lundi 3 octobre 2011

Stefan Zweig : Voyage dans le passé

 


Le Voyage dans le passé de Stefan Zweig est le récit d'un amour passionné, menacé par des circonstances extérieures tragiques.
Louis est un jeune homme pauvre et ambitieux. Il a dû subir l'humiliation de servir dans des maisons bourgeoises pour payer ses études. Il est maintenant chimiste et entre dans un grand laboratoire. Le directeur, monsieur le Conseiller, remarque  très vite sa compétence, son intelligence brillante et son ardeur au travail. C'est pourquoi lorsque le vieillard est malade, il demande au jeune homme de venir habiter chez lui et le prend comme assistant. C'est avec réticence que Louis accède à la demande de son patron mais dès qu'il est présentée à la maîtresse de maison il tombe éperduement amoureux d'elle et réciproquement. Cependant le Conseiller l'envoie en mission au Mexique. Un exil de deux ans, une éternité aux yeux des amoureux. Mais la guerre de 1914-1918 éclate et cette séparation va durer neuf ans. Lorsque tous deux parviendront à se revoir, que restera-il de leur amour?
L'histoire nous paraît bien connue et somme toute banale puisqu'elle est le sujet de la plupart des romans du XIXème siècle français : Balzac, Flaubert, Stendhal, Constant... avec toutes les variantes possibles et qui peut se résumer ainsi :  Un jeune homme pauvre est amoureux d'une femme mariée, un peu plus âgée que lui, amour impossible et contrarié.
Et Louis, effectivement, est dans la situation de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir lorsqu'il arrive dans la maison de son maître, tendu, sur la défensive, s'attendant à être traité en domestique et qu'il rencontre Madame de Rénal. La comparaison s'arrête là car si Madame de Rénal tombe immédiatement amoureuse de Julien, lui par contre décide de la séduire par ambition. Louis n'a pas ce cynisme et son amour pour l'héroïne de Zweig est subit, ardent , "fanatique" et partagé.
Ceci dit je n'ai pas été intéressée par cette histoire. Si l'on veut se passionner pour ce genre de récit mieux vaut lire le magistral, riche et incontournable chef d'oeuvre de Sthendal : Le Rouge et le Noir auquel j'ai comparé l'intrigue.
Non, l'intérêt de ce voyage dans le passé réside ailleurs et surtout dans le style de Stefan Zweig.
Très rapide, ce roman, presque une nouvelle, s'attache surtout à l'observation du sentiment amoureux, de son évolution, de son dépérissement, analyse où Stefan Zweil excelle. Le récit est encadré par deux évènements majeurs, la guerre de 14-18 qui sépare les deux personnages et le défilé de Heidelberg qui peint la montée du nazisme. La description de cette marche militaire pleine de de haine et de bruit qui rythme la recherche de leur amour est un éblouissement stylistique. Le poème de Verlaine avec la métaphore des ombres solitaires et glacées du Colloque sentimental montre avec une nostalgie poignante que l'on ne peut faire revivre le passé.

10 commentaires:

  1. coucou, je n'avais pas du tout été emportée par l'histoire, que j'avais trouvée très banale.Mais je me souviens encore de ces évocations dans une langue sublime, ça par contre, c'était fort . Beau billet, à plus tard

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  2. C'est une nouvelle (plus qu'un roman je suis d'accord avec toi) que j'ai aimé, j'aime vraiment sa façon d'étudier sous tous les angles les émotions des personnages
    C'est un roman assez dur en fait, impossible de retourner dans le passé même avec les meilleurs intentions !

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  3. Zweig est un de mes auteurs préférés. C'est un grand témoin de ce début de 20ème siècle et un fin psychologue. Je connais plutôt ses biographies mais ce roman-là me tente et comme il st court je trouverai bien le temps.

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  4. Très beau livre, et comme toujours avec Zweig, une fine analyse des sentiments.

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  5. @ jeneen : je vois que nous avons le même jugement sur ce livre; Un histoire bien banale mais l'art de l'écrivain ne l'est pas.

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  6. @Dominique : Oui l'analyse des sentiments mais aussi la structure du roman sont remarquables.

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  7. @ miram : il est en effet, très court et se lit vite, donc c'est une bonne introduction à Stefan Zweig. j'avais bien aimé sa biographie sur Marie Stuart.

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  8. @ lireaujardin : un fin psychologue pour des romans dans la goût du XIXème siècle.

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