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dimanche 8 janvier 2023

Lisbonne Luis Vaz de Camoes : Les Lusiades : Vasco de Gama (1)


Luis Vaz Camoes, Vasco de Gama, Caravelle, Henry le Navigateur*

Dans les Lusiades, Os Lusiadas, Luis Vaz de Camoes compose " moins une épopée qu'un chant national, un hymne patriotique en l'honneur des Lusitaniens".  C'est ce qu'affirme  François-Félix Ragon dont je lis la traduction en vers.   

Un poème épique

Le roi Sébastien 1er (1554-1578)

Les Lusiades est un poème épique achevé en 1556 et publié seulement en 1572 après le retour des Indes de Luis Vaz de Camoes. Il est dédié au roi Sebastien 1er   :  "Grand roi, dont les états contemplent le soleil, Soit que son front se lève à l'Orient vermeil, Soit que du haut des cieux son char se précipite Vers les palais d'azur où l'attend Amphitrite". Ce dernier mourut peu après la publication des Lusiades dans la guerre des Trois Rois à la bataille de  Ksar El Kebir au Maroc  en 1578. 

Ce poème est composé de dix chants qui présentent, d'une manière inégale, environ 110 strophes de huit décasyllabes par chant. Le héros est d'abord collectif, Os Lusiades, les descendants du Dieu Lusus qui est le fils et compagnon de Bacchus, -selon l'étymologie retenue par Camoes- l'ancêtre des portugais, donc. 

  Dès le chant I, dans la strophe 1, Camoes indique quel est son but, chanter les héros lusitaniens et les exploits des marins et des rois de son pays. 

chant I  

 Je dirai, si le ciel seconde mon génie,
Les combats, les héros de la Lusitanie,
Qui, s'ouvrant sur les mers des passages nouveaux,
Par de là Taprobane* ont guidé leurs vaisseaux,
Et qui par des efforts de valeur plus qu'humaine
Ont sur ces bords lointains établi leur domaine.
Je célèbre ces rois valeureux et chrétiens,
De la foi, de l'empire invincibles soutiens,
Et qui, de leur audace effrayant l'infidèle,
                 Ont conquis à leurs noms une gloire immortelle.  

         

          * ile de Ceylan

De plus, Luis Vaz de Camoes précise dès les premières les strophes ce que sera son poème, une épopée, certes, mais avec des héros qui surpassent les grecs ou les romains; une épopée qui ne soit pas "une fable", qui aura donc le mérite de présenter des personnages réels qui ont marqué l'Histoire vraie de son pays.
 
Qu'on cesse de vanter à la terre étonnée 
Les voyages fameux et d'Ulysse et d'Enée.
  (...)
La vérité chez nous va plus loin que la fable, 
Et de nos Portugais la valeur indomptable 
De tous ces paladins, si vantés autrefois, 
Des Roger, des Roland surpasse les exploits.

 Cependant, tout en dénigrant selon un procédé épique fréquent les héros célèbres et les poètes qui les ont chantés pour mieux glorifier son oeuvre et en montrer la supériorité, on voit qu'il se met dans les pas des plus grands. Il surenchérit sur rien de moins que Homère ou Virgile pour l'antiquité,  rien de moins que les héros des chansons de geste les plus célèbres pour le Moyen-âge, ceux-ci rejoignant les héros lusitaniens dans leur lutte contre les Maures au nom de la foi Chrétienne et, il faut bien le dire, dans le cas des Portugais, pour des raisons économiques. Tout au long du poème, les références à Enée ou Ulysse sont nombreuses et les procédés homériques sont souvent repris. Ainsi comme dans l'Odyssée ou l'Iliade, les Dieux interviennent dans le destin des hommes : Bacchus est l'ennemi des Portugais dont il jalouse la bravoure, Vénus les aime et les protège car ils sont vaillants et la Beauté les accompagne dans tout ce qu'ils entreprennent. Jupiter, en juge neutre, reconnaissant leur valeur, leur témoigne sa faveur. Mais les dieux romains ne sont qu'une licence poétique qui témoigne de la grande culture  classique de Luis Vaz de Camoes et rappelle, par le style, le divin Homère :

De ses premiers rayons Phoebus dorait sa tête,
 Et le sommeil fuyait, rappelant aux travaux 
Les mortels que dans l'ombre endormaient ses pavots;
 La vapeur de la nuit en perle transparente 
Retombait sur les fleurs dans la plaine odorante....

Mais le fond du poème est imprégné par la foi chrétienne et manifeste de l'esprit de croisade vis à vis de l'Islam.

Le voyage de Vasco de Gama 

 

Vasco de Gama (XVI siècle)

Le poème Les Lusiades raconte donc le  premier voyage de Vasco de Gama : Gama, l'illustre chef de la grande entreprise, /Gama, que le destin protège et favorise, qui est mandaté par le roi Manuel 1er pour ouvrir la route des Indes : "Ainsi le commandait le plus chéri des rois, Dont toujours les désirs furent pour nous des lois.

Le roi Manuel 1er (1469-1521)
 

L'amiral part de Lisbonne en 1497 à la tête de quatre navires et naviguera à peu près un an avant d'atteindre L'Inde. Son vaisseau amiral est le Sao Gabriel, le São Rafael est commandé par son frère Paulo de Gama, la caravelle le Berrio par Nicolau Coelho, et le navire de charge par Gonzalo Nunez. Cette route maritime périlleuse où il dut mener des combats contre les "Maures", cette route difficile, aventureuse,- les fureurs de la mer, les tourments de la faim, Et des cieux ennemis et des périls sans fin - fit du Portugal l'un des pays les plus puissants du XVI siècle, une fois qu'il fut libéré des taxes imposées par les Turcs et les Arabes sur les épices et qu'il eut vaincu la prépondérance de la République de Venise sur le commerce vers l'Orient par les voies terrestres.

 
La plus ancienne carte de navigation portugaise connue,(~1502), dévoilant le résultat des voyages de Vasco da Gama aux Indes, de Christophe Colomb en Amérique centrale, de Gaspar Corte-Real à TerreNeuve et de Pedro Álvares Cabral au Brésil
 

Le poète rend compte aussi comment la découverte des Indes est un progrès dans la connaissance des autres pays et des cultures. «Portugais, nous sommes de l'Occident, / Nous allons à la recherche de l'Orient» écrit-il.  Le voyage du grand navigateur lança, en effet, des ponts sur les océans entre Occident et Orient, reculant ainsi les limites de l'homme : Tes guerriers, appelés à des destins plus beaux*, Uniront l'ancien monde à des mondes nouveaux. Préoccupation humaniste qui occulte la violence de cette "union" réalisée bien souvent par la force et en particulier dans le second voyage que fera Vasco de Gama. Le massacre des "Infidèles" musulmans  -au nom du Christianisme- ou ceux des peuples  "sauvages" et "perfides" qui trahissent la confiance des navigateurs non seulement n'émeut pas le poète, mais est conforme, au contraire, à la mentalité de l'époque. C'est un prétexte à exalter les exploits guerriers des valeureux soldats dans un grossissement épique qui ne ménage pas les flots de sang.  Le sang en noirs torrents inonde le vallon, Et d'une horrible pourpre a rougi le gazon

En cela, le poème Les Lusiades fait écho à la Chanson de Roland et célèbre la Geste de Vasco de Gama et de ses compagnons. De plus, il rappelle, dans le Chant VI, avec  l'histoire des douze preux appelés en Angleterre par Lancastre pour défendre l'honneur des dames, l'influence du roman courtois, Les lusiades étant à la croisée de ces diverses sources.

 * plus beaux que ceux d'Ulysse ou d'Enée

Le départ de Vasco de Gama 1497  par Alfredo Roque Gameiro

Si les chants  I et  II racontent  les délibérations des dieux de l'Olympe, les batailles de Vasco de Gama avec les peuples arabes et le chant III et IV l'histoire des rois du Portugal, dans le chant V, Vasco de Gama accueilli par un noble personnage, le prince de Mélinde (Kenya), comme Ulysse chez Alkinoos, doit narrer son histoire à l'hôte qui le reçoit. C'est ce récit oral de Vasco de Gama que j'ai trouvé le plus intéressant et qui fait du Chant V mon  passage préféré.

Le départ de Lisbonne  est un moment poétique d'une grande beauté d'une douceur et d'une nostalgie communicatives. On sent bien le sentiment qui s'empare des hommes à la pensée que beaucoup d'entre eux ne reverront jamais leur famille et leur patrie.

Chant V
 
Le zéphir, frémissant dans les voiles agiles, 
Balançait nos vaisseaux sur les vagues mobiles. 
Le cri de nos adieux retentit dans les airs. 
Emportés par les vents, nous volons sur les mers. 
Le soleil, près d'entrer au signe de Némée, 
De ses feux inondait la nature enflammée,
Quand sur l'immensité du superbe Océan 
Nous prîmes vers ces bords notre rapide élan. 
Remparts où nous laissons un peuple dans les larmes, 
Séjour de nos aïeux pour nous si plein de charmes, 
Rivages paternels à nos regards si doux,
 Monts de notre pays, nous fuyons loin de vous. 
De Cintra par degrés les collines s'abaissent; 
Les flots riants du Tage à nos yeux disparaissent.

Vasco de Gama raconte comment il suit le trace  de ses prédécesseurs, étape par étape, le long de la côte ouest de l'Afrique puis jusqu'au Mozambique avant d'atteindre le pays du Gange et de l'Indus et retrace les grands moments des découvertes initiées par Henry le Navigateur, (1394-1460) roi du Portugal, qui, dans sa lutte contre l'Islam, cherche à repousser la main mise des musulmans sur la route des Indes. Henry appelle à sa cour les cosmographes, cartographes, ingénieur navals, navigateurs, et obtient le soutien financier des Compagnons du Christ. La construction de la caravelle sera l'outil essentiel à l'entreprise. 

La nef de Gama passe devant Madère découverte en 1419,  devant le Sénégal atteint par Dinas Dias, la Gambie  révélée en 1446 par C'ada Mosto, la Serra-Leona... Le vaisseau poursuit sa route. Ce fleuve est le brillant et superbe Zaïre Qui baigne du Congo le populeux empire, Région à l'Europe inconnue autrefois, Et que le Portugal a soumise à la croix. Par delà l'équateur nous poussons notre cou. Enfin  le cap des Tempêtes, appelé par la suite cap de la Bonne Espérance, que Bartolomeu Diaz fut le premier à l'atteindre, est en vue.  Bartolemeu Diaz accompagne  d'ailleurs Vasco de Gama au début de son voyage.

https://recitsdumonde.fr/recits/premier-voyage-de-vasco-de-gama-aux-indes/
 
Bartolomeu Diaz (1450_1500)

 Pendant ce récit, le capitaine décrit les maladies qui ravagent l'équipage. Ainsi il livre la première description qui fut faite du scorbut :

 Chant V 129

 De plusieurs d'entre nous sur l'onde meurtrière
 Un terrible fléau termina la carrière.
  Oui pourrait de ce mal décrire les horreurs? 
Des malheureux marins qu'atteignaient ses fureurs 
Les gencives s'enflaient, et dans leur bouche impure 
Leurs chairs en se gonflant tombaient en pourriture. 
Nul enfant d'Esculape en ce moment fatal 
Ne nous prêtait ses soins pour combattre le mal; 
(...)
Au fléau destructeur plus d'un brave succombe. 
Oh! que l'homme aisément trouve ici-bas sa tombe! 
Que faut-il à la mort! Du soldat, du héros 
Un flot, un peu de sable ensevelit les os.
 
La description de phénomènes dangereux observés par Vasco et par son équipage, d'autant plus  terrifiants qu'ils sont inexpliqués, est  d'une grande précision scientifique. Mais elle nous fait en même temps pénétrer dans le surnaturel. Elle transmet la crainte presque religieuse  des hommes devant ce qui pourrait être considéré comme le courroux de Dieu. Une trombe,  un cyclone. 
 
chant V 116
J'ai vu de l'Océan s'élancer une nue; 
 Elle aspirait les flots, en long tube étendue; 
D'abord elle s'annonce en légère vapeur 
Errante au gré des vents à l'horizon trompeur ; 
Tout-à-coup s'élevant, s'allongeant en colonne, 
 ( Tel le souple métal que l'ouvrier façonne ), 
Substance aérienne, échappant presque aux yeux, 
 Son tube délié monte jusques aux cieux. 
 Mais insensiblement il se grossit de l'onde 
Qu'il attire du sein de la plaine profonde. 
 De ces flots entassés l'amas pyramidal
 En volume bientôt à nos mâts est égal. 
Dans ses balancements il suit le flot mobile; 
 Il se couronne enfin d'un nuage ductile 
Qui dans ses larges flancs amoncèle les mers 
 Que la trombe puissante aspire dans les airs. 
Comme on voit, s'élançant du fond d'une eau limpide, 
Du sang d'une génisse une sangsue avide 
 S'attacher à sa proie au bord du frais canal
 Où se désaltérait l'imprudent animal; 
 Le reptile, abreuvant la soif qui le dévore, 
S'emplit et se dilate et se dilate encore ; 
Telle apparaît aux yeux cette colonne d'eau,
 Et le nuage épais, son vaste chapiteau. 
Après que de torrents elle s'est abreuvée, 
 L'immense pyramide, à sa base enlevée, 
Voltige sur les mers, et reverse à leur sein
 Les flots qu'elle tira de leur profond bassin. 

 

A la fin de son récit qui clôt le chant V, Vasco de Gama prend congé du souverain de Melinde (Kenya) et  il atteint le port indien de Pantalayini, situé à une vingtaine de kilomètres de Calicut en 1498.

chant VI

Le jour naissant dorait les campagnes fécondes
 Que le Gange superbe arrose de ses ondes, 
Quand, du haut du grand mât, les matelots joyeux 
Ont vu de loin la terre apparaître à leurs yeux. 
« Amis, s'est écrié le nocher de Mélinde, 
Je ne me trompe pas, c'est la terre de l'Inde ; 
Elle offre à mes regards le port de Calicut; 
Et si de vos travaux l'Inde seule est le but, 
Ne craignez plus les flots, les vents et les orages; 
Votre course finit à ces prochains rivages. »
 

Les autres chants continuent à célébrer les héros portugais. Ils racontent  l'échec de Vasco de Gama dans ses négociations commerciales avec le Zamorin mais toujours en glorifiant l'amiral et en faisant retomber la faute sur l'étranger, Le Musulman jaloux perfidement s'exerce A rendre infructueux leurs projets de commerce (chant IX)  et son retour au Portugal. Gama s'est éloigné du climat ou l'aurore Montre son front riant que la rose colore (Chant IX). On y voit aussi la muse de le Renommée prédire le destin du Portugal et la constitution de son grand empire colonial.

 

Luis Vaz de Camoes


 
Luis Vaz de Camoes (1525-1580) est l'un des plus grands écrivains portugais. Il est entouré d'une telle vénération que le jour de sa mort, le 10 juin, est devenu la fête nationale du pays pour commémorer sa mémoire.
" Il est le prince des poètes, le classique par excellence. Il résume toute une littérature, et son œuvre est à la fois un sommet et une synthèse.
Sa vie est mal connue. Les documents d'archives sont à son sujet extrêmement rares. Camões a dû naître en 1524 ou en 1525, d'une famille noble, mais pauvre. Son père s'appelait Simão Vaz de Camões, et sa mère Ana de Sá. Si l'on en juge par la culture dont il fait preuve, il a reçu une bonne éducation classique, fondée sur la connaissance du latin et la lecture des auteurs anciens. Il connaissait également les Italiens et les Espagnols. Mais son nom n'apparaît pas sur les registres de l'université de Coimbra. 
Camões a vécu quelque temps à Lisbonne où il a fréquenté la société de la cour. On le trouve ensuite soldat au Maroc, où il perd l'œil droit dans un combat. En 1550, il s'engage pour aller servir en Inde, mais il ne s'embarque pas. En 1552, à Lisbonne, il est mis en prison pour avoir, le jour de la Fête-Dieu, participé à une bagarre. Il sera libéré l'année suivante. Nous possédons la « lettre de pardon », datée du 7 mars 1553, qui lui est accordée au nom du roi. Ce document précise que le prisonnier est « un jeune homme pauvre » et qu'il va « cette année me servir en Inde ». Camões s'embarque sur la flotte de Fernando Alvares Cabral, qui quitte Lisbonne en mars 1553 et arrive à Goa, capitale de l'Inde portugaise, en septembre. L'engagement contracté par Camões allait durer trois ans. Il participe, en novembre 1553, à une campagne dans le Malabar. On sait aussi par un de ses poèmes qu'il prit part à une expédition dans le golfe d'Aden
Enfin, en 1567, il quitte l'Inde, aussi pauvre qu'à son arrivée, quatorze ans plus tôt.  Il débarque à Lisbonne en 1569. Il apporte dans ses bagages le manuscrit de son épopée, Les Lusiades, qu'il publie en 1572. Le roi lui accorde une petite pension de 15 000 réis. Son nom commence a être connu. Mais, si l'on en croit ses biographes, il n'en vécut pas moins dans la pauvreté. Il mourut de la peste en 1580."
( encyclopédia universalis )
 
Luis Vaz de Camoes : Les Lusiades : Les rois du Portugal (2 )

vendredi 6 janvier 2023

Eleftheria 
de Murielle Szac : Premier prix des avignonnais 2022

Murielle Szac Eleftheria

Et pour en finir avec les bilans, en voici un dernier dans mon blog, du moins pour cette année : La mairie d'Avignon a inauguré en  2022 le premier prix littéraire des Avignonnais. Cinq ouvrages ont été préalablement sélectionnés par les bibliothèques, la directrice des bibliothèques d'Avignon, les librairies d'Avignon et un professeur de lettres du lycée René Char. J'ai lu les cinq livres et j'ai voté.

Quel a été mon classement personnel ?

1) Le pion de  
Paco Cerdà
  ICI

2) Eleftheria 
de Murielle Szac ICI

3) L’invention du diable
 de Hubert Haddad
 ICI

4) Des rêves d’or et d’acier
 d'Émilie Tôn
   Lu mais pas commenté

5) L'évaporée de Fanny Chiarello et Wendy Delorme ICI

 

 Voilà quel a été le classement des Avignonnais :

1) Le prix des Avignonnais a été attribué à Eleftheria 
de Murielle Szac  Éditions Emmanuelle Collas 



 1940, au nord de la Crète. La communauté juive célèbre Rosh Hashana. Rebecca écoute les commérages sur le futur mariage de Stella. On s’interroge aussi sur la guerre qui a commencé en Europe. Metaxas, le dictateur au pouvoir à Athènes, saura-t-il résister à Mussolini et à son allié, Hitler ? Bientôt, le bateau de Nikos, le Tanaïs, est réquisitionné par l’armée grecque. Malgré la menace, la vie continue… Jusqu’au matin du 20 mai 1941, lorsque le 3e Reich lance sur la Crète une invasion aéroportée. Faut-il fuir ou rester ? C’est l’heure de savoir si l’on est libre de choisir son destin. 

Un bon livre, je suis heureuse qu'il ait été remarqué.

2) Le livre qui arrive en deuxième position : Des rêves d’or et d’acier
 d'Émilie Tôn
 

Éditions Hors d’atteinte 

 


 

 Je veux savoir comment mon père est arrivé dans cette Lorraine où l’acier s’écoule, comprendre comment il est devenu cet homme au destin plusieurs fois brisé, qui n’a jamais abandonné. Il l’a toujours dit : « Quand on a tout perdu plusieurs fois, on n’a plus peur de se lancer. »
 


 

 Un sujet intéressant, bien ancré dans la réalité et qui parle du père de l'écrivaine, vietnamien musulman, obligé de fuir son pays, il raconte son exil et la vie des ouvriers immigrés en Lorraine. Mais  le style m'a paru plat, banal.

3) le livre  qui est en  troisième position est Le pion 
Paco Cerdà
  

Éditions La Contre Allée 

 


Stockholm, hiver 1962. Deux hommes de mondes adverses se font face. Arturo Pomar, l’enfant prodige espagnol, affronte sur l’échiquier Bobby Fischer, un jeune Américain excentrique et ambitieux.
En pleine guerre froide, l’un était le pion du régime franquiste, l’autre sera celui des États-Unis.
    Première sélection du Prix du Meilleur Livre Étranger - catégorie non-fiction.

 


C'est dommage, je l'aurais bien vu en première position ou, à défaut, en seconde après Eleftheria.  Je le trouve passionnant, intelligent, subtil, touchant, même s'il est parfois un peu long et touffu.

Le livre en quatrième position  : L'évaporée de Fanny Chiarello et Wendy Delorme

 Editions Cambourakis


 

« Qu’est-ce qui peut bien faire qu’une femme soudain abandonne celle à qui elle vient de dire, Quels merveilleux moments j’ai passés auprès de toi, aujourd’hui encore : je veux ça tous les jours de la vie ? » Tel est le questionnement auquel est confrontée Jenny après le départ d’Ève. Toutes deux apprendront que l’ on peut vivre une même histoire de deux façons totalement différentes ».

 
 

J'ai dit dans mon billet qu'il ne m'intéressait pas même s'il présente une recherche stylistique

5) le livre classé en cinquième position :  L’invention du diable
 de Hubert Haddad
 

Éditions Zulma 




Papillon de Lasphrise s’est retiré dans sa tour d’ivoire angevine. Après une existence dédiée à l’amour et à la guerre, le voilà tout entier habité par le démon de l’écriture. Au soir de sa vie, il pactise avec le diable : tant que ses Poésies n’auront pas accédé à la postérité, il ne connaîtra pas le repos éternel. L’immortalité sera sa malédiction.
 

 

 J'ai eu un avis mitigé sur ce texte, le style est brillant, le personnage du poète passionnant, la réflexion sur le temps intéressante... mais pas assez d'émotion ! En tout cas, je ne l'aurais pas placé en dernier !


jeudi 5 janvier 2023

Je lis donc je suis !

 

 

Aifelle a lancé le jeu annuel et maintenant traditionnel du début d'année : Je pense donc je lis !

Voilà ce qu'écrit Aifelle : "Un titre en forme de déclaration aussi péremptoire me fait rire. Ceux qui ne lisent pas ne seraient donc pas ? allons donc .. mais quelque part, c'est un plus me semble-t-il. Toujours est-il que je me suis livrée au jeu rituel de fin d'année. Je rappelle la règle. Répondre aux questions en utilisant uniquement les titres de livres lus en 2022."  Je vous renvoie à son billet ICI  .

 

Pour souligner le "c'est un plus" d'Aifelle, voici les deux citations mises en exergue sur la page d'accueil de mon blog et toujours tellement vraies.

 


 

 

"Lire c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas". Victor Hugo


Les livres "c'est la meilleure des munitions que j'aie trouvée en cet humain voyage". Montaigne






 

 J'ai répondu facilement aux questions et j'ai eu souvent à choisir entre plusieurs titres sauf pour le moyen de transport  dont la réponse est,  je l'avoue, un peu tirée par les cheveux. Mais pourquoi pas ? Marcher sur les ailes du vent... 

 Autrement, je crois que cela fonctionne ? Qu'en pensez-vous ?

Décris-toi ... 

Petite    Edward Carey : Petite

Comment te sens-tu ?

 Celle qui pleurait tous l’eau  Niko Tackian : Celle qui pleurait sous l'eau

Décris où tu vis actuellement ...

L’île sous la mer   Isabelle Allende : L’île sous La mer

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ?    

Dans ce jardin qu’on aimait   Pascal Quignard : Dans ce jardin qu'on aimait

Ton moyen de transport préféré ?

 Qui sème le vent : Marieke Lucas Rijneveld : Qui sème le vent

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est ...

La pupille de Thorpe-Combe  Frances Trollope : La pupille de Thorpe-Combe

Toi et tes amis vous êtes ...

A l’ombre des loups  Alvydas Slepikas : A l’ombre des loups 

ou dans la gueule de l'ours  : Jamie McLaughin : Dans la gueule de l’ours

Comment est le temps ?

Un pays de neige et de cendres  Petra Rautianen : Un pays de neige et de cendres

Quel est ton moment préféré de la journée ?

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil  Martha Hall Killy : Le tournesol  suit toujours la lumière du soleil

Qu'est la vie pour toi ?

Je refuse  : Per Petterson : Je refuse   

Ta peur ?

L’invention du diable Hubert Haddad : L'invention du diable

Quel est le conseil que tu as à donner ?

Rompre le silence : Mechtild Borrmann : Rompre le silence

La pensée du jour ...

Gagner la guerre Jean-Philippe Jaworsky : Gagner la guerre

Comment aimerais-tu mourir ? 

Au nom du bien Jake Hinkson : Au nom du bien

Les conditions actuelles de ton âme ?

Apaiser les tempêtes   Jean Hagland : Apaiser nos tempêtes

Ton rêve ?

Le royaume de ce monde  Alejo Carpentier : Le royaume de ce monde

 

 

Et vous quelles citations proposez-vous pour décrire tout ce qu'apporte la lecture, "ce plus" dont parle Aifelle et qui nous fait vivre, nous, lecteurs !

Déposez vos citations dans les commentaires et je les noterai dans ce billet pour constituer un petit recueil.



mardi 3 janvier 2023

Année 2022 : Les romans que j'ai préférés...


 J'avais l'impression cette année 2022 d'avoir lu beaucoup de livres mais d'avoir peu rédigé de billets. Par manque de temps ou de courage (surtout) ou parce que je les aimais moins, j'ai laissé, en effet, certaines de mes lectures de côté.  Malgré tout, j'ai finalement commenté plus de cinquante livres, ce qui m'a étonnée ! Pour une feignasse, ce n'est pas si mal ! Non que je veuille courir un marathon livresque et "faire du chiffre" mais parce que, malheureusement, si je n'écris pas mon avis sur un livre, je l'oublie ! La mémoire, vous dis-je !

En lisant vos bilans, j'ai eu envie moi aussi sinon de classer les romans que j'ai lus, du moins de dire quels sont mes cinq préférés. Les titres ont vite surgi :



Evgueni Vodolaskine : Les quatre vies d’Arseni 

Mon coup de coeur absolu parce que c'est le Moyen-âge, une période fascinante, parce que les personnages sont hors du commun et attachants, parce que la réflexion philosophique sur le Temps est  intelligente, profonde et me touche.

 

 

 

 


Michel Le Bris : Kong

Un pavé addictif sur l'histoire du cinéma mais aussi sur l'histoire du XX siècle avec ses guerres dévastatrices, ses génocides, ses inventions fabuleuses, ses progrès fulgurants ; je l'ai aimé parce que ce livre montre tout ce dont l'homme est capable dans le Bien et dans le Mal, parce que les personnages réels, les réalisateurs de King Kong, sont complètement "barjos" et  inattendus, qu'ils m'ont fait rire à la fois et rêver.


 

 

Gouzel Iakhina : Zouleikha ouvre les yeux

  En Union soviétique, sous Staline, les Koulaks, paysans propriétaires de leur terre, sont envoyés en déportation en Sibérie. Le livre offre un beau portrait de femme asservie, aliénée,  qui va  paradoxalement découvrir la liberté dans les forêts sibériennes. L'écriture est belle, la description des paysages aussi; les personnages sont intéressants et l'écrivain évite tout manichéisme en réussissant aussi un portrait complexe du personnage masculin, bolchévique, gardien du camp.

 


 

 Jean-Philippe Jaworsky : Gagner la guerre

 Un drôle de roman, surprenant, hors norme, entre réalité et fantasy, entre rire et noirceur. L'écrivain crée un monde imaginaire en intégrant des éléments de la Renaissance italienne et de la civilisation grecque. Aventures rocambolesques, luttes de pouvoir, machiavélisme politique, humour (noir) et un personnage assez improbable, une sorte d'anti-héros, dans toute sa splendeur grotesque, entièrement amoral, assassin, traître, sans scrupules, mais qui nous entraîne et nous met dans sa poche !

 

 

Henrik Sienkiewicz : Les chevaliers teutoniques

Encore le Moyen-âge ! L'écrivain nous décrit la lutte des royaumes de Lituanie et de Pologne alliés contre les chevaliers teutoniques, alliance qui leur permettra de sortir vainqueur. On comprend mieux l'histoire de ces pays dans lesquels on peut englober une partie de l'Ukraine qui, en fait, n'ont jamais été complètement indépendants. Et puis quand on va à Cracovie comme je l'ai fait en lisant ce livre, il y a le plaisir augmenté de retrouver des échos de ce roman historique, dans les monuments, les statues, les peintures. On a l'impression de revivre le passé, on comprend mieux les oeuvres, on est en connivence !

dimanche 1 janvier 2023

Lisbonne : Bonne année 2023

La place du Commerce et la statue de Joseph 1er


Je vous souhaite à tous une belle année avec beaucoup de bonheurs petits et grands, des lectures passionnantes et bien sûr...  de beaux voyages !

Mon année s'est terminée avec ce voyage à Lisbonne au mois de décembre et j'espère pour vous d'aussi belles découvertes partout dans le monde!


La place du Commerce
 
Terreiro do Paço  et Arco da Rua Augusta

La place du Commerce est le coeur du quartier de la Baixa reconstruite après le séisme de 1755 selon les plans rectilignes du premier ministre, le marquis de Pombal. Le centre pombalin ou Baixa Pombalina  présente neuf grandes rues parallèles, chacune portant le nom de métaux précieux la rue de l'or (Aurea), de l'Argent (Prata) ou des noms de métiers,  qui relient le quartier du Rossio à la place.  

AU XVI siècle, c'est là que le roi Manuel 1er, abandonnant le château Saint Georges, fit édifier le  nouveau palais royal (1511). La famille royale y habita pendant des siècles mais il fut détruit par le tremblement de terre qui provoqua un raz de marée gigantesque et des incendies qui dévastèrent la ville. Il y eut environ 60 000 morts, 85% de la ville, monuments, églises, disparurent dont le palais royal, les 70 000 ouvrages de la bibliothèque royale et des centaines d'oeuvres d'art. Le roi don José 1er qui survécut à la catastrophe avec les membres de sa famille parce qu'il était parti à la campagne, décida alors de s'installer sur les hauteurs d'Ajuda. Terrifié, il ne put se résoudre à vivre dans d'autres habitations que des tentes et des pavillons et c'est sa fille Marie qui fit construire plus tard l'actuel palais d'Ajuda. C'est dans Lisbonne sinistrée que Voltaire promène son héros, Candide, atterrée par le spectacle désolant qui s'offre à lui et en proie au doute quant à la pensée philosophique de Leibnitz affirmant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La statue équestre de D. José 1er  est l'oeuvre de Machado de Castro.


Place du Commerce Terreiro do Paço et statue équestre du roi Don Jose 1er


La place du Commerce Praça do Comercio et l'arc de triomphe de la rua Augusta


 Immense, élégante, bordée d'arcades, toute illuminée en cette période de l'Avent, la place du Commerce s'ouvre sur le quai des Colonnes qui permet d'accéder au Tage. Plus qu'un fleuve, une mer, tellement son estuaire est large, impressionnant... La métaphore qui le décrit - La Mer de Paille - fait allusion non seulement à son ampleur mais aussi aux splendides couchers de soleil qui le teintent d'or et que l'on peut admirer du haut de tous les belvédères de cette ville aux sept collines.

 Malgré la disparition du palais, la place est toujours appelée par les Lisboètes Terreiro do Paço ou Place du Palais.


Praça do Comercio : Décembre 2022



Place du Commerce  : Le Tage : quai des Colonnes


La place au XVIII siècle
 

Azulejos de l'église Sainte Lucie : la place du Palais XVIII siècle



Azulejos de l'église Sainte Lucie : La place du Palais XVIII siècle (détails)


Le portail de Notre-Dame de la Miséricorde
 
 
Portail de Notre-dame de la Miséricorde



Le portail de l'église Conceição Velha située près de la place du Commerce, dans la Rua da Alfândega, est tout ce qui reste, après le tremblement de terre, de l'église de la Miséricorde, de style manuélin, construite sous Don Manuel 1er et achevée sous le règne de Don Joan de Castille en 1534.


Portail de Notre-dame de la Miséricorde


Portail de Notre-dame de la Miséricorde (détail)



Portail de Notre-dame de la Miséricorde


Portail de Notre-dame de la Miséricorde


samedi 24 décembre 2022

Joyeux Noël !

Gustav Fjaestad
 

Un petit voyage avec Gustav Fjaestad , peintre suédois et ses paysages de neige magiques, pour vous souhaiter un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d'année.




vendredi 23 décembre 2022

Lisbonne : Belem, promenade au bord du Tage la nuit

Coucher de soleil sur le Tage : Padrao dos Descobrimentos et Tour de Belem
 

Visiter Lisbonne l'hiver, au mois de Décembre,  a des avantages : l'afflux de touristes est moindre, les  moments d'attente sont donc écourtés même si le monastère des Hiéronymites attire encore beaucoup de monde, les autres musées, eux, sont presque déserts ! Les inconvénients (non, ce n'est pas le mauvais temps, il faisait très doux et la pluie ne nous a pas gênés) sont autres : Les musées ferment plus tôt, la nuit  arrive vite d'autant plus qu'il y a un décalage d'une heure par rapport à la France. Bref! Tout cela pour dire qu'après le monastère, après la visite du musée contemporain Berardo et le passage obligé à la pâtisserie historique de Belem qui fabrique les meilleurs pasteis de Nata (sublime ! )...

 


... la nuit était tombée ! Et voilà ce que j'ai vu en me promenant sur les rives du Tage.

 

Méditation sur les rives du Tage vers 17H


Padrao dos Descobrimentos et Tour de Belem entre 17H et 18H
 
 


Le monument des Découvertes : Padrao des Descobrimentos vers 18H



Le MAAT est un musée d'art, d'architecture et de technologie et présente des expositions temporaires.  Il est un exemple splendide d'alliance entre le passé et le présent, entre l'ancien, une centrale électrique du début du XX siècle devenue le musée de l'électricité, et le contemporain conçu par l'architecte londonienne Ameda Levete comme une grande vague qui s'élance vers le Tage. Il est revêtu de mosaïques blanches qui rappellent l'engouement des Lisbonnais pour les azulejos, reflètent les lumières et semblent jeter  des étincelles dans la nuit.  Le toit piétonnier permet d'admirer le pont du 25 Avril qui enjambe le fleuve vers la rive opposée du Tage et le quartier de l'Almada. Ce pont, d'abord nommé Pont Salazar du nom du dictateur qui sévissait dans les années 1960 a été baptisé Pont du 25 Avril, jour de la révolution des Oeillets en 1974.


Musée du MAAT, ancienne centrale électrique


Musée du MAAT, ancienne centrale électrique


MAAT : musée d'art et d'architecture et technologie


MAAT :  architecture d'Ameda Lavete


Le MAAT


Belem Le Maat, montée


Maat le toit piétonnier


Quelle beauté ! Il est bien dommage que les rives du fleuve soient coupées du monastère des Hiéronymites par le chemin de fer qui n'est franchissable que par l'intermédiaire de deux passages surélevés éloignés l'un de l'autre et qui, de plus, est doublé de voies routières. Certes, le train est bien utile puisque c'est lui qui nous mène de la gare de Caïs do Sodré  à Belem mais on peut imaginer quelle aurait été la vue s'il avait été construit ailleurs et si tous les monuments qui s'y trouvent à partir du monastère ne formaient qu'un seul ensemble! Mais à cette époque on n'avait rarement ce genre de préoccupation ! A Avignon, au XIX siècle,  nous n'avons pu échapper au désastre que par l'intervention de l'écrivain Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, qui s'est élevé contre le construction de la voie ferrée entre les remparts (qui devaient être abattus) et le Rhône.


Padrao dos Decobrimentos  routes et voie ferrée vues du côté du Monastère