30 juillet 2016

Festival Off d'Avignon 2016 Théâtre italien : Prêt-à-partir de Fabio Marra et Fabio Gorgolini et Ensemble de Fabio Marra



Prêt-à-partir

« Prêt-à-partir » est une histoire rocambolesque où l'ironie se mêle au drame, le passé au présent, la fantaisie à la réalité. Le voyage vers la Cour d’une troupe de théâtre proche de la faillite est interrompu par un accident. On assiste alors aux répétitions du spectacle qui décidera du sort de la compagnie. Un roi obèse traversera une série d’aventures et de métamorphoses pour conquérir ce que le pouvoir seul ne peut pas lui donner. Les répétitions terminées, nos quatre comédiens vont-ils être prêts à partir ?

J’ai trouvé la mise en scène et la scénographie de Prêt-à-partir, pièce de théâtre de Fabio Marra et Fabio Gorgolini, inventives et réussies. Une roulotte comme celle de la troupe de Molière immobilisée à la suite d’une roue cassée va servir de décor à la répétition de la pièce, devenant tour à tour, le palais du roi, la chambre de la reine, la prison…
Saverio, auteur des pièces et aussi directeur de la troupe,  (amusante allusion à un certain Jean-Baptiste!) trouve son inspiration dans la découverte qu’ils font d’un bébé abandonné dans les bois et que la femme de Saverio accueille avec ravissement. Pendant les répétitions les personnages de la pièce, roi, prince, reine, serviteurs, médecin, cuisinier, prennent vie devant nous. Mais lorsque les comédiens interrompent la répétition pour redevenir eux-mêmes, ils retrouvent leurs soucis d’argent, la nécessité de partir au plus vite pour atteindre la cour du Duc, leur désir de réussite, leur rivalité et leur jalousie professionnelles…
Cette mise en abyme est passionnante parce qu’elle fait et défait les personnages au fur et à mesure qu'ils se construisent devant le spectateur amenant à une réflexion sur le théâtre, ses conventions, sa réalité et la nécessaire distance qu'un comédien doit entretenir par rapport à son personnage. De plus, elle est une source d’amusement constant.
Certains passages sont proches de la farce lors des scènes avec le personnage du roi-obèse et pourtant sa souffrance de se voir rejeté par sa bien-aimée est tragique comme pourrait l'être la lutte des deux princes pour le pouvoir qui se double d’une rivalité amoureuse… mais elles sont désamorcées par le rire. La pièce est servie par de bons comédiens, italiens mais qui jouent en français, au tempérament comique et qui ne se ménagent pas pour nous amuser! Quant au nouveau-né découvert par la troupe je vous laisse découvrir ce qu’il advient de lui !

C’était la dernière représentation de cette pièce en ce samedi 30 juillet 2016, dernier jour du festival OFF pour la grande majorité des spectacles. Mais demain je vais encore en voir deux car certains théâtres ont décidé de poursuivre un jour de plus.

Compagnie Teatro Picaro
Auteur(s) : Fabio Gorgolini / Fabio Marra
    •    Interprète(s) : Ciro Cesarano, Paolo Crocco, Laetitia Poulalion, Fabio Gorgolini
    •    Mise en scène : Fabio Gorgolini
    •    Lumières : Orazio Trotta
    •    Costumes : Virginie Stuki
    •    Décor : Atelier Jipanco
    •    Régie : Cécile Aubert
    •    Chargée de prod. : Sarah Moulin
    •    Communication : Maria Rosaria De Riso
    •    Soutiens : Ville de Bièvres, Ville d'Yzeure, Ville de Montreuil, Ville de Gerzat


Ensemble de Fabio Marra

Croyant au rire comme antidote au drame Fabio Marra écrit une nouvelle création.
L'histoire se déroule autour d’un thème aussi inconnu qu’universel : la normalité. Qu’est-ce qu’être normal ? Sommes–nous prêts à accepter la différence ?
Isabella, interprétée par Catherine Arditi, est une femme déterminée, elle vit avec son fils Michele, un jeune homme simple d’esprit.
Cette relation fusionnelle entre une mère et son fils nous parle d’attachement, de sacrifice, avec un mélange de tendresse et d’ironie.

Dans la pièce Ensemble de Fabio Marra l’amour d’une mère pour son fils - qu’elle refuse de voir comme anormal - est touchant. La comédienne Catherine Arditi transmet avec sensibilité ce sentiment fort, exclusif, ce dévouement de tous les instants pour ne pas dire cette abnégation qui s’appelle amour maternel.
Mais j’ai parfois été dérangée par certains faits qui m'ont paru peu crédibles. Par exemple, l’histoire de la fille qui revient 10 ans après chez sa mère après avoir quitté la maison et être devenu cadre supérieur dans une entreprise. On se demande bien comment elle a pu faire des études aussi poussées en s’éloignant de sa famille si jeune. Etait-il nécessaire aussi pour expliquer le dévouement de la mère et surtout convaincre la jeune femme d’aimer son frère de faire de celui-ci le sauveur de la famille ? Ce sont des détails ? Peut-être ? Mais qui m’ont empêchée d’adhérer complètement à l'histoire car il s'agit d'un théâtre réaliste. Le milieu social est modeste, la mère me fait un peu penser à un personnage de Dario Fo et elle peine à arriver à la fin du mois. 
Cependant, il y a de beaux moments d’émotion au cours du spectacle et d’autres d’humour un peu triste. Ensemble reste donc un pièce intéressante qui, de plus, est bien interprétée.

Carrozzone Teatro 
Coproduction : LM Productions
Interprète(s) : Catherine Arditi, Sonia Palau, Floriane Vincent, Fabio Marra
  Metteur en scène : Fabio Marra
  Lumières : Cécile Aubert
  Régie plateau : Camille Fleurance
  Billetterie : Leslie Likion, Romane Hoquet-Trentinella
  Diffusion : Fiona Tschirhart
    

        Fabio Marra 

 Il débute au Théâtre Historique Bellini de Naples. Il s’intéresse vite à l’écriture et il écrit et met en scène plusieurs pièces courtes qui sont représentées dans différents théâtres de la ville. En 2005, il quitte son pays natal et s’installe à Paris où il poursuit sa formation à l’Ecole Internationale Jacques Lecoq. Parallèlement il travaille auprès des dramaturges espagnols Jordi Galceran et José Sanchis Sinisterra.
Son parcours s’amorce au sein de Carrozzone Teatro qu’il fonde en 2006 et  qui produit les textes dont il est l’auteur, metteur en scène et comédien. Dans son écriture l’ironie vient souvent s’infiltrer dans les moments tragiques. (wikipedia)

2 commentaires:

  1. Et finalement qu'as tu pensé de l'âge conseillé par rapport à ta petite fille pour le premier ?

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    1. Comme toi! Un peu jeunette à six ans! Mais par contre il y avait des enfants plus âgés qui avaient l'air d'apprécier.

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